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Berlin cherche à prendre une participation dans KNDS-sources
information fournie par Reuters 17/02/2026 à 17:52

PHOTO DE DOSSIER : Présentation du nouveau char Leopard et de l'obusier PZH 2000 au KNDS

PHOTO DE DOSSIER : Présentation du nouveau char Leopard et de l'obusier PZH 2000 au KNDS

par Mathieu Rosemain et Alexander Hübner

L’Allemagne se prépare à prendre une participation minoritaire ‌dans le constructeur franco-allemand de chars KNDS, ont déclaré quatre personnes proches du dossier, dans le but de préserver son influence au sein du groupe en vue de ​son introduction en Bourse (IPO) d'un montant de 20 milliards d'euros prévue pour plus tard cette année.

Des délibérations sur l'achat d'au moins 25,1% de KNDS sont en cours, ont déclaré certaines de ces sources, ajoutant qu'il n'était pas clair si un tel accord serait conclu avant ou dans le cadre de l'introduction en bourse, qui selon ​l'une des sources, est actuellement prévue pour juin ou juillet.

Aucune décision n'a encore été prise, les partis au pouvoir en Allemagne n'étant pas encore parvenus à un accord sur cette question, a déclaré une deuxième personne, ​qui s'est exprimée sous couvert d'anonymat.

Une participation dans KNDS pourrait contribuer à empêcher toute ⁠dissolution éventuelle de la société et permettre éventuellement d'exercer une surveillance et une influence sur la production de chars et d'artillerie à une époque de ‌réarmement rapide.

LA DÉFENSE SUSCITE UN INTÉRÊT MAJEUR CHEZ LES INVESTISSEURS

Avec une valorisation de 20 milliards d'euros, l'introduction en bourse de KNDS pourrait devenir l'une des plus importantes en Europe cette année, dans un secteur qui suscite un intérêt massif de la part des ​investisseurs dans le cadre des efforts déployés par le continent pour ‌augmenter ses dépenses militaires.

Cette valorisation est inférieure à la capitalisation boursière de 74 milliards d'euros de Rheinmetall, le ⁠plus grand fabricant européen de munitions, mais nettement supérieure à celle d'une autre entreprise allemande du secteur de la défense, Renk, qui s'élève à 5,75 milliards.

Les valorisations ont été stimulées par la forte augmentation des dépenses militaires depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Outre la fourniture de munitions à Kiev, les ⁠gouvernements européens ont cherché à prendre ‌le contrôle de leur propre sécurité en réponse à la politique du président américain Donald Trump.

PROJET STRATÉGIQUE FRANCO-ALLEMAND

Jean-Paul Alary, directeur général ⁠de KNDS, a déclaré en septembre que la société avait engagé des discussions avec le gouvernement allemand au sujet de l'acquisition éventuelle d'une minorité de blocage.

Un porte-parole du ‌ministère allemand de la Défense a confirmé que les discussions se poursuivaient et qu'il était important de protéger les intérêts allemands. KNDS et ⁠le ministère français des Finances ont tous deux refusé de commenter.

KNDS est détenue à parts égales par le gouvernement ⁠français et la famille propriétaire de l'ancienne ‌société allemande Krauss-Maffei Wegmann (KMW), qui prévoit de vendre sa participation. KMW a fusionné avec la société française Nexter pour former KNDS.

Si Berlin achetait une participation, cela aiderait ​l'Allemagne à conserver son influence sur le groupe, qui représente un projet commun stratégique entre ‌les deux plus grandes économies de l'UE.

Le constructeur de chars a déclaré en décembre que l'introduction en bourse prévue à Paris et à Francfort soutiendrait sa stratégie de croissance à long terme, ​élargirait son accès aux marchés financiers et faciliterait de nouveaux investissements dans les capacités industrielles, la technologie et l'innovation.

Signe de l'importance des efforts de réarmement, le Parlement allemand a approuvé des mesures permettant de dépasser le plafond de 1% du PIB fixé pour les dépenses de défense, un mécanisme destiné à contourner les règles ⁠constitutionnelles en matière d'endettement.

Il a également cherché à s'assurer une influence dans d'autres entreprises nationales de défense, notamment le constructeur de sous-marins TKMS, où Berlin dispose d'un droit de veto sur les achats de participations et la nomination des membres du conseil de surveillance.

En raison de l'importance politique de ce secteur, la participation de l'État dans les entreprises de défense est depuis longtemps très répandue en Europe. Ainsi, Thales et Naval Group en France, Leonardo et Fincantieri en Italie, et Hensoldt en Allemagne comptent toutes des gouvernements parmi leurs actionnaires.

(Reportage Mathieu Rosemain and Alexander Huebner; avec la contribution d'Andreas Rinke et Markus Wacket; rédigé par Anousha Sakoui et Christoph ​Steitz; version française Etienne Breban, édité par Augustin Turpin)

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