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HSBC plombé par sa mise en cause dans l'affaire Riad Salamé
information fournie par Zonebourse 05/06/2026 à 10:36

HSBC cède encore 0,7% ce vendredi à Londres, à 1 357 pence, entamant ainsi une 3e séance consécutive de baisse au cours d'une semaine marquée par des informations de presse selon lesquelles une procédure judiciaire aurait été lancée contre HSBC Private Bank Switzerland dans le cadre de l'affaire Riad Salamé.

Selon un article du journal Le Monde paru jeudi, la filiale suisse du géant bancaire britannique serait soupçonnée par la justice française d'avoir aidé Riad Salamé à détourner plus de 300 MUSD de la banque centrale du Liban, dont il a été le gouverneur durant trois décennies (de 1993 à 2023).

"Les autorités judiciaires soupçonnent Riad Salameh d'avoir orchestré un détournement massif de fonds publics libanais entre 2002 et 2015 via une société offshore enregistrée aux îles Vierges britanniques nommée Forry Associates, qui était secrètement gérée par son frère, Raja Salameh. Ces fonds ont ensuite été utilisés pour acquérir des biens immobiliers de luxe et des actifs bancaires en Europe", précise Baader Europe.

D'après Le Monde, HSBC Private Bank Switzerland a été mise en examen pour "blanchiment en bande organisée" et "association de malfaiteurs en vue de commettre des délits tels que le détournement de fonds publics, l'abus de confiance ou la corruption d'agent public". "La banque a dû verser 80 MEUR de cautionnement, notamment en raison d'éventuels dommages et intérêts futurs à payer", ajoute le quotidien.

"Cette affaire expose HSBC à des sanctions financières sévères, bien que totalement gérables, à des interdictions réglementaires strictes pour les clients fortunés, ainsi qu'à un potentiel préjudice à sa réputation au Moyen-Orient", estime Baader, qui réaffirme sa position "réduire" sur le titre, avec un objectif de cours de 1 249 pence.

Des risques opérationnels, réglementaires et réputationnels, selon Baader

Le broker souligne ainsi que le régulateur suisse (FINMA) a interdit à HSBC Private Bank Switzerland d'entrer dans de nouvelles relations commerciales avec les "personnes politiquement exposées" jusqu'à nouvel ordre, "un coup dur porté à sa position sur le marché de la gestion de patrimoine au Moyen-Orient".

"HSBC a lancé une révision drastique de la conformité, conduisant à la fermeture des comptes appartenant à plus de 1 000 clients fortunés au Moyen-Orient (notamment au Liban et en Arabie saoudite) afin de contenir le risque de contagion", ajoute Baader au titre des risques opérationnels et réglementaires.

Il estime aussi que, compte tenu de l'historique chargé de HSBC en matière de défaillances dans la lutte contre le blanchiment d'argent, une récidive caractérisée en Europe pourrait inciter les autorités judiciaires américaines ou britanniques à renforcer la surveillance mondiale de l'ensemble du groupe.

Enfin, Baader pointe un risque réputationnel, jugeant que "associer le nom HSBC au pillage de fonds publics d'un pays en faillite totale, où les déposants libanais ordinaires ont été ruinés et privés d'accès à leurs propres économies depuis 2019, est désastreux pour l'image de la banque".

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