Olivier Faure le 24 janvier 2026 à Tours ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )
Le patron du PS Olivier Faure a lancé dimanche la bataille des élections municipales, appelant à faire du scrutin "un rempart" contre l'extrême droite en vue de la présidentielle de 2027, pour laquelle il défend toujours, malgré les critiques de plus en plus nombreuses, la tenue d'une primaire de la gauche.
Le scrutin des 15 et 22 mars sera "le premier rempart", "la première digue, le premier barrage au RN et à la droite dévoyée", a-t-il promis devant plus de 1.200 personnes réunies dans la salle de la Mutualité à Paris, en présence de très nombreux maires et du militant écologiste Amine Kessaci, qui mène un combat contre le narcotrafic.
"Si nous tenons ce rempart (...) nous ouvrirons la voie de 2027", a ajouté le premier secrétaire.
Le Parti socialiste, qui compte actuellement 1.200 maires et dirige un quart des villes de plus de 20.000 habitants, présente plus de 2.000 candidats têtes de liste aux municipales. Il espère des conquêtes à Saint-Etienne, Limoges, Amiens ou Toulouse.
Pour cela, Olivier Faure a appelé la jeunesse à ne pas céder "à la tentation de la confiance aveugle" à l'extrême droite, l'invitant à "rejeter les gourous, le prêt-à-penser ou les slogans accrocheurs sans lendemain".
Le premier secrétaire, fervent défenseur du rassemblement de la gauche, a une nouvelle fois défendu l'union avec ses partenaires, hors LFI, pour les municipales mais également pour la présidentielle, via une primaire.
Pour la première fois "socialistes, communistes, écologistes, militants de Place publique, de l’Après ou de Debout" partent "unis, dès le premier tour dans la plupart de nos villes", a-t-il souligné.
- "Egos irréconciliables" -
"Ce que nous faisons dans les communes, nous devons le réussir à l’échelle du pays", a estimé M. Faure.
Le responsable socialiste a participé, fin janvier à Tours, au lancement de la primaire de la gauche, prévue le 11 octobre, et qui doit notamment rassembler les Ecologistes et les anciens Insoumis comme Clémentine Autain et François Ruffin - mais sans le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, farouchement opposé à l'idée.
Au sein du PS, l'hypothèse d'une primaire divise de plus en plus.
Le patron des députés Boris Vallaud, qui a un rôle charnière au sein du parti pour faire et défaire des majorités, a estimé samedi qu'elle ne serait "pas suffisante" pour rassembler la gauche et battre le Rassemblement national, semblant tirer une croix sur cette option.
Les opposants internes à Olivier Faure, rassemblés derrière le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol et l'ex-président François Hollande, y sont aussi opposés, plaidant pour une fédération de la gauche progressiste, rassemblant le PS, l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, Raphaël Glucksmann et l'Ecologiste Yannick Jadot.
Quant au député de l'Essonne, Jérôme Guedj, il a annoncé jeudi se lancer directement dans la course à l'Elysée.
Mais, pour Olivier Faure, la primaire reste la seule solution pour éviter la multiplication des candidatures à gauche et ouvrir "la porte" au RN.
Il soumettra l'idée au vote des militants socialistes "après les municipales", a-t-il répété dimanche sur France 3.
"Nous pourrions faire le choix d’un dialogue exigeant avec le gouvernement pour éviter de livrer le pays à l’extrême droite", a-t-il relevé à la Mutualité - allusion aux compromis passés avec le Premier ministre Sébastien Lecornu pour ne pas censurer le projet de loi de finances pour 2026 - "mais nous ne serions plus capables de le faire avec nos compagnons de combat ?", s'est-il interrogé.
"Ce que nos maires ont compris, nous devons le comprendre pour chaque étape électorale : d'abord définir le projet commun puis choisir la meilleure incarnation pour le porter", a martelé le député de Seine-et-Marne.
Il a invité les socialistes à laisser à Jean-Luc Mélenchon "la conflictualisation de tout". "Les électeurs de gauche ne sont pas irréconciliables, ce sont les ambitions, les égos démesurés qui sont irréconciliables", selon lui.
Et alors que LFI part seule dans une majorité de communes et assume une bataille frontale contre les maires socialistes, notamment à Paris et Marseille, Olivier Faure a estimé que "les Français jugeront très sévèrement les candidats Insoumis qui voudraient faire chuter les villes dirigées par les socialistes pour mieux les livrer à nos adversaires".

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