SHANGHAI, 16 avril (Reuters) - Le marché obligataire chinois
est attaqué cette semaine, une série d'indicateurs économiques
qu'on n'attendait pas si robustes poussant les investisseurs à
se demander si la Banque populaire de Chine (BPC) n'en a pas
fini avec ses mesures d'assouplissement monétaire.
Les premiers troubles sont apparus lundi, lorsque le future
de l'emprunt chinois à 10 ans échéance juin CFTM9 , le contrat
le plus traité, a perdu jusqu'à 0,7% dans les premières
transactions. Il s'était un peu repris ce mardi mais restait en
baisse de 0,6% par rapport à sa clôture de vendredi.
Le rendement de l'emprunt de référence à 10 ans CN10YT=RR
a gagné plus de sept points de base depuis le début de la
semaine, selon des données de Refinitiv, dernière péripétie d'un
mouvement qui a vu le rendement gagner autour de 33 points de
base depuis la fin mars.
A 3,40%, ce rendement est remonté à des niveaux que l'on
n'avait plus vus depuis décembre.
Le mouvement vendeur fait suite à une solide statistique du
crédit de mars, faisant espérer une stabilisation de l'économie
chinoise.
La croissance de la Chine a été de 6,6% en 2018, un plus bas
depuis une trentaine d'années, et les chiffres attendus mercredi
révèleraient la plus faible croissance d'un premier trimestre
depuis au moins 27 ans.
Des statistiques de mars seront également publiées mercredi
et on pense qu'elles montreront une accélération de la
croissance de la production industrielle, de l'investissement et
des ventes au détail, laissant penser que toutes les mesures de
soutien engagées par Pékin ces derniers mois commencent à porter
leurs fruits.
"L'expansion plus forte que prévu du crédit ainsi qu'un
rebond des chiffres d'inflation alimentent la crainte des
marchés de voir la Chine interrompre sa politique monétaire
souple", dit Tommy Xie, chercheur d'OCBC Bank à Singapour.
Pékin a entrepris de donner un coup de pouce à la croissance
par le biais de nouvelles baisses d'impôts et de dépenses de
grands travaux, sans compter cinq baisses du coefficient des
réserves obligatoire en l'espace d'un an, censées persuader les
banques de prêter aux PME et à des conditions bonifiées.
Avant la statistique du crédit, les économistes interrogés
par Reuters anticipaient toujours trois nouvelles réductions du
coefficient cette année.
Mais un résumé de la réunion trimestrielle du comité de
politique monétaire de la BPC publié lundi soir remet en cause
ces anticipations.
La BPC y indique qu'elle gardera le contrôle des "écluses"
monétaires, terme absent du premier compte rendu trimestriel.
"Lorsque la banque centrale revient sur la prévention du
risque, on peut penser que le cycle d'assouplissement monétaire
est proche de son terme", dit Qu Qing, chef économiste de
Jianghai Securities.
SIGNE "PROVISOIRE"
Il semble dès lors que la banque centrale veuille faire
comprendre qu'un nouveau tour de vis est proche et qu'une
réduction prochaine du coefficient des réserves obligatoires ou
des taux directeurs est peu vraisemblable, ajoute-t-il.
Les anticipations d'un resserrement monétaire ont tiré le
swap de taux à cinq ans CNYQM7R5Y à un sommet de 3,25% mardi
contre 3,12% à la clôture de la semaine dernière.
Mais certains professionnels, à l'exemple de Frances Cheung,
directrice de la stratégie macro en Asie de Westpac à Singapour,
font valoir que tout signe d'un redémarrage de l'économie est
pour l'heure "provisoire".
"A ce point, la banque centrale ne veut pas étouffer la
croissance et ne veut pas voir les coûts de financement
sensiblement plus hauts", dit-elle.
Certains traders et experts font valoir que la situation de
la liquidité va sans doute se durcir mi-avril, lorsque les
entreprises payeront leurs impôts du premier trimestre, dopant
la demande de cash au risque d'assécher le marché.
Une telle préoccupation a amené certains analystes à prédire
ce mois-ci une baisse imminente du coefficient des réserves
obligatoires.
"Dans la mesure où les incertitudes commerciales persistent,
il faut préserver la croissance rapide des prêts en yuan pour
aider les PME à survivre", dit Iris Pang, économiste d'ING à
Hong Kong.
"Certes, la Chine peut peut-être se passer d'une telle
injection de crédits aux PME mais nous pensons que le
gouvernement laissera le crédit croître rapidement quelque temps
encore, au moins jusqu'à ce qu'il constate avec satisfaction que
le marché de l'emploi est stable".
Ceux qui guettent un changement de cap monétaire
surveilleront de près les décisions de la BPC lorsque 366,5
milliards de yuans (48,3 milliards d'euros) de facilités de
crédit à moyen terme arriveront à échéance mercredi.
(Winnie Zhou et Andrew Galbraith
Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique
Tison)
Chine-La banque centrale va-t-elle se montrer moins généreuse?
information fournie par Reuters 16/04/2019 à 13:14
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