Le gouvernement français a annoncé vendredi une série de mesures sectorielles pour un total de quelque 70 millions d'euros limitée au mois d'avril avec l'objectif d'atténuer les effets de la flambée des prix des carburants, conséquence de la guerre au Moyen-Orient.
S'exprimant à l'issue d'une réunion des ministres concernés à Bercy, le ministre de l'Economie et des Finances a de nouveau écarté toute "mesure générale", telle une réduction des taxes sur les carburants prônée par le Rassemblement national.
"Il ne s'agit pas d'une nouvelle enveloppe, une loi de finances rectificative n'est donc pas justifiée et largement prématurée", a souligné Roland Lescure lors d'une conférence de presse, insistant sur la nécessité d'une "gestion rigoureuse des finances publiques".
Le déficit public de la France a atteint 5,1% du produit intérieur brut (PIB) en 2025, selon les chiffres de l'Insee publiés vendredi.
Les mesures, financées par des annulations de crédits sur les budgets des ministères concernés, seront "limitées au mois d'avril 2026 afin de garantir un soutien calibré et responsable pour les finances publiques", précise Bercy dans un communiqué.
Roland Lescure - qui a fait amende honorable après avoir parlé en début de semaine de "choc pétrolier", terme jugé anxiogène par l'exécutif -, a défendu une "réponse graduée, ciblée, sectorielle et limitée au mois d'avril".
Elle sera complétée la semaine prochaine par un "plan d'électrification des usages" pour accélérer la décarbonation des filières touchées.
Ainsi, les TPE/PME du transport routier "confrontées à des difficultés économiques majeures" bénéficieront d'une aide forfaitaire exceptionnelle pour un coût total estimé de 50 millions d'euros, annonce le ministère. Ce coup de pouce équivaut à une aide de 20 centimes par litre.
Le secteur de la pêche disposera d'une aide de cinq millions d'euros, soit l'équivalent également de 20 centimes par litre. Elle "prendra la forme d'un remboursement sur les factures de carburant des navires de pêche". Le gouvernement français en informera Bruxelles lundi.
Dans le secteur agricole, le gazole non routier (GNR) sera exonéré de taxe en avril pour un coût estimé à 14 millions d’euros. Une mesure qui sera accompagnée d'une demande de suspension immédiate du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) sur les engrais, également formulée lundi à l'occasion du conseil européen Agriculture et Pêche.
Le gouvernement a également décidé de reports de cotisations pour les entreprises pénalisées et d'étalements d'échéances fiscales.
(Sophie Louet, avec Bertrand Boucey et Zhifan Liu)

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