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États-Unis : ce que cache la baisse du chômage
information fournie par Zonebourse 11/08/2026 à 21:35
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Le dernier rapport sur l'emploi américain présente un paradoxe difficile à réconcilier à première vue : le taux de chômage a reculé de 4,2% à 4,1% en juillet, alors que, dans le même temps, l'économie a détruit 23 000 postes. Cette divergence ne traduit pas une amélioration cachée du marché du travail, mais tient d'abord à la manière dont les statistiques sont construites, puis à une transformation démographique de plus en plus importante.

Le nombre de créations ou de destructions d'emplois est estimé à partir d'une enquête menée auprès des entreprises. Le taux de chômage repose, lui, sur une enquête réalisée auprès des ménages. Selon cette seconde enquête, le nombre de personnes en emploi a diminué de 87 000 en juillet, mais celui des chômeurs a reculé encore plus fortement, de 178 000.

Un trompe-l'oeil statistique

Comment l'expliquer ? Pour être officiellement considéré comme chômeur, il faut être "sans emploi et en rechercher activement un". Une personne qui prend sa retraite ou cesse ses recherches sort donc de la population active et n'est donc ni comptabilisée parmi les actifs en emploi ni parmi les chômeurs.

En juillet, la population active, c'est-à-dire l'ensemble des personnes qui travaillent ou recherchent un emploi, s'est ainsi contractée de 264 000 personnes. Le nombre de chômeurs ayant diminué plus rapidement que la population active (-2,5% contre -0,15%), le taux de chômage a mécaniquement baissé. Selon le Bureau of Labor Statistics, le taux de participation, qui mesure la part des adultes présents sur le marché du travail, est ainsi tombé à 61,4%, contre 61,5% en juin et 62,1% en janvier.

La démographie en cause

Cette baisse ne signifie pas nécessairement que de nombreux Américains, découragés, renoncent à chercher un emploi. Employ America estime que 0,55 point de la baisse annuelle de 0,8 point du taux de participation s'explique par le vieillissement de la population. Les générations nombreuses du baby-boom atteignent désormais 65 à 69 ans, âge auquel une large proportion des travailleurs partent à la retraite. Si la répartition de la population par âge était restée inchangée, la participation des plus de 55 ans serait encore proche de son niveau d'avant la pandémie.

Une révision statistique effectuée en janvier a renforcé ce mouvement en augmentant fortement l'estimation du nombre d'Américains âgés de 65 ans et plus, ce qui a pesé sur le taux d'activité global, puisque le taux d'activité des personnes âgées de 65 ans et plus est légèrement inférieur à 20%, tandis que celui des 60-64 ans est légèrement inférieur à 60%.

La révision démographique introduite en janvier a amplifié ce mouvement en relevant le poids estimé des 65 ans et plus, dont moins de 20% participent au marché du travail, contre près de 60% des 60-64 ans. Parallèlement, le nombre de travailleurs découragés est resté presque stable à 476 000 en juillet.

La baisse du chômage ne prouve donc pas que le marché du travail se renforce. Elle indique plutôt que l'emploi ralentit tandis que le nombre de personnes disponibles pour travailler diminue également, notamment sous l'effet du vieillissement démographique et du recul de l'immigration. Cette contraction simultanée de l'offre et de la demande de travail pourrait entretenir certaines tensions salariales malgré la faiblesse des créations d'emplois.

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