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Believe continue d'y croire malgré le bémol de son introduction en bourse
information fournie par Boursorama26/07/2021 à 12:41

Fondée en 2005 par l'ancien directeur stratégique des activités numériques de Vivendi Universal aux Etats-Unis, l'entreprise se spécialise dans l'accompagnement d'artistes et la distribution musicale. (Crédit : Believe )

Fondée en 2005 par l'ancien directeur stratégique des activités numériques de Vivendi Universal aux Etats-Unis, l'entreprise se spécialise dans l'accompagnement d'artistes et la distribution musicale. (Crédit : Believe )

Le cours de l'entreprise Believe a chuté de 17,7% à la suite de son introduction en bourse. La société d'accompagnement d'artistes et de distribution de musique en ligne possède toutefois un modèle d'affaires compétitif. Selon son fondateur, le cours de l'entreprise devrait se relever lors de la publication des résultats du premier semestre le 15 septembre.

Jeudi 10 juin, 9h, Believe assure la première partie du spectacle à l'ouverture de la bourse de Paris. La mini major française vit son premier jour de cotation, que quelques fausses notes vont venir perturber. En à peine une heure, le titre perd 10% de sa valeur. Le prix d'introduction avait été fixé à 19,50 euros par action, valorisant la société à près de 2 milliards d'euros. Mais, en fin de journée, le titre s'échange à 16 euros, un niveau de cours matérialisant un repli de 17,7% par rapport au prix d'introduction. Un sacré couac...

«Ce qu'il s'est passé le premier jour de trading est simple : un hedge fund a placé un gros ordre de vente dès l'ouverture. Cela a fait chuter le cours et a déclenché le seuil de vente automatique à -5, -10, -15 %», raconte Denis Ladegaillerie, fondateur de la pépite musicale Believe, au journal Maddyness. Lundi 12 juillet, le titre s'échangeait aux alentours de 14 euros. Le 26 juillet, le titre remontait au-dessus des 16,30 euros, soutenu par de nombreuses recommandations de brokers étant "à l'achat". La capitalisation ressortait à 1,56 milliard d'euros.

Le fer de lance de la tech française

A bien des égards, l'opération fait office de baromètre pour le marché français. Du fait de sa capitalisation et de ses 440 millions d'euros de chiffre d'affaires, Believe représentait la plus grosse introduction en bourse à Euronext Paris depuis le début de l'année et la plus importante depuis la Française des Jeux fin 2019. Certes. Mais pas seulement.

Believe fait aussi office de fer de lance pour la tech française. Les introductions en Bourse des entreprises technologiques françaises s'étaient taries depuis l'éclatement de la bulle Internet en 2001. La dernière remontait à 2014 : il s'agissait de Worldline, société de moyens de paiements et filiale d'Atos. L'un des espoirs était que Believe fasse des émules dans le secteur de la tech, à l'instar de France Télécom en 1997, qui avait ouvert la voie à d'autres valeurs du secteur des TMT (technologies, médias et télécoms).

Denis Ladegaillerie en a conscience. Il rencontrera Cédric O, secrétaire d'Etat chargé du numérique, pour discuter « des problèmes identifiés afin que les futures introductions se fassent de manière beaucoup plus sereine », rapporte le journal Maddyness.

Label digital

Believe a pourtant de quoi plaire. Fondée en 2005 par l'ancien directeur stratégique des activités numériques de Vivendi Universal aux Etats-Unis, l'entreprise se spécialise dans l'accompagnement d'artistes et la distribution musicale. Mais la start-up se distingue en jouant une partition différente des majors traditionnelles : le digital.

