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GESTION-Un scénario économique pas si sombre pour 2019-Aurel BGC
Reuters14/12/2018 à 16:27

    * Les marchés trop pessimistes pour l'économie en 2019
    * Ralentissement attendu de la croissance mais sans gravité
    * Les incertitudes demeurent néanmoins nombreuses
    * Les Bourses mondiales devraient connaître une hausse
modérée

    PARIS, 14 décembre (Reuters) - Après un excès d'euphorie en
2018, les marchés font montre d'un trop grand pessismisme pour
2019 alors que le scénario économique de base est loin d'être
noir pour l'an prochain, même si les risques l'entourant sont
nombreux, estiment les stratèges d'Aurel BGC.
    Ils rappellent que les prévisions du Fonds monétaire
international (FMI) font ressortir une croissance du produit
intérieur brut (PIB) mondial de 3,7%, au même niveau qu'en 2018.
    "Ce n'est pas si mauvais que ça, même s'il n'y aura pas
d'accélération. Il n'y a pas quoi paniquer véritablement", a
expliqué Christian Parisot, responsable de la recherche lors
d'une conférence de presse. "Le problème est qu'il y a plein de
scénarios alternatifs qui concentrent l'attention".
    Première incertitude: l'ampleur du ralentissement économique
en Chine. Les autorités chinoises semblent maîtriser ce
ralentissement mais leurs marges de manoeuvre sont de plus en
plus limitées, indiquent les stratèges d'Aurel BGC.
    "Les marchés regardent uniquement pour la Chine les indices
PMI Markit. Or, il y a un élément important et qu'il faut avoir
en tête, c'est que les directeurs d'achats en Chine résonnent
par rapport à leur chiffre d'affaires et sont donc très
sensibles aux hausses de prix. La baisse des prix des matières
premières a ainsi mécaniquement un impact sur le PMI qui peut
tomber sous le seuil de 50", explique Christian Parisot.
    Il estime pour sa part qu'un rebond de l'activité économique
en Chine pourrait intervenir au premier semestre avec les
mesures de soutien du gouvernement.
    
    VERS UN ACCORD COMMERCIAL ?
    Deuxième incertitude: le conflit commercial entre les
Etats-Unis et la Chine. 
    Pékin semble prête à revoir ses tarifs douaniers sur les
importations de certains produits américains mais ne devrait pas
accepter de changer son modèle économique comme le réclame
Washington.
    "Ils essaient de trouver un compromis qui peut permettre de
sortir par le haut de cette crise mais cela reviendra car il
s'agit d'un problème de fond", prévient Christian Parisot.
    Un accord commercial entre les deux premières puissances
économiques dans le délai imparti de trois mois n'est pas
impossible au vu des récentes déclarations de Donald Trump.
    "On sent qu'il est pressé de trouver un accord face à la
baisse de la Bourse", indique Christian Parisot.
    Le risque de récession aux Etats-Unis constitue une autre
inconnue pour l'an prochain.
    Selon une enquête Reuters auprès d'économistes, le risque
estimé d'une récession aux Etats-Unis dans les deux ans à venir
atteint désormais 40%.  
    "Un élément justifie ce débat: la réforme fiscale américaine
n'a pas relancé l'investissement des entreprises", s'inquiète
Christian Parisot.
    Le ralentissement pourrait, selon lui, être un peu plus
sévère qu'attendu mais sans qu'il y ait pour autant une entrée
en récession en 2019.
    Le FMI table sur une croissance du PIB des Etats-Unis de
2,5% l'an prochain, après 2,7% en 2018. Les équipes d'Aurel BGC
prévoient pour leur part un taux compris entre 2% et 2,5%.
    "Nous n'avons pas de visibilité sur la politique de la
Réserve fédérale et sur l'ampleur du ralentissement économique
aux Etats-Unis, ce qui constitue un vrai frein pour 2019",
pointe Christian Parisot.
    
    AMÉLIORATION EN ZONE EURO
    Le stratège attend deux hausses de taux l'an prochain, avec
un calendrier qui pourrait être moins prévisible que par le
passé (un relèvement de taux décidé tous les trimestres).
    En zone euro, le rythme de croissance a déçu cette année et
les risques politiques sont importants mais certains éléments
plaident pour une embellie en 2019 avec un marché du travail
bien orienté, des conditions monétaires toujours souples et une
baisse des cours du pétrole.
    Les incertitudes sur la croissance mondiale justifient la
récente correction des marchés d'actions mais les perspectives
ne laissent pas entrevoir une année 2019 "sanglante" pour les
Bourses, concluent ainsi les stratèges d'Aurel BGC.
    Ils prévoient une hausse de l'ordre de 5% des grands indices
boursiers l'an prochain dans un environnement de taux longs bas
et de volatilié plus forte.
    En terme d'allocation d'actifs, ils privilégient la
thématique de la consommation domestique en raison de
l'atténuation des pressions inflationnistes en jouant des
secteurs ayant souffert ces derniers mois comme la distribution
et l'agroalimentaire.
    
    VOIR AUSSI:
    * LE POINT sur les perspectives de marché 2019 des gérants
et stratèges   
    

 (Blandine Hénault, édité par Wilfrid Exbrayat)
 

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