Si les avions attirent tous les regards chez Airbus , d'autres appareils décollent dans leur sillage: les hélicoptères. Et le bilan du géant européen en la matière s'avère réjouissant pour 2025.
La société dirigée par Guillaume Faury a livré 392 hélicoptères l'an dernier, soit près de 9% de plus qu'en 2024. Dans un contexte qui reste marqué par des difficultés d'approvisionnement sur certaines pièces, la performance est appréciable.
Mais c'est surtout sur le front des commandes que la moisson s'est révélée prolifique en 2025, alors qu'Airbus a séduit plus de 200 clients répartis dans 50 pays. De fait, le groupe a décroché 544 commandes brutes l'an dernier, soit quasiment 20% de plus qu'en 2024. Avec des annulations négligeables: seulement 8 appareils.
De nouveau, la famille des hélicoptères H145 a confirmé son statut de "best-seller" avec 149 commandes brutes, suivie par les H125 avec 129 appareils.
Au niveau mondial, Airbus revendique ainsi une part de marché de 51% dans le civil et la parapublic et de 28% dans le militaire. C'est considérable.
+ Une commande massive auprès de l'Espagne +
La fin d'année s'est révélée particulièrement fructueuse. En décembre, Airbus a frappé fort en remportant une commande massive de 100 hélicoptères auprès de l'Espagne, qui cherche à muscler son jeu sur le plan militaire. Si le montant du contrat n'a pas été dévoilé, il s'avère sans nul doute significatif. Cette commande comprend notamment 50 exemplaires d'un modèle populaire: le bimoteur H145M, équipé des moteurs Arriel 2E de Safran .
Ce modèle a également convaincu au-delà du Rhin. Toujours en décembre, Airbus est parvenu à transformer l'essai avec l'Allemagne, qui a exercé une option pour 20 hélicoptères H145M supplémentaires. Cela porte la commande totale de Berlin à 82 unités, dans le cadre du contrat signé en 2023. Le réarmement de l'Allemagne est clairement en route.
L'Espagne et l'Allemagne sont loin d'être les seuls pays à avoir succombé aux atours du H145. Cette famille d'hélicoptères est également utilisée par la Hongrie, la Serbie, la Thaïlande ou encore le Luxembourg. Pour sa part, l'armée de terre des Etats-Unis exploite environ 500 hélicoptères de la famille H145 sous le nom UH-72 Lakota.
"Nos gammes civiles et militaires modernes répondent précisément aux exigences opérationnelles des environnements complexes d'aujourd'hui", a assuré fin janvier Bruno Even, le directeur général d'Airbus Helicopters, dans un communiqué. Le responsable évoque tout bonnement une année "exceptionnelle" pour la division dont il a encore la charge pour deux mois, après huit ans de dur labeur.
+ Une attention particulière pour la défense +
"Notre attention portée à la défense et à la sécurité n'a jamais été aussi forte", a-t-il ajouté, en mettant notamment en avant l'avenir du marché des drones tactiques, en association avec des hélicoptères.
Conscient de ce potentiel, Airbus a notamment racheté, en 2024, la société américaine Aerovel, qui produit le Flexrotor, un petit aéronef tactique sans pilote conçu pour les missions de renseignement et de surveillance en mer et sur terre.
Dernièrement, Airbus a d'ailleurs remporté un contrat cadre de 30 millions d'euros auprès de l'Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) pour lui fournir son Flexrotor. Globalement, l'entreprise a observé une "forte dynamique" sur le marché des drones en 2025.
Dans un monde aux tensions géopolitiques croissantes, les commandes d'hélicoptères et de drones militaires pourraient se multiplier à l'avenir. Le sujet de la défense est omniprésent en ce début d'année, alimenté par l'opération des forces spéciales américaines au Venezuela, les velléités du président américain Donald Trump sur le Groenland, ou encore les menaces d'interventions de l'Oncle Sam en Iran.
Par ailleurs, les pays de l'Otan se sont engagés en 2025 dans une trajectoire d'augmentation structurelle de leurs dépenses militaires dans les années à venir, afin de réduire leur dépendance au "parapluie militaire" américain et faire face à la menace que représente la Russie.
De quoi booster la demande d'appareils militaires pour "Airbus Helicopters". Mais également de donner plus de visibilité à cette branche d'Airbus, qui ne représente qu'une part relativement limitée de l'activité et des bénéfices de l'ensemble du groupe.
+ Un nouveau pilote pour aller plus haut +
Au cours des neuf premiers mois de 2025, la division d'Airbus dédiée aux hélicoptères a réalisé un chiffre d'affaires de 5,7 milliards d'euros (+16% sur un an) et dégagé un résultat opérationnel (Ebit) ajusté de 495 millions d'euros (+18% sur un an). Ainsi, la branche hélicoptères a représenté 12% du chiffre d'affaires total d'Airbus ainsi que de son Ebit ajusté, sa mesure clef de rentabilité.
Cette division est "une machine à cash dont personne ne parle" et qui représente "discrètement l'un des stabilisateurs des bénéfices du groupe", a souligné lundi AlphaValue. Une fois vendus, les hélicoptères sont "entretenus pendant des décennies, trente à quarante ans, dans la plupart des cas", ajoute l'intermédiaire financier. Dès lors, plus de 45% des revenus de cette division proviennent désormais des services, ce qui constitue un modèle récurrent, similaire à une rente, met en avant AlphaValue.
A l'avenir, charge à Matthieu Louvot de faire décoller "Airbus Helicopters" encore plus haut. Le dirigeant prendra les commandes de cette division, le 1er avril prochain, en lieu et place de Bruno Even. Ce nouveau pilote connaît bien la maison, puisqu'il y est arrivé en 2010. Dans ce contexte, les investisseurs n'attendent rien de moins qu'une performance aussi éclatante que celle de Jan-Michael Vincent, le héros de "Supercopter", l'une des séries phares des années 1980.
-Vincent Alsuar, Agefi-Dow Jones, valsuar@agefi.fr, ed: JDO
Agefi-Dow Jones The financial newswire

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