(Actualisé avec réaction de Ghosn)
BEYROUTH, 9 janvier (Reuters) - Carlos Ghosn n'a pas le
droit de quitter le Liban et doit maintenir les autorités
informées de son lieu de résidence, a-t-on appris jeudi de
source judiciaire.
La décision a été prise par le procureur général de la
République, Ghassan Oueidat, après une audition par des
enquêteurs libanais de l'ancien président de Renault RENA.PA
et Nissan 7201.T , qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt
d'Interpol à la demande du Japon, a dit cette source.
La justice libanaise a demandé au Japon de lui transmettre
son dossier sur Carlos Ghosn, notamment les charges retenues à
son encontre, et elle ne compte pas interroger à nouveau
l'ancien patron de Renault-Nissan tant qu'elle n'aura pas obtenu
ces documents, selon cette source judiciaire.
Dans une interview accordée à la chaîne de télévision
libanaise LBCI, l'ancien dirigeant s'est engagé à "coopérer
pleinement" avec les autorités judiciaires locales et a souligné
qu'il se sentait plus à l'aise avec la justice libanaise qu'avec
la justice japonaise.
Carlos Ghosn, qui possède les nationalités libanaise,
française et brésilienne, a fui vers le Liban fin décembre alors
qu'il devait être jugé au Japon pour des accusations de
malversations financières qu'il rejette.
Il a été interrogé au palais de justice de Beyrouth devant
un représentant du département d'investigation criminelle, le
général Maurice Abou Zeidan, et sous la supervision du
procureur, ont rapporté une source judiciaire et l'Agence
nationale d'information (Ani) libanaise.
Outre l'avis de recherche ("notice rouge") d'Interpol,
Carlos Ghosn a été entendu en raison d'une visite effectuée en
Israël en 2008.
Carlos Ghosn a expliqué mercredi s'être rendu en Israël en
tant que citoyen français et dirigeant de Renault, à la demande
du conseil d'administration du constructeur, pour y signer un
contrat avec une entreprise israélienne pour la distribution de
véhicules électriques.
Il a présenté ses excuses pour ce déplacement et a affirmé
ne pas avoir eu l'intention de blesser les Libanais, dont
beaucoup considèrent Israël comme un pays ennemi.
Lors de cette visite, Carlos Ghosn a notamment rencontré
Ehud Olmert, alors Premier ministre d'Israël et déjà chef du
gouvernement lors de la guerre de 2006 contre le Hezbollah
libanais. Ce conflit a fait près de 1.200 morts au Liban,
essentiellement des civils, et 158 en Israël, en majorité des
militaires.
(Tom Perry
version française Bertrand Boucey, édité par Jean-Stéphane
Brosse et Jean-Michel Bélot)
Carlos Ghosn interdit de quitter le Liban-source judiciaire
information fournie par Reuters 09/01/2020 à 15:07
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