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Hong Kong perd de son attrait pour le luxe, la Chine primordiale-Bain
Reuters28/11/2019 à 14:23

    * Les marques de luxe devraient fermer des boutiques à Hong
Kong
    * Les manifestations à Hong Kong pèsent sur les ventes du
luxe
    * Les Chinois continuent de dépenser beaucoup, mais chez eux
    * La joaillerie, secteur particulièrement dynamique

    par Sarah White
    PARIS/MILAN, 28 novembre (Reuters) - Les marques de luxe
vont probablement réduire leur présence à Hong Kong, en proie
depuis le printemps à un mouvement de contestation démocratique,
à mesure que les riches clients chinois augmentent leurs achats
dans leur pays, prédit le cabinet spécialisé Bain, pointant une
évolution majeure pour le secteur.
    En raison des troubles à Hong Kong, Bain, dont les
prévisions pour le luxe sont particulièrement suivies, estime
que l'année 2019 se soldera pour le secteur par une croissance
située dans la partie basse de ses prévisions.
    Les ventes de produits de luxe, comme la joaillerie et les
vêtements et accessoires haut de gamme, devraient atteindre 281
milliards d'euros cette année dans le monde, montre son étude,
soit une croissance de 4% à changes constants, la limite basse
de sa fourchette de prévisions, qui allait de 4% à 6%. Ce rythme
traduit un ralentissement par rapport à 2018, quand la
croissance du secteur s'était établie à 6%.
    Des groupes comme Richemont  CFR.S , propriétaire de
Cartier, ou Hugo Boss  BOSSn.DE  ont déjà indiqué que les
manifestations à Hong Kong avaient freiné leurs ventes au
troisième trimestre, alors que l'afflux de touristes s'est tari
dans la ville et que certaines marques ont parfois dû fermer
temporairement des boutiques.
    Les marques de luxe, qui disposent d'un millier de magasins
à Hong Kong, vont probablement commencer à en fermer certains
définitivement, prédit Bain.
    "Les clients locaux ne peuvent pas faire fonctionner 1.000
magasins à moyen terme", dit Federica Levato, associée chez Bain
à Milan.
    
    DROITS DE DOUANE ET TVA ABAISSÉS
    Les ventes de produits de luxe à Hong Kong, qui ont atteint
un pic de 10 milliards d'euros en 2013, devraient tomber à six
milliards en 2019, estime Bain. La part de la ville dans les
ventes mondiales du secteur avoisinerait donc 2%, contre 5%
environ autrefois. 
    Au-delà du mouvement de contestation actuel, cette tendance
illustre une évolution plus profonde des habitudes de
consommation des clients chinois fortunés, dont les dépenses à
Hong Kong ont pendant longtemps alimenté la croissance du
secteur local du luxe.
    Malgré le ralentissement économique de leur pays, les
Chinois qui en ont les moyens continuent de dépenser fortement
dans les produits de luxe. Mais ils le font de plus en plus en
restant dans leur pays, la dépréciation du yuan érodant leur
pouvoir d'achat à l'extérieur. Pékin a en outre abaissé les
droits de douane et la TVA, limitant ainsi l'intérêt de se
rendre à Hong Kong, Paris, Londres ou New York pour acheter des
produits de luxe.
    La clientèle chinoise représente désormais 35% de l'ensemble
des ventes du secteur et elle devrait contribuer pour 90% à la
croissance du marché cette année, dit Bain.
    "Ils sont prêts à s'endetter pour acheter des produits de
luxe", dit Federica Levato. "Pour le moment, nous ne percevons
pas de véritable risque économique avec la Chine."
    Autre évolution significative pour le monde du luxe, les
ventes de bijoux devraient augmenter de 9% à changes constants
cette année, estime Bain, ce qui en fait l'une des activités les
plus dynamiques du secteur et devrait conforter LVMH  LVMH.PA 
dans sa décision, annoncée lundi, de débourser 14,7 milliards
d'euros pour mettre la main sur le joaillier américain Tiffany
 TIF.N .  

 (Avec Claudia Cristoferi à Milan
version française Bertrand Boucey, édité par Marc Angrand)
 

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