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Biden et Xi campent sur leurs positions lors d'un long sommet virtuel
information fournie par Reuters 16/11/2021 à 10:56

(Actualisé tout du long avec citations, commentaires)

par Andrea Shalal, Michael Martina, David Brunnstrom et Yew Lun Tian

WASHINGTON/PEKIN, 16 novembre (Reuters) - Les présidents américain et chinois, Joe Biden et Xi Jinping, ont tenu au cours de la nuit de lundi à mardi leur plus longue conversation à ce jour, campant sur leurs positions divergentes pendant trois heures et demie de discussion par visioconférence.

Qualifiés de francs et directs par les deux parties, les échanges ont tout de même donné aux deux dirigeants l'occasion d'engager un dialogue sur de nombreux points de friction et de réaffirmer que la compétition entre les Etats-Unis et la Chine ne devait pas dégénérer en conflit.

Tandis que Joe Biden insistait sur le nécessaire respect des droits de l'Homme par Pékin, Xi Jinping a averti que la Chine répondrait à toute provocation sur le dossier inflammable de Taïwan.

Les deux présidents ont également discuté de la Corée du Nord, de l'Afghanistan, de l'Iran, des marchés mondiaux de l'énergie, du commerce, du climat, des questions militaires, de la pandémie de COVID-19 et d'autres domaines sur lesquels Pékin et Washington sont fréquemment en désaccord.

Xi Jinping a comparé les deux pays à "deux navires géants en mer" qu'il faut stabiliser pour éviter qu'ils n'entrent en collision, ont rapporté les médias officiels chinois.

"J'espère, M. le président, que vous exercerez votre leadership pour ramener la politique américaine envers la Chine sur une voie rationnelle et pragmatique", a dit le président chinois à son homologue américain, selon l'agence Chine nouvelle.

"Il me semble que notre responsabilité en tant que dirigeants de la Chine et des Etats-Unis est de veiller à ce que la concurrence entre nos pays ne dégénère pas en conflit, que ce soit intentionnel ou non", a déclaré quant à lui Joe Biden lors d'un bref échange auquel ont pu assister les journalistes américains.

"Juste une compétition simple et directe", a-t-il ajouté.

Le président américain a souligné l'importance du respect par la Chine de ses engagements commerciaux pris en vertu d'un accord conclu sous la présidence de son prédécesseur Donald Trump.

Pékin n'a toujours pas rempli sa promesse d'acheter pour 200 milliards de dollars supplémentaires (175 milliards d'euros) de biens et services américains mais selon des responsables chinois, Xi a déclaré à Biden qu'il était important d'éviter de politiser cette question.

"NE PAS JOUER AVEC LE FEU"

Sur Taïwan, les deux parties ont affiché clairement leurs désaccords. Joe Biden a réaffirmé que les Etats-Unis restaient attachés à la doctrine d'"une seule Chine", en vertu de laquelle Washington reconnaît la République populaire, mais qu'il s'opposait fermement aux efforts unilatéraux visant à remettre en cause le statu quo ou à saper la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan.

Xi a conseillé aux partisans de l'indépendance de Taïwan, que Pékin considère comme une province sécessionniste, et à leurs soutiens aux Etats-Unis de "ne pas jouer avec le feu".

Le président chinois a prévenu Joe Biden que la Chine serait amenée à prendre des "mesures décisives" si les forces "pro-indépendance de Taïwan" venaient à franchir une "ligne rouge", ont rapporté des médias publics chinois.

"Le président Biden a fait part de ses préoccupations concernant les pratiques de la République populaire de Chine au Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong, ainsi que, de manière plus générale, les droits de l'Homme", a indiqué quant à elle la Maison Blanche dans un communiqué.

Joe Biden et Xi Jinping ne se sont jamais rencontrés en tête à tête depuis l'accession du démocrate à la présidence américaine en janvier dernier. Leur dernier échange, par téléphone, remontait à septembre.

Le président américain a affiché un large sourire quand son homologue chinois est apparu sur le grand écran de la Maison blanche. Xi Jinping a de son côté qualifié Joe Biden, qu'il avait côtoyé en tant que vice-président de Barack Obama, de "vieil ami".

"Au moins ils parlent", a commenté Wellian Wiranto, économiste à la banque OCBC de Singapour pendant le sommet virtuel. "C'est semble-t-il la principale attente des marchés mondiaux en termes de résultat concret - ou d'absence de résultat."

(Reportage David Brunnstrom, Michael Martina et Andrea Shalal à Washington, Yew Lun Tian à Pékin, avec la contribution de Gabriel Crossley, Ryan Woo, Tony Munroe et Trevor Hunnicutt; version française Camille Raynaud, Matthieu Protard et Jean-Stéphane Brosse, édité par Blandine Hénault)

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