(AOF) - Eurofins Scientific (-18,79% à 42,83 euros) affiche la plus fort repli du marché parisien, alors que le fonds activiste américain Muddy Waters a annoncé vendre son titre à découvert. L'action du groupe de services bioanalytiques évolue sur ses plus bas depuis plus de 4 ans. Le fonds spécialisé dans la vente à découvert a par le passé déjà ciblé des sociétés françaises, parmi lesquelles Casino, puis plus récemment Solutions 30 en 2020, lui faisant perdre la moitié de sa valeur. Contacté par AOF, Eurofins n’a pas encore répondu à nos sollicitations.
Cette attaque n'est pas une première pour le groupe qui a déjà subi en juin 2019 les assauts de ShadowFall Fund. Le hedge funds considérait Eurofins Scientic comme "une société de plus en plus désespérée et endettée, qui se dirige sans doute vers une crise de liquidité ". Il lui reprochait alors entre autres une structure trop complexe avec 800 filiales.
"La confusion et les contradictions inhérentes à ses finances et à ses opérations nous font penser que le groupe est optimisé pour les malversations plutôt que pour les affaires conventionnelles", écrit aujourd'hui Muddy Waters. "Au mieux, Eurofins a un actionnaire majoritaire parasite qui siphonne l'argent de l'entreprise depuis deux décennie", précise le fonds, en faisant référence à la famille Martin, qui détient environ 32,7% du capital.
"Les états financiers d'Eurofins pourraient contenir des surestimations significatives des bénéfices, des soldes de trésorerie et d'autres valeurs d'actifs", poursuit-il, jugeant qu'Eurofins lui apparaît comme "une entreprise de bizarreries et de contradictions".
Le fonds relève qu' "à mesure qu'Eurofins grandit, elle réalise des acquisitions plus petites, les acquisitions de 2019 représentant en moyenne 5,0 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel, contre 3,1 millions de dollars en 2023. La valeur de la grande majorité des acquisitions reste sous le seuil de transparence (disclosure), ce qui permet de maintenir une grande partie des dépenses dans l'opacité".
"Jusqu'en 2019, Eurofins a affirmé qu'elle ne cherchait pas à acheter des biens immobiliers car cela immobilise le capital à de faibles taux de rendement", rappelle le fonds. "Pourtant, pendant deux décennies, Eurofins a apparemment payé beaucoup plus au Dr Martin (son patron fondateur) que si elle avait acheté elle-même un bien immobilier", relève-t-il.
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L'oncologie, priorité des géants pharmaceutiques
La déconvenue boursière de Sanofi enregistrée fin octobre 2023 souligne le nouveau cap pour le groupe, qui a dorénavant fixé l'oncologie comme priorité numéro 1. Les efforts sur ce segment, où les thérapies avancent le plus vite, impliquent notamment des investissements en R&D qui pèsent sur la rentabilité. Sanofi a donc annoncé une baisse de son bénéfice par action en 2024 et l'abandon de son objectif d'une marge opérationnelle de 32 % en 2025. Merck vient, lui, de dévoiler une nouvelle alliance. Il va verser jusqu'à 22 milliards de dollars au groupe japonais Daiichi Sankyo dans le cadre d'un partenariat sur des traitements expérimentaux contre le cancer. Si certains experts estiment que les États-Unis représentent près de la moitié des dépenses mondiales d'oncologie (médicaments et traitements), soient 196 milliards de dollars en 2022, les dépenses chinoises dans ce domaine ont plus que doublé en cinq ans, passant de 5 à 11,8 milliards de dollars.
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