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Israël bombarde Gaza au lendemain de l'assaut meurtrier du Hamas
information fournie par Reuters 08/10/2023 à 15:31

 (Bilans actualisés)

        * 
      600 morts côté israélien, 370 côté palestinien
    

        * 
      Les combats et les raids aériens se poursuivent
    

        * 
      Israël et le Hezbollah échangent des tirs au Sud-Liban
    

        * 
      Deux touristes israéliens tués en Egypte
    

  
    par Maayan Lubell et Nidal al-Mughrabi
       JERUSALEM/GAZA, 8 octobre (Reuters) - Israël a multiplié
dimanche les frappes aériennes sur la bande de Gaza au lendemain
de l'assaut du Hamas sur son territoire, qui a coûté la vie à
des centaines d'Israéliens et fait craindre une escalade
régionale. 
    Dimanche matin, l'Etat hébreu et le Hezbollah libanais ont
échangé tirs de roquettes et d'artillerie dans le sud du Liban
et en Egypte, deux touristes israéliens et leur guide égyptien
ont été abattus à Alexandrie, selon des sources sur place et le
ministère israélien des Affaires étrangères. 
    Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis
samedi de venger cette "journée noire" pour Israël, la plus
sanglante depuis le début de la guerre du Kippour il y a
cinquante ans, qui a coûté la vie à 600 Israéliens selon les
derniers décomptes du ministère israélien de la Santé en milieu
de journée dimanche. 
    Au cours de la nuit, les raids aériens des forces
israéliennes ont visé des immeubles, des tunnels, une mosquée et
les domiciles de responsables du Hamas dans la bande de Gaza, où
les autorités de santé locales ont recensé 370 morts et 2.200
blessés depuis les premières représailles israéliennes samedi
matin.
    Dans le sud d'Israël, 24 heures après le déclenchement de
l'offensive surprise du Hamas samedi à l'aube, des combattants
du groupe islamiste palestinien continuaient d'affronter les
forces de sécurité israéliennes. 
    L'armée israélienne a dit avoir repris le contrôle de la
plupart des points d'infiltration par lesquels des centaines
d'hommes armés avaient pénétré la veille dans l'Etat hébreu.
Tsahal a ajouté avoir tué des centaines d'assaillants et fait
des dizaines de prisonniers. 
    
    "DÉTRUIRE LE HAMAS POUR DE LONGUES ANNÉES"
    L'armée a également précisé avoir déployé des dizaines de
milliers de soldats autour de la bande de Gaza et comptait
évacuer tous les habitants israéliens des zones bordant le
territoire sous contrôle du Hamas, où résident 2,3 millions de
Palestiniens. 
    Le cabinet de sécurité israélien a approuvé des mesures pour
détruire "pour de nombreuses années" les capacités militaires et
politiques du Hamas et de son allié le Djihad islamique. Parmi
ces mesures figurent l'interruption de la fourniture à la bande
de Gaza d'électricité et de pétrole. 
    "Nous allons attaquer le Hamas sévèrement et ce sera très
long", a déclaré un porte-parole militaire israélien à la
presse. 
    A Gaza, le porte-parole du Hamas Abdel-Latif al-Qanoua a
justifié une attaque "pour la défense du peuple palestinien",
ajoutant que le Hamas poursuivait ses tirs de roquettes sur
Israël et des opérations derrière les lignes adverses. 
    L'attaque de samedi constitue la plus vaste et sanglante
incursion en Israël depuis l'assaut surprise lancé par les
forces syriennes et égyptiennes au début de la guerre
israélo-arabe d'octobre 1973. 
    L'armée israélienne a dit être prête à parer des attaques
dans le nord de l'Etat hébreu de la part du Hezbollah, qui a
annoncé dans la matinée avoir tiré des roquettes sur la zone
occupée des Fermes de Chebaa, déclenchant une riposte
israélienne. Aucune victime n'a été signalée.  
    "Nous recommandons au Hezbollah de ne pas intervenir et je
ne pense pas qu'ils le feront", a déclaré le porte-parole de
Tsahal. 
    
    PRISONNIERS
    Les stigmates des attaques de samedi étaient encore bien
visibles dimanche matin dans les villes et villages du sud
d'Israël pris d'assaut par les hommes du Hamas. Des images de
corps ensanglantés dans les rues, les voitures ou des maisons
ont largement circulé dans les médias israéliens. 
    Des habitants terrifiés, barricadés dans leurs abris pendant
les attaques, ont témoigné en direct à la télévision. 
    Les combattants du Hamas sont repartis vers Gaza avec des
dizaines d'otages, civils ou militaires. 
    Une trentaine d'Israéliens portés disparus alors qu'ils
participaient à un festival musical visé par les assaillants
sont réapparus dimanche dans les médias. 
    La bande de Gaza a vécu la nuit au rythme des explosions et
au bruit des drones israéliens dans le ciel.
    Dans un camp de réfugiés du centre de l'enclave, des
habitants dégageaient les décombres pour retrouver les corps de
sept membres d'une même famille, parmi lesquels cinq enfants,
dont la maison a été bombardée. 
    A Khan Younès, d'autres habitants fouillaient les débris
d'une mosquée prise pour cible. 
    
    FAILLITE DES RENSEIGNEMENTS
    Le chef du Hamas Ismail Haniyeh a déclaré que l'assaut lancé
de la bande de Gaza s'étendrait à la Cisjordanie et Jérusalem. 
    Dans un discours, il a évoqué les menaces planant sur la
mosquée Al Aqsa, située à Jérusalem-Est, le blocus auquel est
soumis la bande de Gaza et la normalisation des relations entre
Israël et divers pays de la région..
    "Combien de fois nous avons-vous prévenu que le peuple
palestinien vit depuis 75 ans dans des camps de réfugiés et vous
refusez de reconnaître les droits de notre peuple?", a-t-il dit.
    Les pays occidentaux ont dénoncé l'attaque. A Washington,
Joe Biden a déclaré samedi soir qu'Israël avait le droit de se
défendre avant d'adresser une mise en garde aux pays hostiles à
l'Etat hébreu. "Ce n'est pas le moment, pour toute partie
hostile à Israël, d'exploiter ces attaques. Le monde vous
regarde", a dit le président américain.
    Au Proche-Orient, plusieurs manifestations de soutien au
Hamas ont eu lieu. L'Iran et le Hezbollah ont salué l'action du
groupe armé palestinien, soutenu par Téhéran.
    Par cette attaque, estiment des analystes, le Hamas a aussi
voulu porter un coup aux efforts de Washington pour obtenir une
normalisation des liens entre Israël et l'Arabie saoudite, qui
pourrait menacer le récent rapprochement entre Ryad et Téhéran.
    L'assaut a également révélé de vastes failles dans le
dispositif de sécurité et de renseignement de l'Etat hébreu. 

 (Maayan Lubell à Jérusalem, Nidal al-Mughrabi à Gaza et Ammar
Anwar à Sderot, avec la contribution d'Henriette Chacar, Emily
Rose et Dan Williams à Jérusalem, version française
Jean-Stéphane Brosse)
 

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