par Gabriela Baczynska
BRUXELLES, 22 février (Reuters) - Les pays membres de l'Union européenne ne sont pas parvenus mercredi à un accord sur un dixième train de sanctions contre la Russie, ont déclaré des diplomates, ajoutant que les discussions allaient se poursuivre afin que les mesures soient annoncées vendredi, au premier anniversaire de l'invasion de l'Ukraine.
Parmi les mesures étudiées figurent des restrictions commerciales sur plus de 10 milliards d'euros de produits, selon la Commission européenne, dont un embargo sur les importations européennes de caoutchouc russe.
Ce nouvel ensemble de sanctions devrait aussi inclure des restrictions supplémentaires sur les exportations vers la Russie de composants électroniques et technologiques pouvant être utilisés à des fins militaires.
Bruxelles souhaite aussi que les pays membres de l'UE parviennent à mieux retracer les avoirs russes sur leur territoire, alors que l'exécutif européen envisage des moyens d'utiliser ces fonds pour contribuer à la reconstruction de l'Ukraine.
Toutefois, d'après les sources, certains pays du bloc ont exprimé leur opposition à l'égard de l'instauration possible d'amendes en cas de manquements dans le recensement des avoirs russes.
"Il y a plusieurs questions en suspens, dont le caoutchouc et les obligations de rapport", a dit l'un des diplomates au fait du dossier.
Des discussions supplémentaires entre représentants des pays membres sont prévues jeudi après-midi, ont indiqué les sources. L'une d'entre elles a ajouté que les représentants européens restaient "confiants qu'un accord sera trouvé rapidement demain", avec une officialisation vendredi.
Il devrait s'agir des sanctions les plus fortes prises par l'UE depuis le début de l'offensive russe, le 24 février 2022, notamment avec des restrictions bancaires destinées à rendre plus compliqué pour Moscou le financement de la guerre.
Ce dixième train de sanctions devrait aussi cibler des individus liés aux Gardiens de la révolution iranienne, pour la production de drones utilisés par la Russie en Ukraine.
Si Kyiv exhorte Bruxelles à frapper plus fort, des pays comme la Hongrie, la Bulgarie, la France et la Belgique s'opposent à des restrictions empêchant toute coopération avec l'industrie nucléaire russe et à un embargo sur les importations des diamants russes.
S'exprimant devant des journalistes en amont des discussions à huis clos mercredi, la ministre ukrainienne de l'Economie, Youlia Svyrydenko, a appelé à "renforcer la politique des sanctions, parce que la guerre persiste".
(Reportage Gabriela Baczynska, avec Kate Abnett; version française Jean Terzian, édité par Blandine Hénault)

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