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Jean-Pascal Rolandez : «L'année 2020 est fichue boursièrement et économiquement»
Boursorama16/03/2020 à 10:40

Laurent Grassin
Laurent Grassin

Laurent Grassin

Boursorama

Directeur médias

https://www.boursorama.com/

Jean-Pascal Rolandez, gérant du fonds LT Funds European General chez LT Funds à Genève. (crédit photo : DR)

Il avait été l'un des rares à prédire d'emblée une très belle année boursière en 2019. Jean-Pascal Rolandez, gérant du fonds LT Funds European General chez LT Funds à Genève, livre son analyse et son scénario pour les marchés financiers alors que la Bourse subit une correction d'une brutalité sans précédent. Entretien réalisé le vendredi 13 mars

Boursorama : Jean-Pascal Rolandez, vous ne vous étiez pas trompé en prévoyant une très belle année 2019 en Bourse. Quel était votre vision de l'année 2020 avant l'expansion de la crise du coronavirus et son impact sur les marchés.

Jean-Pascal Rolandez : Avant de parler de l'évolution des marchés et de livrer une analyse froide et rationnelle, j'aimerais avoir une pensée pour les 5000 personnes décédées depuis le début de cette épidémie et souhaiter un bon rétablissement à tous celles qui sont touchées actuellement. 
Pour revenir sur les marchés, j'avais écrit le 3 janvier à mes clients que je voyais l'année 2020 comme la poursuite du début de cycle boursier et le bas de cycle économique que nous vivions au second semestre 2019. Avec tous les signes d'une reprise, notamment au niveau européen. J'avais pris le soin d'ajouter « en l'absence d'un facteur exogène perturbateur de marché ». Le coronavirus a complètement fait dérailler ce scénario et l'a repoussé en 2021. L'année 2020 est fichue boursièrement, économiquement et au niveau des résultats d'entreprises. Avant le krach, les marchés occidentaux étaient valorisés environ 18 fois les bénéfices et 12 fois l'excédent brut d'exploitation 2020 (Ebitda), ça ne mérite pas une correction d'un tiers.

Boursorama : A l'heure où nous nous parlons (vendredi 13 mars à 10h), les marchés rebondissent nettement. Mais la correction est-elle terminée ?

Jean-Pascal Rolandez : Cette correction a eu lieu en trois marches d'escaliers. Il me semblait qu'après la première, on allait s'arrêter là mais j'ai sous-estimé le sur-impact des médias et des réseaux sociaux qui n'existaient pas au moment de la crise du SRAS et les mesures inappropriées de certains Etats. Mais je persiste à trouver cette baisse excessive pour un virus ayant une mortalité très inférieure aux accidents de la route. Je comprends l'aspect traumatique de cette épidémie mais il y a eu environ 150.000 décès dans le monde hier comme chaque jour et, sur ce chiffre, 350 ont été liés au coronavirus.

Boursorama : Mais que se passera-t-il si cette crise touche les Etats-Unis et paralyse la première économie mondiale ?

Jean-Pascal Rolandez : Tout dépend de la façon dont la situation sera gérée médiatiquement et économiquement. Deux pays gèrent bien cette crise : la Grande-Bretagne et la Suisse. Ces pays ont décidé de se préparer et de laisser passer la vague. La dernière chose à faire c'est d'arrêter la circulation du sang d'une économie pour ce facteur. Concernant les Etats-Unis, je crains le pire sur la gestion médiatique. Economiquement, on est pour l'instant plutôt dans l'attitude britannique de se préparer matériellement, mais de ne pas être dans une logique de confinement excessif asphyxiant l'économie.

Boursorama : Comme si ça ne suffisait pas les dissensions au sein des pays exportateurs de pétrole ont provoqué une forte chute des cours. C'est mauvais pour le secteur pétrolier ou parapétrolier mais plutôt bon pour les pays développés. Quel effet l'emporte sur l'autre ?

Jean-Pascal Rolandez : Pour les économies occidentales c'est positif, c'est aussi une façon pour les Russes et les Saoudiens d'éliminer un concurrent, en l'occurrence les producteurs de schiste américains. Les difficultés de l'industrie pétrolière s'apparentent à une perturbation sectorielle à laquelle les banques savent et peuvent faire face. Le fait d'ailleurs que les valeurs financières aient tant baissé est un réflexe pavlovien hérité de la crise de 2008 mais elles sont beaucoup plus solides qu'alors. On a d'ailleurs eu un signal fort sur ce sujet lorsque les deux dirigeants de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé et Jean Lemierre, ont profité de la baisse des marchés pour se renforcer en achetant des actions de la banque qu'ils dirigent.

