Hier à Wall Street : clôture dans le vert malgré Donald Trump
information fournie par Zonebourse 07/04/2026 à 07:42
Les investisseurs hésitaient à prendre position avant que Donald Trump ne s'exprime sur le conflit devant les caméras du monde entier.
Après avoir plastronné sur la récupération réussie du pilote de F-15 dans les montagnes iraniennes, le président américain a menacé de détruire l'Iran en l'espace d'une nuit, au terme de son ultimatum repoussé à ce mardi soir, en cas de maintien de la fermeture du détroit d'Ormuz.
Les propos excessifs, voire outranciers de Donald Trump n'ont toutefois pas trop inquiété Wall Street, qui semblait considérer que "tout ce qui est excessif est négligeable", et que Trump reculera une fois de plus. Un soupçon de nervosité a néanmoins maintenu le "VIX" en légère hausse : il affiche 1,32% vers 24,2.
Wall Street pourrait grimper au moindre signe d'apaisement, mais si ce n'était pas le cas, ou qu'une raffinerie du Golfe soit gravement endommagée au cours des prochaines heures (c'est 3 à 4 ans de travaux pour une remise en état), ce qui amputerait la production mondiale d'un ou plusieurs millions de barils/jour, les mauvaises nouvelles auraient un effet cumulatif car les "chiffres du jour" n'étaient vraiment pas bons.
C'est même le pire cas de figure possible puisque l'activité du secteur tertiaire ralentit brusquement tandis que les "prix payés" par les entreprises s'envolent brutalement, ce qui constitue un premier signe que le conflit au Moyen-Orient dope les pressions inflationnistes.
La croissance du secteur des "services" aux États-Unis chute de -2,1 points : l'indice ISM des services est ressorti à 54,0 en mars contre 56,1 en février, alors que le consensus des économistes visait 55.
L'indice ISM des "prix payés" par les entreprises dérape de 10% en 1 mois : il a grimpé à 70,7 le mois dernier contre 63,0 en février pour s'établir à son niveau le plus élevé depuis octobre 2022.
Le sous-indice des délais de livraison des fournisseurs a pour sa part progressé à 56,2, contre 53,9 en février, ce qui reflète un allongement des délais en usine qui touche déjà l'agroalimentaire (les professionnels évoquent des "retards de conteneurs"), mais toute la supply chain pourrait dérailler avec des ruptures de livraisons de composés chimiques, de microcontrôleurs et de métaux raffinés en provenance de Chine.
Sans parler de la pénurie d'engrais en provenance du Golfe qui va faire flamber le prix des céréales et créer un "effet de second tour" d'ici la fin de l'été.
Le prix moyen de l'essence dans les stations-service américaines a largement dépassé les 4 USD le gallon pour la première fois depuis plus de trois ans (le "WTI" a franchi les 110 USD, ça ne pardonne pas)... les prix du diesel et du "sans plomb Premium" flirtent avec les 6 USD en Californie (environ 1,4 EUR le litre).
Malgré cette combinaison de mauvais chiffres, le rendement des T-Bonds se détend de façon contre-intuitive avec -1,2 point sur le "10 ans" vers 4,335% et d'autant sur le "30 ans" vers 4,894%... le "2 ans" restant stable à 3,850%.
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