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Football/Coupe du monde-Le Mexique a testé la résilience de l'Angleterre, la Norvège testera ses ambitions
information fournie par Reuters 06/07/2026 à 19:29

L'Angleterre a quitté l'Estadio Azteca avec les jambes lourdes, les nerfs à vif et une place en quarts de finale, mais elle est également repartie avec quelque chose de potentiellement plus précieux : la preuve qu’elle peut s’en sortir lorsque les matches ne se déroulent pas comme prévu.

Malgré tous les discours avant la compétition sur le talent de l'effectif, sa profondeur et le sens tactique de Thomas Tuchel, les Three Lions n'avaient pas encore été confrontés à un véritable moment de vérité. Le Mexique lui a offert ce test dimanche soir.

Dans l'un des stades les plus intimidants du football, en altitude et face aux co-organisateurs portés par quelque 80.000 supporters, l’Angleterre a été contrainte de jouer plus d'une demi-heure à 10 après le carton rouge de Jarell Quansah.

Elle s’en est pourtant sortie avec une victoire (3-2), grâce au génie de Jude Bellingham, au leadership d’Harry Kane et à une volonté collective de ne pas céder.

La prestation anglaise n'a pas été parfaite. Le Mexique a dominé par séquences, est revenu à deux reprises à un but d'écart et a bombardé la surface adverse lors d'une fin de rencontre étouffante.

Jordan Pickford a réalisé plusieurs arrêts décisifs, tandis que les joueurs anglais ont passé les dernières minutes à repousser centres et frappes de toutes leurs forces.

Mais les Coupes du monde se remportent rarement grâce à la perfection. Le plus souvent, ce sont les équipes capables de survivre à des soirées difficiles qui l’emportent.

Ce qui devrait le plus encourager Thomas Tuchel, c’est que ce résultat repose davantage sur la capacité d’adaptation que sur la domination.

Consciente des défis posés par les conditions à Mexico, l’Angleterre a mis de côté son jeu de pressing agressif habituel pour adopter une approche plus mesurée.

"On est pleinement engagés dans notre pressing, mais ce n'est pas toujours rentable sur le plan énergétique. On doit être intelligents et choisir les bons moments", a déclaré Thomas Tuchel.

Pendant de longues périodes, les Anglais ont défendu dans un bloc médian compact, préférant protéger les espaces et économiser leurs forces plutôt que de poursuivre le ballon sans relâche. Cette adaptation tactique a illustré leur volonté de privilégier l'efficacité au spectacle.

L'ouverture du score est d'ailleurs née d'une transition rapide soigneusement préparée par Thomas Tuchel. Declan Rice a cassé les lignes balle au pied avant de trouver Bukayo Saka, dont le centre a été repris par Jude Bellingham, arrivé lancé.

À peine 100 secondes plus tard, Elliot Anderson récupérait le ballon dès l'engagement et l'Angleterre frappait de nouveau.

Ces séquences ont montré l'Angleterre sous son meilleur visage : compacte sans le ballon, puis directe et impitoyable dès la récupération.

Le doublé de Jude Bellingham a ensuite refroidi l'ambiance dans le stade et fait basculer définitivement la dynamique en faveur de l’Angleterre.

Harry Kane a prolongé sa série de buts, tandis que la vitesse et l'activité d'Anthony Gordon ont offert une précieuse solution de sortie lorsque le Mexique menaçait d'étouffer son adversaire.

Si cette victoire a dissipé les doutes sur la force mentale de l'Angleterre, elle a aussi mis en lumière certaines faiblesses que la Norvège aura sans doute observées avec attention.

Frappée par les blessures en défense, l'équipe de Thomas Tuchel a semblé vulnérable tout au long du tournoi, et le Mexique a régulièrement trouvé des espaces autour des latéraux.

Le tacle de Jarell Quansah, sanctionné d’un carton rouge, est d'ailleurs intervenu après une situation où l'Angleterre s'était retrouvée déséquilibrée.

La Norvège présente un profil différent de celui du Mexique mais dispose peut-être d'une puissance offensive supérieure. Après avoir créé la surprise en éliminant le Brésil pour atteindre les quarts de finale, les Scandinaves arriveront à Miami samedi avec une confiance décuplée et sans doute l'attaquant le plus redoutable du tournoi.

Les faiblesses défensives dont l’Angleterre a fait preuve face au Mexique pourraient être impitoyablement exploitées par Erling Haaland, tandis que la précision des passes de Martin Ødegaard apporte à la Norvège la créativité nécessaire pour le servir.

Dans le même temps, l’Angleterre peut puiser de la confiance dans la manière dont elle s’est adaptée après l’expulsion de Jarell Quansah.

Plutôt que de se replier complètement, elle a continué à chercher des occasions en contre-attaque. Anthony Gordon a mis le Mexique en difficulté à plusieurs reprises et a obtenu le penalty qui a permis à Harry Kane de redonner à l’Angleterre son avance de deux buts.

Par la suite, Thomas Tuchel a de nouveau ajusté son dispositif en lançant le défenseur Dan Burn (1,98m) et en passant à une défense à cinq pour contenir l'assaut aérien mexicain.

Cette flexibilité tactique pourrait bien s’avérer l’un des principaux atouts de l’Angleterre alors que le tournoi entre dans sa phase décisive.

Reste désormais à savoir si ce succès de dimanche ne laissera pas trop de traces. Au coup de sifflet final, Jude Bellingham s'est effondré à genoux, exténué après avoir lutté contre l'altitude, les conditions de jeu et la pression incessante des Mexicains.

Harry Kane, lui, avait presque perdu sa voix au moment des interviews.

Les célébrations témoignaient de l'ampleur de l'exploit, mais le milieu expérimenté Jordan Henderson en a payé le prix fort. Victime d'une blessure au poignet après une chute sur un panneau publicitaire, il a été transporté à l'hôpital et pourrait manquer le reste du tournoi, même si son influence s'exerçait surtout en dehors du terrain en tant que cadre du vestiaire.

Quoi qu'il en soit, cette victoire contre le Mexique restera comme l'une des performances les plus marquantes de l'Angleterre dans un match à élimination directe de Coupe du monde à l'ère moderne, le genre de succès capable de transformer la confiance d'un groupe.

Il reste maintenant aux hommes de Thomas Tuchel à prouver qu'il ne s'agissait pas d'un simple soir d'exception. Le Mexique a mis à l'épreuve leur résilience. La Norvège mettra à l'épreuve leurs ambitions.

(Reportage Lori Ewing; version française Zakarya Meliani; édité par Benoit Van Overstraeten)

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