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Football-Au Canada, le Mondial ne fait pas oublier le malaise avec les USA
information fournie par Reuters 18/06/2026 à 16:43

Affublée d’un chapeau de cowboy rouge et le visage peint d’une feuille d’érable, Catherine Paternal était prête à supporter l'équipe nationale du Canada, mais elle n’a pas le cœur à la fête à l’idée de coorganiser la Coupe du monde avec son voisin du sud.

Ces dernières semaines, le président des États-Unis Donald Trump a ravivé ses menaces de faire du Canada le 51ème État américain et déclaré qu’il pourrait ne pas reconduire l’accord commercial trilatéral liant les États-Unis, le Canada et le Mexique, les trois pays hôtes du Mondial 2026.

"La Coupe du monde est censée rapprocher les nations. Je n’ai pas l’impression que les États-Unis donnent l’exemple en la matière", estime Catherine Paternal, une femme de 44 ans, originaire de Mississauga, une ville voisine de Toronto.

Le président américain a également imposé des droits de douane sur de nombreux produits en provenance du Canada, accusé Ottawa de profiter des États-Unis et régulièrement qualifié le Premier ministre Mark Carney de "gouverneur".

Depuis plus d’un an, de nombreux Canadiens boycottent des produits américains et annulent leurs voyages de l’autre côté de la frontière.

La plupart des Canadiens interrogés par Reuters ont affirmé qu'ils n'avaient pas l'intention de mettre leurs ressentiments de côté pendant la Coupe du monde.

"Absolument pas", répond sans détour Linda Anson, 68 ans, à Toronto, lorsqu’on lui a demandé si elle se rendrait aux États-Unis pour assister aux matches.

Les déclarations de Donald Trump au sujet du Canada lui font dire qu’elle aurait préféré que la Coupe du monde soit organisée uniquement par le Canada et le Mexique.

"Nous sommes une nation souveraine", ajoute son mari, Bruce.

"MAUVAISE IMAGE"

Liam Delaney, un supporter canadien, s’est rendu directement au stade de Toronto après le travail, vendredi, pour voir son équipe affronter la Bosnie-Herzégovine lors de son entrée en lice. Il n’a pas mâché ses mots à l’égard du président américain.

"Je pense qu’il est en train de gâcher le football pour les Nord-Américains. Il nous donne vraiment une mauvaise image", lance-t-il.

Mais tout le monde ne partage pas cette position, à l'image de Mauricio Gonzalez.

"Mettons tout cela de côté, profitons simplement du football pendant un mois, et nous pourrons reprendre le cours normal des choses après", souhaite ce Canadien d'origine mexicaine.

Selon Bahoz Dara Aziz, porte-parole du secrétaire d’État canadien chargé des Sports, la collaboration avec les États-Unis et le Mexique a été positive pour que le Mondial soit un succès.

Davis Ingle, le porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré que la Coupe du monde exige une coordination étroite entre les différents partenaires américains et la Fifa, sans faire de commentaires spécifiques sur les pays co-organisateurs.

Le plus grand événement footballistique du monde se dispute dans 16 villes réparties entre le Canada, le Mexique et les États-Unis, désignés comme pays hôtes en 2018, lors du premier mandat présidentiel de Donald Trump.

Catherine Thomas, une habitante de la ville d’Oshawa, se souvient d’une époque où les États-Unis et le Canada étaient des alliés indéfectibles.

"Lorsque nous avons commencé à parler de cette Coupe du monde, les États-Unis et le Canada étaient encore amis", assure-t-elle. "Aujourd’hui, je ne ressens plus les choses de cette façon."

(Reportage Bhargav Acharya, Kyaw Soe Oo et Wa Lone; version française Zakarya Meliani, édité par Vincent Daheron)

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