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Comment faire de la performance avec les actions européennes ?
information fournie par H24 Finance pour Boursorama 17/12/2020 à 15:15

(Crédits photo : Unsplash - Matthew Henry )

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Avec la crise sanitaire et à seulement 2 semaines de la sortie de la période de transition du Brexit, il semble plus que jamais délicat d'investir sur les actions européennes. Sans oublier la caractéristique structurelle du continent qu'est le vieillissement démographique. Peut-on malgré tout faire de la performance avec cette classe d'actifs ?

Les actions européennes historiquement moins performantes que les actions américaines

En prenant du recul, on remarque que le marché européen a su délivrer du rendement tout en traversant nombre de crises durant ces dernières décennies. « Les sociétés européennes ont montré des capacités à s'adapter dans des conditions parfois très compliquées. Sur longue période, les marchés actions suivent finalement un chemin avec une pente plutôt positive », rappelle Eric Bendahan, Président d'Eleva Capital. En effet, les marchés européens font +21% sur 5 ans et même +7% annualisés sur plus longue période soient +103% sur 10 ans et +487% sur 25 ans.

Si la performance en absolue est intéressante, elle reste moins importante que pour les actions américaines où ces chiffres sont doublés voire triplés selon les périodes. Cela s'explique en partie par les différences en termes de composition sectorielle et de progression des bénéfices des sociétés dans chaque zone. Certains investisseurs espèrent un effort de rattrapage ces prochaines années pour compenser une partie de ce retard.

« Il ne faut pas forcément se baser sur l'allocation géographique mais regarder au cas par cas », insiste néanmoins Laurent Dobler, Directeur Général de Comgest. Car si l'Europe n'a pas « ces sociétés technologiques qui arrivent malgré un trilliard de capitalisation à croître à 20% », elle possède de très bonnes sociétés dans d'autres secteurs (pharmacie, luxe…). En ce sens, elle paraît complémentaire au marché américain.

Le marché européen est-il trop cher ?

Les valorisations du marché sont actuellement chères. Dans ce contexte, le timing est-il cohérent pour s'exposer aux actions européennes ?

« Parmi les actifs réels, l'avantage des entreprises par rapport aux forêts ou à l'immobilier est de pouvoir s'adapter, trouver des zones de croissance et couper des activités qui ne fonctionnent pas. Les belles sociétés traversent les crises car ce sont des organismes vivants », souligne Romain Burnand, fondateur de Moneta Asset Management. En somme, si les actions sont plus chères que par le passé, les taux sont à un niveau très bas et les liquidités sont abondantes. Il n'est selon lui « pas déraisonnable et même un bon conseil » d'être investi dans les actions. « Nous sommes dans une phase où les primes de risque montrent qu'il n'y a rien d'anormal », complète Laurent Dobler de Comgest. La classe d'actifs resterait donc intéressante en relatif.

Difficile également de loger tous les secteurs à la même enseigne car plusieurs accusent de fortes baisses de bénéfices. « Certaines sociétés subissent de manière anormale ces baisses de bénéfices. Cela offre une capacité de rebond au sein des portefeuilles », poursuit le gérant.

Quelques clés pour battre le marché européen

Au sein d'un univers d'investissement aussi riche et varié que les actions européennes, il y a forcément des disparités très fortes entre les titres. La sélectivité y fait d'autant plus sens. Moneta AM apprécie par exemple d'investir dans des valeurs ayant une forte décote. « Celles qui ont des fondamentaux corrects mais sont décotées, soit parce que ce sont des dossiers compliqués, soit parce que ces entreprises traversent des difficultés conjoncturelles », précise Romain Burnand. Autre cas de figure mis en avant : les sociétés qui se sont adaptées aux différentes difficultés rencontrées et ont su se redresser ensuite, comme Veolia il y a quelques années.

Ces cas particuliers se révèlent être des opportunités pour l'investisseur comprenant l'avantage qu'il peut en tirer à un moment donné par rapport au marché. « Une connaissance profonde de la société, un changement de management qui inspire confiance, une société n'appartenant à aucun secteur ou à un secteur mal-aimé du marché… », autant d'éléments qui amènent Romain Burnand à s'intéresser à ces titres décotés. En somme, savoir se montrer contrariant pour surperformer.

Autre point sur lequel le marché peut « se tromper » selon Comgest : la durabilité de la croissance. « C'est notre mine d'or. Certaines sociétés ont la capacité à se créer un marché grâce à leurs barrières à l'entrée et leurs avantages compétitifs longs et durables », assure Laurent Dobler. Ainsi, il investit dans des sociétés bénéficiant des mégatendances (vieillissement de la population occidentale, digitalisation…).

Eric Bendahan d'Eleva Capital privilégie de son côté quatre segments : les sociétés familiales, les business models innovants dans des secteurs d'activité matures, les changements de management ou d'actionnariat, et les valorisations divergentes entre les marchés crédit et actions.

Miser sur le retour de la value et des petites capitalisations ?

Après 10 ans de sous-performance par rapport au style de gestion croissance, le value a fait son grand retour en surperformant largement le mois passé (+21,45% vs +13,47%). La pérennité de cette tendance ne fait pas consensus aujourd'hui avec la moitié des conseillers financiers pensant ce rallye durable. Sur 6 à 9 mois, Eleva Capital estime en revanche que l'on peut s'attendre à une poursuite de ce rattrapage. « Peut-être pas de façon aussi violente qu'en novembre », nuance cependant Eric Bendahan.

Un débat d'autant plus difficile à trancher que la définition des valeurs value et croissance est forcément arbitraire. « Prenez la Société Générale. Elle valait 50 euros il y a seulement 3 ans et 30 euros il y a un an. Elle est tombée à 11 euros et remonte tout à coup à 17 euros. Elle en a perdu 40 et en reprend 6, est-elle chère ? » questionne Romain Burnand de Moneta AM. L'illustration d'un rebond spectaculaire mais qui ne représente pas grand-chose par rapport à la baisse de certaines valeurs. Il y a donc fondamentalement du potentiel même si le momentum reste à déterminer.

Par ailleurs, la large sous-performance des petites capitalisations entre 2018 à mi-2020 par rapport aux grandes capitalisations s'est paradoxalement inversée depuis 6 mois avec la crise. Est-ce le moment d'y revenir ? « Les fonds y investissant ont beaucoup décollecté ces 3 dernières années donc il n'y a pas d'excès de liquidité. De plus, quand la confiance revient sur le marché des actions, elle revient également sur les petites valeurs. Nous pourrons ainsi être au début de cette reprise », considère Romain Burnand.

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