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Faut-il investir sur les actions japonaises ?
information fournie par Boursorama31/01/2018 à 18:00

Le Nikkei  renoue avec ses plus hauts depuis 1991. De quoi redonner de l’engouement aux investisseurs étrangers pour la bourse japonaise. Mais est-il encore temps d’investir et si oui comment ?

Le Nikkei renoue avec ses plus hauts depuis 1991. De quoi redonner de l’engouement aux investisseurs étrangers pour la bourse japonaise. Mais est-il encore temps d’investir et si oui comment ?

Au pays du soleil levant, la « décennie perdue » n’est plus qu’un lointain souvenir. Après quasiment 15 ans de déflation, l’inflation reste faible, mais elle est belle et bien de retour. L’activité économique aussi, avec sept trimestres consécutifs de hausse du PIB qui devrait porter la croissance à 1,7% en 2017 et 1,2% en 2018. De fait, la quasi-totalité des indicateurs cycliques confirme, mois après mois, la robustesse de l’économie de l’archipel : Le chômage s’établit à 2,7%, son plus bas niveau depuis 1993, tandis que la consommation des ménages repart de l’avant (+1,7% en rythme annuel en décembre). Et la bourse ne s’y est pas trompée.  Après une progression du Nikkei de 19,1% sur l’ensemble de 2017, l’indice renoue avec ses plus hauts depuis 1991. Et les analystes estiment que le rally boursier n’est pas terminé. De quoi redonner de l’engouement aux investisseurs étrangers pour la bourse japonaise. Mais est-il encore temps d’investir et si oui comment?  

Renaissance économique du pays

Depuis son élection en 2012, Shinzo Abe, qui devrait rester au pouvoir jusqu’en 2020, a décliné avec succès ses « abenomics » : Sa stratégie porte sur trois volets :  assouplissement monétaire, relance budgétaire et réformes structurelles. Et de fait, la Banque centrale du Japon (BoJ) est désormais la seule grande banque centrale à ne pas avoir commencé à réduire son soutien à l’économie tandis que les réformes structurelles commencent tout juste à réconcilier investisseurs et entreprises. Résultat, après des années de traversée du désert, les réformes entreprises par Shinzo Abe commencent enfin à porter leurs fruits.

Malgré leur rally, les actions japonaises restent attractives

Selon Lombard Odier, « le Japon est un des rares marchés dont les valorisations sont justifiées si l’on se réfère aux ratios cours/bénéfices. Sur la base de ces indicateurs, la plupart des autres marchés actions paraissent en situation de surachat par rapport à leurs moyennes à long terme » souligne la société de gestion. Un constat partagé par Union Bancaire Privée (UBP) qui explique qu’« à la différence des actions américaines dont les valorisations élevées limitent les performances en fin de cycle économique, les valorisations japonaises offrent aux investisseurs une solide marge de progression, (absolue et relative) étant donné leurs niveaux proches de leur plus bas historiques ».
Union Bancaire Privée est ainsi convaincue que « les valorisations japonaises devraient finir par attirer l’attention des investisseurs internationaux dans la mesure où la croissance bénéficiaire inégalée, alliée à la dynamique de réforme portée par la victoire électorale du parti au pouvoir, replace le marché japonais au premier rang » souligne la société de gestion.

La bourse japonaise signe une performance honorable en 2017

En 2017, l’indice Nikkei qui regroupe les 225 plus grosses capitalisations du Topix s’est offert le luxe de dépasser le seuil des 24 000 points dès les premiers jours de l’année 2018. UBP s’est livré à un petit calcul sur les performances des actions japonaises en 2017. Il en ressort que les grandes capitalisations ont progressé de 20% en 2017 en devise locale.  Une performance à relativiser tout de même car libellée en euros les grandes capitalisations n’ont progressé que de 9%. La hausse de près de 12% de la devise européenne contre le yen a donc rogné les performances. Les valeurs croissances quant à elles ont bondi de 26% en yens contre 14% en euros, quand les valeurs « value » ont gagné 15% en yens. Ramenée en euros, la progression de ces dernières ressort seulement à 4%. Enfin, meilleure performance toute catégories confondues, les petites valeurs ont progressé de 27% en yens et grimpent de 15% en euros.  Selon Lombard Odier, « les gains du marché ont été tirés par les petites capitalisations, plus sensibles à l’évolution du comportement des entreprises induites par les politiques gouvernementales ».

