* Ventes en hausse de 10,5% à données constantes
* Résultat net en progression de 16,4% à $11,12 mds
* La marque réaffirme solennellement ne viser ni "IPO" ni
cession
* Les investissements ont plus que doublé
* Le groupe campe sur sa position en matière de e-commerce
(Actualisé avec détails)
par Pascale Denis
PARIS, 17 juin (Reuters) - Chanel, qui ouvre une nouvelle
page de son histoire après la disparition de Karl Lagerfeld, a
dévoilé lundi des résultats annuels 2018 en forte hausse et
réaffirmé sa volonté de rester indépendante.
La célèbre griffe créée en 1910 par Coco Chanel,
mondialement connue pour ses sacs matelassés et son parfum N°5,
avait révélé ses chiffres pour la première fois de son histoire
en juin 2018. Ils la plaçaient parmi les toutes premières
marques mondiales de luxe derrière Louis Vuitton, propriété de
LVMH LVMH.PA , et devant Gucci, détenu par Kering PRTP.PA .
Alors que cette publication avait nourri des spéculations
sur les intentions de ses propriétaires, les frères Wertheimer,
le directeur financier de Chanel a réaffirmé dans une interview
à Reuters "de la manière la plus ferme et solennelle qu'aucune
mise en Bourse ou cession n'est envisagée".
"Nous sommes exactement dans une phase opposée à celle d'une
société qui se prépare pour une IPO ou une cession. Les
investissements de très long terme que nous faisons en
témoignent", a précisé Philippe Blondiaux.
Chanel a plus que doublé ses investissements à 1,0 milliard
de dollars (+129%) en 2018, notamment dans son réseau de
magasins, le digital ou des acquisitions comme la tannerie
espagnole Colomer.
Le groupe devrait, pour l'année en cours, poursuivre ses
investissements "à un rythme assez similaire à celui de 2018", a
précisé le directeur financier.
L'indépendance de Chanel est, selon lui, une condition du
succès car elle permet de faire des choix à contre-courant,
comme celui d'harmoniser les prix au niveau mondial ou de
renoncer à utiliser des peaux exotiques.
"Il faut vivre avec le fait d'être une des marques les plus
désirables de la place. Ces rumeurs vont malheureusement
revenir régulièrement", a ajouté Philippe Blondiaux, précisant
que Chanel n'avait pas été approchée en 2018 en vue d'un rachat.
VIRGINIE VIARD, UN CHOIX "DE LONG TERME"
Le directeur financier a également indiqué que la nomination
de Virginie Viard comme directrice artistique était "un choix de
long terme" et a dit espérer qu'elle "puisse être là pour de
très nombreuses années".
Le choix du bras droit de Karl Lagerfeld, qui fut l'artisan
du succès planétaire de Chanel, avait été interprété par
certains comme une option provisoire permettant à la marque de
"trouver une respiration" après les 35 ans de règne du couturier
allemand.
Phoebe Philo, ex-directrice artistique de Céline (groupe
LVMH) et dont le nom avait circulé, n'a eu "absolument aucune
discussion avec Chanel", a précisé le responsable.
L'an dernier, Chanel a maintenu la cadence d'une croissance
à deux chiffres avec des ventes de 11,12 milliards de dollars
(9,91 milliards d'euros), en progression de 10,5% à taux de
change constants, un chiffre proche des 11% de 2017.
Portée comme ses concurrents par le puissant appétit de la
clientèle chinoise, la croissance de la griffe a été tirée par
l'Asie Pacifique, qui pèse pour 42,4% de son chiffre d'affaires
et où les ventes ont bondi de 19,9%.
La hausse a été plus modérée (+7,8%) en Europe (38,5% des
ventes) et sur le continent américain (18,9% des ventes) où
elles ont augmenté de 7,4%.
Le résultat opérationnel a progressé de 8,0% à 2,99
milliards (2,67 milliards d'euros), pour une marge de 26,9%.
Si la dynamique de Chanel n'a pas atteint celle d'un Louis
Vuitton, qui a enregistré une croissance organique d'environ 15%
en 2018, elle lui permet de figurer dans le peloton de tête du
secteur, aux côtés d'Hermès HRMS.PA , dont les ventes ont
progressé de 10%.
La marque aux deux "C" se distingue toutefois par son
opposition farouche au e-commerce qui dope les ventes de ses
concurrents, notamment Gucci, qui a signé de loin la meilleure
performance du luxe l'an dernier (+37%).
LE SIÈGE RESTERA A LONDRES, MALGRÉ LE BREXIT
Ni les sacs, ni le prêt-à-porter Chanel ne sont vendus en
ligne. "Notre position reste la même et ne changera pas. Nous
continuons de penser que le contact physique dans les magasins
reste essentiel", a précisé Philippe Blondiaux.
Cela n'empêche pas le groupe d'investir dans le numérique,
via des services connectés pour ses clients.
Seuls les parfums et les cosmétiques sont commercialisés en
ligne. Avec des sites dans 13 pays, le e-commerce de la division
a connu une croissance de plus de 50% en 2018.
Philippe Blondiaux a également indiqué qu'un éventuel Brexit
"dur" ne remettrait pas en cause le choix du groupe, qui a
transféré son siège social à Londres en 2017.
"Nous étions conscients des incertitudes lorsque nous avons
fait ce choix, qui est une décision de long terme" a-t-il dit.
La marque demeure dirigée par Alain Wertheimer, frère de
Gérard, âgé de 70 ans. "Comme toute société, Chanel prépare un
plan de succession à long terme, mais il n'y a aucune urgence
(...) Alain Wertheimer est en pleine forme", a souligné le
dirigeant.
Aucun des enfants des propriétaires de Chanel ne travaille
aujourd'hui dans l'entreprise.
Le cash flow libre a atteint l'an dernier 1,21 milliard de
dollars, en baisse de 28,4%, et la société a dégagé un excédent
de trésorerie de 2,0 millions.
Le résultat net a grimpé de 16,4% à 2,17 milliard de dollars
et les dividendes versés à la famille Wertheimer ont totalisé
842,4 millions.
Chanel comptait 205 magasins dédiés à la mode et à la
maroquinerie dans le monde en 2018, un chiffre resté quasiment
stable. La griffe détenait également 47 boutiques de joaillerie
et 108 magasins dédiés à la beauté, dont le nombre devrait
encore progresser.
(Pascale Denis, édité par Bertrand Boucey)
Chanel franchit les $11 mds de ventes et réaffirme son indépendance
information fournie par Reuters 17/06/2019 à 16:36
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