En pleine montée des tensions sur les infrastructures critiques, les États européens cherchent à mieux protéger leurs communications sensibles.
( AFP / LIONEL BONAVENTURE )
Des entreprises et organismes français, grecs et chypriotes se sont associés pour développer une technologie de communications satellitaires par laser à très haut débit, permettant des échanges rapides et insensibles aux sabotages qui visent actuellement les réseaux terrestres et sous-marins.
L'accord a été signé jeudi 25 février entre l'opérateur gréco-chypriote Hellas Sat , l'agence spatiale française (Cnes), les industriels franco-italien Thales Alenia Space et français Safran . Il porte sur le développement d’un système de communications optiques embarqué sur le futur satellite géostationnaire (en orbite haute) Hellas Sat 5.
Ce partenariat "marque le début d'une nouvelle ère dans les services de télécommunications. En associant plusieurs longueurs d'onde, le système Solis permettra d'atteindre une performance inégalée, proche de 1 térabit par seconde ", a déclaré Alcino de Sousa, vice-président télécommunications de Thales Alenia Space, cité dans le communiqué.
En pleine montée des tensions sur les infrastructures critiques, les États européens cherchent à mieux protéger leurs communications sensibles.
Selon Thales, les communications optiques en espace libre pourraient transformer les télécoms satellitaires comme la fibre optique l'a fait sur Terre avec des débit "décuplés", malgré les distances parcourues et les perturbations liées aux turbulences atmosphériques. "Elles permettront d'améliorer la résilience des réseaux intercontinentaux qui voient les fibres optiques terrestres et océaniques de plus en plus souvent victimes de sabotages ", soulignent les signataires dans un communiqué.
Autonomie stratégique européenne
L'introduction de la fibre optique dans l'espace permettra également de réduire le nombre de satellites nécessaires en orbite et de diminuer la pollution du ciel.
Dans le cadre de ce partenariat, Thales Alenia Space fournira à bord du satellite l'équipement optique permettant de transmettre les données par laser ainsi que le système Solis (service optique de liaisons spatiales sécurisées) développé pour le Cnes.
Safran produira la station sol pilote, qui sera installée sur le téléport de l'opérateur Hellas Sat à Chypre.
"Nous sommes fiers de participer à cette coopération européenne, qui met l'innovation au service de la souveraineté et de la sécurité des communications stratégiques (...) Ce projet illustre notre volonté de soutenir l’autonomie européenne et de proposer des solutions fiables pour les applications les plus critiques dans un environnement en constante mutation", a pour sa part souligné Jean-Marie Bétermier, responsable espace de de Safran Electronics & Defense.
"Hellas Sat contribue au développement des technologies qui, demain, conforteront la connectivité sécurisée et l'autonomie stratégique de l'Europe", a souligné Christodoulos Protopapas, PDG d'Hellas Sat.
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