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Croissance décevante du secteur privé en zone euro
Reuters23/05/2019 à 12:23

    * Les PMI "flash" inférieurs aux attentes
    * Ils suggèrent une croissance de 0,2% seulement au T2
    * L'optimisme des entreprises au plus bas depuis 2014
    * La France continue de faire un peu mieux que l'Allemagne

 (Actualisé avec précisions, commentaires, Ifo et climat des
affaires en France)
    par Jonathan Cable
    LONDRES, 23 mai (Reuters) - La reprise de l'activité des
entreprises privées dans la zone euro a été plus faible
qu'attendue en mai, la contraction continue du secteur
manufacturier pesant de plus en plus sur celui des services,
montrent jeudi les premiers résultats des enquêtes mensuelles
d'IHS Markit auprès des directeurs d'achats.
    L'indice PMI composite "flash", considéré comme un bon
baromètre du climat économique de la région, n'est remonté qu'à
51,6 après 51,5 en avril alors que la médiane des estimations
des économistes et analystes interrogés par Reuters le donnait
en hausse plus marquée à 51,7.
    Cette amélioration ténue pourrait conduire la Banque
centrale européenne (BCE) a conforter le mois prochain le
scénario de nouvelles mesures de soutien au crédit et à
l'activité. Le mois dernier, son président, Mario Draghi, avait
évoqué la possibilité d'un tel soutien en cas de ralentissement
persistant. 
    "Non seulement la croissance actuelle est fragile mais il y
a aussi des risques à la baisse sur les perspectives", estiment
les économistes de Morgan Stanley dans une note. 
    "Nous nous attendons à un message accommodant lors de la
réunion de juin de la banque centrale."
    Les indices PMI "flash" pour l'Allemagne montrent une
poursuite de la contraction de l'activité manufacturière, pour
le cinquième mois consécutif, et une croissance ralentie de
celle des services, qui traduit l'impact sur la première
économie d'Europe des tensions commerciales internationales.
    Une autre enquête, celle de l'institut d'études économiques
Ifo, confirme ce diagnostic puisque son indice du climat des
affaires en Allemagne est tombé à 97,9 en mai après 99,2 en
avril, alors que le consensus Reuters le donnait à 99,1.
    En France, la croissance de l'activité a toutefois atteint
son plus haut niveau depuis six mois, le PMI composite "flash"
remontant à 51,3 après 50,1 le mois dernier.
    Selon les données de l'Insee également publiées jeudi, le
climat des affaires en France s'est amélioré pour retrouver son
niveau de l'été dernier après le trou d'air subi fin 2018 et au
début de cette année.  
    
    SOUTIEN ATTÉNUÉ DES SERVICES À LA CROISSANCE
    Pour IHS Markit, les premiers résultats des enquêtes PMI
suggèrent une croissance du produit intérieur brut (PIB) de la
zone euro de 0,2% au deuxième trimestre, donc inférieure à celle
de 0,3% attendue en moyenne par les économistes interrogés par
Reuters le mois dernier.
    La petite remontée de l'indice composite s'explique entre
autres par l'amélioration de la composante de la production
manufacturière, à 49,0 contre 48,0, qui traduit toutefois la
mise en production de commandes déjà anciennes. 
    Mais le PMI manufacturier reste pour le quatrième mois
d'affilée sous le seuil de 50 séparant expansion et contraction
de l'activité, revenant à 47,7 après 47,9 alors que le consensus
l'attendait en hausse à 48,1.
    Les entreprises manufacturières ont en outre réduit leurs
recrutements pour la première fois depuis août 2014, l'indice de
l'emploi dans le secteur reculant à 49,0 après 50,7 en avril. 
    La contraction de l'activité manufacturière pourrait ainsi
se traduire par une contribution négative de 0,1 ou 0,2 point de
pourcentage à l'évolution du PIB de la zone euro sur avril-juin,
précise IHS Markit.
    "Les inquiétudes sur l'industrie manufacturière persistent.
Le secteur des services continue de maintenir l'économie à flot
mais à un rythme légèrement ralenti", résume Bert Colijn, d'ING.
    L'indice PMI "flash" des service traduit en effet un
ralentissement de la croissance, à 52,5 après 52,8 le mois
denier. Le consensus Reuters le donnait en petite hausse à 53,0.
    La composante des nouveaux contrats à l'export dans les
services a reculé à 48,1 après 48,7, l'un des chiffres les plus
faibles enregistrés depuis fin 2014. 
    Services et industrie confondus, les nouvelles commandes
ressortent stables en mai, tandis que les recrutements
ralentissent et que les carnets de commandes en attente se
réduisent; au final, l'optimisme affiché par les entreprises
interrogées est au plus bas depuis octobre 2014.
   

 (Service Macro-Marchés)
 

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