Unilever ULVR.L est en discussions avec la société américaine McCormick & Company
MKC.N en vue de lui vendre son activité agroalimentaire, une opération qui reflète les défis et la transformation du secteur.
Une telle initiative marquerait une accélération des efforts de restructuration d’Unilever. Plusieurs dirigeants du détaillant britannique ont tenté de recentrer son portefeuille en développant les activités de soins personnels et de beauté, tout en cédant certaines marques alimentaires.
L’activité alimentaire a été remise en avant lorsque le Financial Times a rapporté qu'Unilever pourrait la scinder et avait tenu des discussions de fusion avec Kraft Heinz KHC.O , qui ont ensuite échoué.
Le titre d'Unilever, qui progressait en début de séance vendredi, était tombé à son plus bas niveau depuis juillet dernier, les investisseurs et les analystes redoutant que le directeur général Fernando Fernandez ne soit détourné de la gestion quotidienne d’Unilever par cette éventuelle séparation. Ils ont également remis en question les avantages d’une telle décision si peu de temps après la scission laborieuse de son activité glaces.
QUELLE EST LA VALORISATION DE L'ACTIVITÉ ALIMENTAIRE D'UNILEVER ? L'activité de produits alimentaires emballés d'Unilever représente plus d'un quart du chiffre d'affaires du groupe, mais elle est confrontée à des pressions liées à une évolution vers des produits moins ultra-transformés, à la concurrence des marques de distributeur, et à une demande plus faible, l'essor des médicaments contre la perte de poids modifiant les habitudes des consommateurs.
Avec les bouillons en poudre Knorr et les condiments Hellmann's, la marge opérationnelle sous-jacente de la division, excluant l’effet de change, s'est élevée à 22,6% du chiffre d'affaires, dépassant la marge de 20% du groupe l'an dernier.
L'activité alimentaire, qui englobe des marques comme Marmite, a enregistré un bénéfice d'exploitation de 2,9 milliards d'euros l'année dernière, valorisant cet actif à environ 30 milliards d'euros, d'après les estimations de Barclays.
UNE CROISSANCE PLUS LENTE QUE CELLE DU RESTE DU GROUPE L’activité, la deuxième plus importante d’Unilever en termes de chiffre d’affaires après les soins personnels, a enregistré une croissance de 2,5% l’année dernière, plus lente que celle du reste du groupe et bien en-deçà de son objectif à moyen terme.
La croissance sous-jacente des ventes de la division alimentaire d'Unilever a été inférieure à celle des autres unités depuis les pics atteints pendant la pandémie de Covid-19, restant à plusieurs reprises en dessous de l’objectif annuel du groupe, fixé entre 4% et 6%.
Les analystes et les investisseurs s'interrogent sur les perspectives à long terme du secteur des produits alimentaires transformés, alors que des responsables politiques, dont le secrétaire américain à la Santé Robert F. Kennedy Jr, ont mis en avant les risques pour la santé liés aux aliments ultra-transformés.
LES MARCHÉS DÉVELOPPÉS ONT ATTEINT LA SATURATION Une partie du problème vient du fait que l’activité évolue sur deux types de marchés : développés et émergents. La croissance est plus lente en Amérique du Nord et en Europe que dans des pays comme l’Inde et certaines régions d’Amérique latine, où Unilever est bien implanté et où les marques de distributeur sont moins développées, donc moins concurrentielles.
"La croissance est plus forte sur les marchés émergents, qui représentent 55% de l'alimentaire chez Unilever, mais cela ne suffit toujours pas à compenser l'Europe et les États-Unis où le marché est saturé", a souligné Warren Ackerman, analyste chez Barclays.
(Richa Naidu, version française Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer