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Hong Kong-La police arrête cinq dirigeants du journal Apple Daily
information fournie par Reuters17/06/2021 à 22:25

(Ajoute réactions américaine et européenne)

par Sara Cheng et Sharon Abratique

HONG KONG, 17 juin (Reuters) - La police de Hong Kong a arrêté jeudi à l'aube cinq dirigeants du journal pro-démocratique Apple Daily à l'issue d'un nouveau raid dans les locaux du quotidien appartenant au patron de presse Jimmy Lai, en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin dans l'île.

C'est la première fois que les autorités locales estiment que des articles de presse sont susceptibles d'avoir enfreint ce texte entré en vigueur il y a un an.

Au cours d'une perquisition conduite par 500 policiers disposant d'un mandat pour saisir du matériel journalistique - là encore une première - les calepins, ordinateurs et téléphones des journalistes ont été passés au crible.

Il s'agit de la dernière opération en date visant le magnat de la presse Jimmy Lai, particulièrement critique à l'égard de la Chine et fervent défenseur des libertés et de la démocratie dans l'ancienne colonie britannique.

Cette nouvelle opération policière a été critiquée par les Etats-Unis et l'Union européenne.

Bruxelles a dénoncé l'utilisation par la Chine de la loi de sécurité nationale pour faire taire l'opposition hongkongaise et réduire la presse au silence, plutôt que de gérer des questions sécuritaires.

A Washington, le porte-parole du département d'Etat américain a déclaré que les Etats-Unis étaient "profondément préoccupés par le recours sélectif par les autorités de Hong Kong à la loi de sécurité nationale pour cibler arbitrairement des organisations de presse indépendantes".

Arrêté en août dernier lors d'une première descente de police dans les locaux d'Apple Daily, Jimmy Lai purge depuis décembre dernier une peine de prison pour avoir participé en 2019 à des manifestations interdites en faveur de la démocratie dans la région administrative spéciale de Chine populaire et ses avoirs ont été gelés, en application de la loi sur la sécurité nationale.

Au-delà de cette intervention de police, les déclarations de secrétaire à la Sécurité de Hong Kong John Lee ont encore accentué les inquiétudes au sujet de la liberté de la presse dans la ville.

"CONSPIRATION"

Il a notamment décrit les locaux de la rédaction comme une "scène de crime" et expliqué que l'opération ciblait ceux utilisant le journalisme comme "un outil pour mettre en péril" la sécurité nationale, sans donner de détails sur les articles concernés.

John Lee a précisé que les cinq responsables du quotidien étaient suspectés de "conspiration" en "utilisant le travail journalistique" pour inciter des puissances étrangères à imposer des sanctions à Hong Kong et à la Chine.

"Les journalistes normaux sont différents de ces gens-là. Ne vous associez pas avec eux", a-t-il dit aux reporters lors d'une conférence de presse devant le siège du journal.

"Vous pouvez faire votre travail de journaliste aussi librement que vous voulez en respectant la loi, tant que vous ne complotez pas ou que vous n'avez pas l'intention de contrevenir (...) à la loi de sécurité nationale."

Le surintendant principal du département de sécurité nationale de la police de Hong Kong, Li Kwai-wah, a précisé que des dizaines d'articles publiés à partir de 2019 par l'Apple Daily étaient susceptibles d'avoir enfreint la loi sur la sécurité nationale. Même si son application n'est pas rétroactive, le parquet peut utiliser comme preuves des éléments antérieurs à son entrée en vigueur, en juin 2020.

La police, qui précise que le raid ne vise pas le secteur des médias dans son ensemble, a également gelé 18 millions de dollars de Hong Kong (1,9 million d'euros) d'actifs appartenant à trois sociétés liées à l'Apple Daily.

Dans une lettre à ses lecteurs, le quotidien a dit être la victime d'une "attaque ciblée du régime" mais a précisé que ses équipes "resteraient fidèlement à leur poste et combattraient jusqu'au bout."

Selon le quotidien, 38 ordinateurs utilisés par des journalistes ont été saisis lors de cette perquisition.

Le bureau de liaison de la Chine à Hong Kong a fermement soutenu ce qu'il a qualifié d'"opération juste" de la police.

(Sharon Tam, Sharon Abratique, Sara Cheng, Clare Jim, Donny Kwok et Anne Marie Roantree à Hong Kong, avec Simon Lewis et Arshad Mohammed à Washington, Robin Emmott à Bruxelles; version française Camille Raynaud et Myriam Rivet, édité par Nicolas Delame et Jean Terzian)

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