( AFP / JEAN-PHILIPPE LACOUR )
Le groupe de défense allemand Vincorion, fournisseur de technologies pour chars et avions, a fait son entrée vendredi à la Bourse de Francfort, signe de l'intérêt des investisseurs pour un secteur porté par le réarmement en Europe.
Lors de sa première cotation vers 08H20 GMT, l'action a affiché 19,30 euros, au-dessus du prix d'introduction de 17,0 euros, qui valorisait le groupe 850 millions d'euros, dans un contexte de marché déprimé ces derniers jours par l'intensification de la guerre au Moyen-Orient.
Basée à Wedel, près de Hambourg, dans le nord du pays, l'entreprise développe des solutions d'alimentation électrique et de mécatronique - intégration de la mécanique, de l'électrotechnique et de l'informatique - pour blindés et aéronautique.
"Nous sommes l'énergie, l'épine dorsale des systèmes critiques" de défense, a déclaré son président du directoire, Kajetan von Mentzingen, quelques instants avant d'agiter la cloche sur le parquet de Francfort, selon la tradition lors de chaque entrée en Bourse.
Son chiffre d'affaires s'est élevé à 240 millions d'euros en 2025, contre un peu plus de la moitié trois ans auparavant.
L'entreprise de 900 employés dispose d'un carnet de commandes d'environ 1,1 milliard d'euros, dont la grande majorité vient d'Allemagne qui veut muscler sa défense, longtemps négligée en ayant profité du bouclier américain.
L'investisseur financier Star Capital, qui avait racheté Vincorion au groupe technologique Jenoptik il y a près de quatre ans, a cédé 40% de sa participation pour récupérer environ 345 millions d'euros.
En incluant d'autres actions placées, le flottant va s'élever à 52,5% du capital.
Vincorion signe la cinquième introduction la Bourse Francfort dans la défense allemande en deux ans, après celles des groupes Renk, Steyr Motors, TKMS et Gabler, dans un secteur dominé par le géant Rheinmetall.
Coté à l'indice vedette Dax depuis 2023, ce dernier, basé à Düsseldorf (ouest), a vu le cours de son action multiplié par dix-sept depuis l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine début 2022.
Le groupe européen de défense KNDS, issu de la fusion en 2015 entre le français Nexter et l'allemand KMW (Krauss-Maffei Wegmann), prépare de son côté une introduction en bourse prévue pour 2026, avec une double cotation à Paris et Francfort.
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