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Jean-Pascal Rolandez, the L.T. Funds : «On devrait assister à un beau rally de fin dannée»
information fournie par Boursorama07/09/2020 à 16:32

Jean-Pascal Rolandez, gérant du fonds LT Funds European General chez LT Funds à Genève. (Crédit photo : DR)

Jean-Pascal Rolandez, gérant du fonds LT Funds European General chez LT Funds à Genève. (Crédit photo : DR)

En investisseur de long terme, Jean-Pascal Rolandez, gérant du fonds LT Funds European General chez LT Funds à Genève, revient sur un début d'année hors norme et livre son scénario de marché pour le second semestre en détaillant les secteurs qui lui semblent le plus prometteurs.

Boursorama : Nous nous sommes parlés le 13 mars dernier au plus fort de la crise sur le marchés, quel bilan tirez-vous rétrospectivement de cette période ?

Jean-Pascal Rolandez : Je disais alors que les téméraires pouvaient acheter immédiatement, les courageux en mai, juin et les plus calmes pourraient attendre septembre. Dans les faits, nous avons bien assisté à une remontée des marchés par paliers, des phases correspondant au sauvetage des économies grâce aux packages monétaires massifs débloqués par les banques centrales, complétés par les différents plans de relance des Etats. Nous sommes actuellement dans une phase de déconfinement et de retour à la normale de l'activité. Toute l'économie devrait se remettre en place à un horizon de douze mois, ce qui fait que les marchés les moins confinés (Suisse, Suède, Allemagne) ont déjà retrouvé leur niveau. Je pense que les Bourses devraient connaître un beau rally de fin d'année… Mais attention, tous les secteurs ne redémarreront pas à la même vitesse, certains mettront cinq mois, d'autres, cinq ans…

Boursorama : vous ne craignez pas cette seconde vague dont on parle tant ? Les marchés semblent suspendus à l'arrivée d'un vaccin...

Jean-Pascal Rolandez : Mais la seconde vague, c'est ce qu'on vit actuellement ! Elle va diminuer d'ici la fin du mois de septembre. Petit à petit, les gens réalisent ce qu'est le coronavirus. Les cas sérieux sont de l'ordre de 60.000 dans le monde, ce n'est que 0,001% de la population mondiale… Il n'est pas sûr que l'on trouve un vaccin mais ce n'est même pas si grave, il est possible que, quand ce dernier soit finalement disponible, l'épidémie soit terminée ou presque.

Boursorama : Vous êtes donc optimiste sur les actions pour cette fin d'année. Vous évoquiez le rythme de reprise des différents secteurs. Quels secteurs vous semblent les plus prometteurs ?

Jean-Pascal Rolandez : J'en vois trois. Le premier semble assez évident il s'agit des valeurs de technologies…

Boursorama : Après des progressions de cours incroyable, ce secteur ne serait-il pas en situation de bulle ? On a d'ailleurs vu le Nasdaq corriger de près de 5% jeudi 3 septembre.

Jean-Pascal Rolandez : Il n'y a pas encore de vraie bulle sur les GAFA mais celle-ci commence à se créer. La valorisation des valeurs techno américaines commence à devenir très chère. Le phénomène a commencé avec Tesla et les autres actions emblématiques pourraient de la même façon «partir en bulle » mais, avant ça, leur cours peut encore doubler dans les mois qui viennent : elles se paient aujourd'hui en moyenne 25 fois leur excédent brut d'exploitation estimé (Ebitda), ce qui se justifie compte tenu des taux d'intérêt très bas et de leur taux de croissance très élevé.

Boursorama : Quels sont les deux autres secteurs qui vous semblent bien placés pour profiter de cette reprise des marchés ?

Jean-Pascal Rolandez : Le secteur pharmaceutique bien sûr, dans l'espoir d'un vaccin qui, comme je l'ai dit n'est pas sûr de se matérialiser et, enfin, les valeurs qui ont souffert de la Covid-19. Je vais revenir à un exemple que j'affectionne mais regardez Valeo. L'action vient de 70 euros, elle est tombée à 13 euros et vaut aujourd'hui 27 euros. Pendant ce temps, les voitures électriques qui sont au cœur de l'actualité et gagnent des parts de marché sont équipées de moteurs Valeo. Je suis optimiste sur l'automobile qui, je pense, va redresser la tête.

Boursorama : y a-t-il à l'inverse des secteurs qui vous inspirent une certaine prudence, je pense notamment à l'aéronautique dans son ensemble, des constructeurs aux compagnies aériennes, ou encore au luxe ?