Boursorama : Qu'est-ce qui va se passer à court / moyen terme sur les marchés selon vous ?

Jean-Pascal Rolandez : On risque de se retrouver avec une forte volatilité jusqu'aux vacances d'été. Par exemple, cent cas pourraient émerger à Pékin et on assistera alors à un regain d'inquiétude. A ce stade, les statistiques montrent que la vague épidémique devrait être passée en mai en Europe et que le pic aurait lieu en juin aux Etats-Unis, puis les choses devraient reprendre leurs cours mais, encore une fois, il faudra attendre 2021 pour que l'onde de choc soit amortie. Les gens téméraires peuvent acheter aujourd'hui, les courageux pourront acheter en mai juin et les calmes attendront septembre. 

Boursorama : Un rebond aussi fort que la chute pourrait-il se matérialiser ensuite ?

Jean-Pascal Rolandez : On pourrait avoir un beau rally de fin d'année mais qui ne rattrapera pas les 30% perdus pendant cette crise.

Boursorama : Parmi les secteurs très attaqués, il y a le secteur auto dont vous êtes un fin observateur. En fin d'année dernière, vous étiez optimiste sur un rebond du marché automobile chinois. Vous avez mis ce scénario à la poubelle ?

Jean-Pascal Rolandez : Oui, le marché chinois devrait finalement s'inscrire en baisse de 8% cette année et il faudra attendre le quatrième trimestre pour en avoir une vision plus claire. Quoiqu'il en soit, je continue d'apprécier Valeo. Le titre de l'équipementier affiche un prix actuel inférieur à ce qu'il était il y a vingt ans et est valorisé à peine 3 fois l'Ebitda alors que le groupe a triplé de taille, continue à gagner des parts de marché partout et affiche un cran d'avance en termes d'innovation par rapport à ses concurrents. Ça ne me semble pas un gros risque d'acheter du Valeo aujourd'hui, à l'inverse d'un constructeur automobile qui affiche des coûts fixes plus élevés.

Boursorama : Si nous poursuivons notre exploration sectorielle, quels secteurs vous semblent à risque aujourd'hui ?

Jean-Pascal Rolandez : Le secteur qui m'inquiète beaucoup et peut-être parce justement parce qu'il a trop bien résisté c'est celui du luxe. Je n'y toucherais pas et j'allègerais même mes positions après la correction. Je pense que le marché se fait des illusions sur le luxe. Certes, le marché va rester structurellement en croissance mais pendant les deux ans à venir les gens risquent d'être traumatisés. Je ne pense pas qu'on assistera au même boom qu'actuellement. 

Autre source d'inquiétude pour moi, le secteur de l'aéronautique qui ressort fracturé de cette crise. Nous ne sommes qu'au début de la crise des compagnies aériennes. Elle va mettre là aussi deux ans à se résorber. La première mesure qu'une compagnie sérieuse comme Emirates a fait c'est décaler les commandes et les livraisons. Ce phénomène va s'amplifier et va toucher tous les acteurs de la chaîne : Airbus, Safran et les petits équipementiers. Je ne vois qu'un retour à la normale en 2022, 2023.

Boursorama : Y a-t-il des secteurs que vous regardez d'un œil positif à la lumière des derniers événements ?

Jean-Pascal Rolandez : Je pense que la pharma et la tech vont bien performer mais je n'investis pas dans ces secteurs qui demandent une expertise technique bien spécifique. Parmi les opportunités de ce krach, il y a les foncières en général, et celles de centres commerciaux en particulier. Elles affichent désormais des rendements particulièrement attrayants, même en coupant temporairement le dividende par deux : Klépierre offre désormais du 13% brut, un niveau incroyable ! Cela fait 10.000 ans que le genre humain se rend régulièrement au centre commercial (la place du village) : je doute que le Covid-19 mette fin pour de bon à cette pratique... 

Sinon comme je l'écrivais à l'un de mes clients, si je devais partir sur une île déserte avec l'esprit tranquille, j'investirais dans du Air Liquide et du Schneider. Pour le premier, le monde ne peut pas tourner sans gaz industriel. L'entreprise est  catégorisée comme de la « chimie » alors que c'est plus une « utility ». Quant à Schneider, le besoin de gérer son énergie de façon de plus en plus optimale ne va faire que se renforcer, coronavirus ou pas. Tout ce qui tourne autour du thème de la gestion de l'énergie me paraît être un bon thème de long terme.

Propos recueillis par Laurent Grassin (redaction@boursorama.fr)

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8 commentaires

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  • martofel
    19 avril12:20

    le monet derrière lui va t il perdre de la valeur

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