Hier à Wall Street : partagé entre statistiques et budget de la défense
information fournie par Zonebourse 09/01/2026 à 07:32
Wall Street aurait eu de réelles raisons de s'enthousiasmer avec un déficit commercial US qui s'est contracté de -39% d'un mois sur l'autre et de -75% depuis le mois de mai, et la forte hausse de la productivité aurait également pu être saluée.
Mais les marchés obligataires se sont dégradés, et cela pourrait être à rapprocher d'une déclaration de Donald Trump qui souhaite une explosion de 60% du budget de la défense, à 1500 MdsUSD (rappel : le ministère de la Défense a été rebaptisé ministère de la Guerre par Donald Trump).
Cela suppose un net creusement des déficits d'une part ( 600 MdsUSD) et cela interroge sur le risque de participation des USA à de nouveaux conflits, avec une enveloppe équivalente aux 50 plus gros budgets "défense" des pays classés du rang 2 au rang 51... derrière les Etats-Unis.
La Chine, c'était 267 MdsUSD en 2025, la Russie 126 MdsUSD, l'Inde et l'Arabie Saoudite sont à 75 MdsUSD, le Royaume-Uni à 71,5 MdsUSD, le Japon est 7e avec 57 MdsUSD.
L'autre "moment" un peu inattendu, ce fut une déclarations de Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, qui -après la trêve des confiseurs- remet déjà la pression sur Jerome Powell.
Il exhorte la Réserve fédérale à abaisser plus rapidement ses taux d'intérêt, estimant qu'il s'agit du principal levier encore disponible pour dynamiser l'économie (alors que le PIB US affichait un rugissant 4,3% de croissance au 3e trimestre 2025).
Dans un discours devant l'Economic Club of Minnesota, il a souligné que des taux plus bas auraient un impact direct sur le quotidien des Américains et permettraient de renforcer la trajectoire de croissance amorcée depuis 2025 sous l'Administration Trump.
La Fed a déjà abaissé ses taux de 0,75 point au total depuis septembre 2025, portant la fourchette entre 3,5% et 3,75%. Toutefois, les perspectives pour 2026 restent incertaines, les marchés anticipant deux nouvelles baisses, tandis que les responsables de la Fed n'en prévoient qu'une seule.
Scott Bessent, qui supervise la sélection du futur président de la Fed en remplacement de Jerome Powell dont le mandat s'achèvera en mai, figurerait lui-même parmi les finalistes aux côtés de l'ancien gouverneur Kevin Warsh.
Le secrétaire au Trésor a également défendu les fondements de la politique économique du président Trump, citant des réformes réglementaires, des accords commerciaux "rééquilibrés", et l'adoption du "One Big Beautiful Bill" comme catalyseurs de la croissance.
Il souligne que l'emploi montre des signes de ralentissement (légère baisse du rapport "Jolts" publié ce mercredi), justifiant selon lui une politique monétaire plus accommodante, malgré le risque d'un regain d'inflation.
A la veille de la publication du "NFP", les inscriptions hebdomadaires au chômage étaient très attendues : elles ont augmenté de 8000 aux Etats-Unis pour s'établir à 208 000 (un chiffre légèrement supérieur aux attentes des économistes qui tablaient sur 205 000).
En ce qui concerne le volet "activité", après les chiffres de croissance tonitruants, la productivité non-agricole aux Etats-Unis conforte à son tour les attentes avec un score de 4,9% en rythme annualisé au 3e trimestre 2025, selon l'estimation préliminaire du Département du Travail.
La progression de la productivité non agricole américaine ayant largement absorbé une hausse de 2,9% du salaire horaire, les coûts unitaires salariaux non-agricoles ont diminué de 1,9% au 3e trimestre, ce qui constitue l'équation quasi idéale.
Mais la véritable surprise provient du déficit commercial américain qui s'est contracté de près de -40% pour s'établir à 29,4 MdsUSD en octobre: il se retrouve soudain à son plus bas niveau depuis le mois de juillet 2009.
La robustesse des chiffres publiés ce 8 janvier et le creusement des déficits attendus d'ici 2027 (au rythme actuel, la barre des 40 000 MdsUSD de dette fédérale serait atteint dès ce mois de septembre) jettent une ombre sur de futures baisses de taux.
Sur les marchés obligataires, les T-Bonds US "2035" se retendent de 3 points de base à 4,17%, et le "30 ans" prend 2,5 pbs à 4,84% (après 4,86% en séance, se rapprochant de son récent "pire score" de 4,9%).
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