Believe a un modèle d'affaires intrinsèquement lié aux plateformes de streaming. Elle permet aux artistes de téléverser – uploader – leurs morceaux dessus. En payant 9,99 euros par titre (ou 49,99 euros par album) par an à Believe, ils peuvent voir leurs réalisations postées sur Spotify, Deezer, Apple Music et autres… Lorsque les créateurs cessent les versements, les morceaux sont retirés. Les téléversements se font via la plateforme TuneCore, dont Believe est propriétaire. Le contenu publié génère des revenus, sur lesquels Believe prélève une marge. Ce service automatisé représente environ 10% du chiffre d'affaires du groupe, selon son document d'enregistrement universel.

Mais le gros des activités du Groupe reste l'accompagnement d'artistes expérimentés ou prometteurs. A la manière des maisons de disques traditionnelles, la mini major signe des artistes, qui confient au Groupe leur catalogue et leur promotion. Au détail près que Believe délaisse la distribution physique pour se concentrer sur la promotion digitale, sur les médias sociaux. Les revenus générés sont partagés entre l'artiste et le label digital. Plusieurs gros noms sont signés chez Believe, comme Vianney, PNL ou encore Jul. Ce segment d'activité représente environ 90% de ses revenus.

La technologie pour devancer les labels traditionnels

«La logique a changé. L'important n'est plus l'équipe de management mais de comprendre les algorithmes de Spotify ou TikTok», souligne Denis Ladegaillerie.

Le groupe gère plus de 320 millions de lignes de données par jour, qu'il analyse et restitue à ses artistes. Il en retire des informations cruciales pour optimiser leur mise en avant. « Djadja & Dinaz, qui étaient précédemment signés chez UMG, ont sorti leur dernier album chez nous, il y a six mois, et ont fait +60% de streams par rapport à avant », commente Denis Ladegaillerie. Avec ses technologies, Believe analyse l'ambiance d'une musique pour ensuite la placer dans les playlists les plus appropriées de chaque plateforme. Ces playlists sont aujourd'hui de véritables tremplins en matière d'exposition, pouvant faire émerger des artistes auparavant inconnus.

En réaction, les labels traditionnels se dotent aussi de services de distribution en ligne. Universal Music Group a par exemple lancé sa plateforme Spinnup en 2016. Les autres plateformes de distribution de musique en ligne, comme DistroKid ou iMusician, préfèrent rester indépendantes.

Niveau rentabilité, le label est dans la course. En 2019, Believe affichait un ratio de rentabilité global d'environ 12%, signifiant que pour 100 euros de chiffres d'affaires, 12 se transformaient en bénéfices nets. Sony, Warner et Universal – les trois grosses majors qui concentrent plus de 60% des parts du marché selon MIDia Research – affichaient respectivement 7%, 17,5% et 7,3%, d'après leur rapport financier. Mais il ne faut pas oublier que le chiffre d'affaires de Believe reste encore dix fois inférieur à celui de Warner, le plus petit des trois.

300 millions d'euros levés

Avec son entrée en Bourse, la mini major française a levé 300 millions d'euros. Cette somme va venir financer sa stratégie de croissance, qui repose fortement sur la croissance externe. Le Groupe revendique 18 acquisitions ces six dernières années ; tantôt des labels, tantôt des entreprises ayant une technologie innovante.

En 2015, après avoir levé 60 millions d'euros, c'est TuneCore qui était ainsi passé sous le giron de la pépite française. La plateforme indépendante est leader aux Etats-Unis dans la distribution numérique de musique. C'est ce rachat qui a propulsé Believe au rang de numéro un mondial dans le partage de musique en ligne.

«Beaucoup d'acteurs se créent, et nous souhaitons faire 100 millions d'euros d'acquisitions par an», confie Denis Ladegaillerie à Maddyness. Believe rachète des entreprises pour grandir, attirer de nouveaux talents et concurrencer les grosses majors. En 2020, le Groupe n'a réalisé qu'une acquisition, faute de liquidités. Avec cette levée de fond, le président du label compte bien rajouter des cordes à son arc en «en concluant un certain nombre cette année». De quoi donner le "la" pour les années à venir.

Auguste Grignon Dumoulin (media@boursorama.fr)

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