Jean-Pascal Rolandez : Le cas de l'aéronautique est intéressant. Beaucoup de gens ignorent qu'en nombre de vols, nous sommes déjà revenus à 50% du trafic aérien mondial pré-crise. Si les vols longs courriers restent très pénalisés, l'activité a bien repris sur les moyens courriers. Je crois qu'un investisseur de long terme avec un horizon de cinq ans peut acheter des valeurs de ce secteur aujourd'hui. On peut distinguer trois niveaux de risque et donc trois rythmes différents de reprise. Le premier, comme les motoristes ou les équipementiers critiques, devrait repartir le plus vite car on aura toujours besoin d'entretenir les avions. Je pense à des valeurs comme MTU ou Safran. Viendront ensuite les fabricants d'avions et de pièces. Le redémarrage le plus long et le plus compliqué sera pour les activités de duty free (Dufry, Lagardère, LVMH) car elles dépendent du trafic long courrier. Concernant le luxe, c'est un secteur qui continue de me préoccuper, j'en suis sorti récemment. Ces valeurs sont aussi cycliques qu'un équipementier automobile : les ventes de LVMH ont connu la même évolution que celle de Valeo et il faudra surveiller attentivement les chiffres du troisième et du quatrième trimestre. Vous savez, le luxe va bien depuis 4.000 ans et ira encore bien dans 4.000 ans mais je pense que les deux prochaines années s'annoncent difficiles…

Boursorama : Quel va être l'effet de l'élection américaine de novembre dans ce contexte particulier ?

Jean-Pascal Rolandez : Pour la Bourse, cela ne va pas changer grand-chose. Ce serait malgré tout positif pour les marchés si l'alternance politique pouvait amener moins de volatilité dans les propos présidentiels, moins de déclarations spectaculaires… Mais sur le fond, l'important c'est que l'économie redémarre, quel que soit le président.

Boursorama : Comment votre fonds a traversé la crise ?

Jean-Pascal Rolandez : Bon nombre des valeurs du portefeuille ont été très affectées par les politiques de confinement. Beaucoup ont perdu la moitié de leur valeur durant cette période. Dans cette situation, si vous êtes convaincu que la société dans laquelle vous avez investi est bonne, il faut tenir la position, voire même renforcer quand des signes d'amélioration apparaissent. On trouve aussi toujours de belles valeurs pas très chères, je pense notamment à Essity. Le groupe suédois est le spécialiste des produits d'hygiène et de santé et ne se paie que 10 fois l'Ebitda 2020 estimé. Je m'intéresse également au secteur de la défense alors que les budgets sont en augmentation chaque année. J'apprécie à ce titre un autre groupe suédois : Saab, qui ne fabrique plus de voitures depuis longtemps mais se concentre sur les avions, radars, frégates et sous-marins. Le carnet de commandes est plein et la présence proche de la Russie et ses fréquentes démonstrations de force participent au dynamisme de l'activité.

Boursorama : Vous appréciez également les valeurs moyennes de qualité. Elles viennent de traverser un nouvel épisode difficile…

Jean-Pascal Rolandez : Oui, mais là aussi, pour un investisseur de long terme, c'est une bonne occasion pour se placer sur de belles valeurs bien gérées auxquelles les gens ne s'intéressent pas aujourd'hui : Synergie dans le travail temporaire, STEF dans la logistique ou encore Korian dans le domaine de la dépendance. Malgré la mauvaise presse dont le groupe a été victime, il affiche des taux de mortalité pendant la crise inférieurs à ceux d'Orpea, eux même inférieurs au secteur en France. Je pourrais également citer l'équipementier aéronautique Lisi.

Boursorama : on vous sent confiant sur les mois à venir, y a-t-il néanmoins des signaux faibles que vous scrutez et qui pourraient venir infirmer ce scénario ?

Jean-Pascal Rolandez : Je surveille le rythme de reprise de l'économie qui est plus lent que je ne le pensais. Je reste aussi vigilant sur les sociétés de services aux entreprises qui sont une grande constante de nos portefeuilles où elles représentent souvent 20 à 30%. Certaines se comportent très bien, comme Teleperformance, mais d'autres sont plus à la peine comme Sodexo.

Laurent Grassin
Laurent Grassin

Laurent Grassin

Boursorama

Directeur médias

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1 commentaire

  • 08 septembre13:52

    damné plutot


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