Attention au risque de change

L’appréciation du yen représente un risque pour les entreprises qui exportent dans la mesure où cela nuit à leur compétitivité prix. De l’autre côté, une hausse du yen dopera les performances de vos placements. Lorsqu’on investit en direct dans un marché ayant une autre devise, il faut donc rester particulièrement attentif aux variations de change. Mais pour UBP, « le yen devrait faire figure de catalyseurs supplémentaires des bénéfices en 2018 ».

Quels secteurs privilégier ?

Pour UBP, « les entreprises devraient relever leurs prévisions et nombre de secteurs devraient tirer leur épingle du jeu ». Un optimisme partagé par Lombard Odier, qui ajoute que « la dernière série de propositions en date porte sur des réductions d’impôts ciblées pour les entreprises qui augmentent les salaires ou qui investissent dans les nouvelles technologies »

De manière générale, UBP estime que « l’industrie japonaise devrait s’appuyer sur la croissance mondiale synchronisée. Idem pour le secteur bancaire, à la traine en 2017 malgré des valorisations attrayantes et les achats de la banque centrale, le secteur est aussi bon marché. Dans le même temps, la hausse des dépenses des ménages bénéficie aux biens de consommation discrétionnaire, ce qui devrait se refléter dans la hausses des prix des actions » conclut UBP dans ses perspectives d’investissement 2018.

Selon Stéphane Monier, Chief Investment Officer chez Lombard Odier, « les entreprises nippones dominent la scène internationale dans certains domaines « artisanaux » liés aux pièces et équipements de précision, par exemple les micromoteurs, les fermetures à glissière, les conteneurs de tranches de silicium et les freins et vitesses de vélos. » En revanche, il doute « que les petites capitalisations continuent de surperformer les grandes dans les mêmes proportions que l’année dernière ».

La BoJ, soutien de poids au marché actions

Suivant l’exemple de la Fed, la BoJ a accéléré les achats de dettes publiques, jusqu’à doubler sa base monétaire. Et fait plus rare pour une banque centrale, elle achète aussi des parts de sociétés d’investissement immobilier cotées, ainsi que des ETF actions. La banque centrale achète ses produits qui répliquent les performances d’indices boursiers, au rythme de 6 trillions de yens par an (soit environ 44 milliards d’euros), ce qui signifie qu’indirectement, la BoJ détient une grande quantité d’actions japonaises. Selon Lombard Odier, la BoJ détiendrait plus de 40% de l’encours de la dette publique nippone ainsi qu’un important volume sur le marché actions par le biais de fonds indiciels cotés (ETF). Le soutien de la banque centrale a largement contribué à la performance de la bourse japonaise.

Comment investir concrètement sur la bourse japonaise ?

Vous pouvez acheter en direct des actions japonaises que vous aurez minutieusement sélectionner au préalable. Sachez que compte tenu du décalage horaire, la bourse de Tokyo ouvre à 1h du matin heure de Paris et clôture à 7h du matin. Mais une fois encore, soyez vigilant par rapport aux variations sur les changes et aux frais qui s’appliquent sur les transactions. Et si vous souhaitez investir sur la bourse japonaise dans sa globalité, le moyen le plus simple pour y parvenir est le tracker. Ainsi en achetant un seul titre, il est possible de répliquer quasiment parfaitement la performance de l’indice. Ces trackers ou ETF sont cotés en continu sur le marché. Vous pouvez donc effectuer des transactions durant les heures d’ouverture d’Euronext. Leur principal avantage c’est d’offrir la possibilité à un investisseur particulier de répliquer facilement l'indice sans en détenir toutes les composantes. Certains trackers, tels que le Amundi Topix (JPY ou EUR) sont éligibles au PEA. Enfin, lyxor propose aussi un tracker éligible au PEA et dont le sous-jacent est le topix.

F.L (redaction@boursorama.fr)

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