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Banques centrales : éclipse totale à Jackson Hole
Le Cercle des analystes indépendants18/08/2017 à 11:00

Banques centrales : éclipse totale à Jackson Hole

Traditionnellement rythmée par le calendrier des comités de politique monétaire des banques centrales, la vie des marchés financiers doit maintenant compter avec leurs symposia annuels. Fin juin, la quatrième édition de celui de la BCE, au Portugal, a laissé des traces dont les investisseurs se souviennent. En évoquant la possibilité d’une diminution plus rapide que prévu de son soutien monétaire, le président de la BCE a provoqué une mini bourrasque sur les marchés, à l’origine, malgré les précisions et rectifications apportées dès le lendemain, d’un net repli de l’Euro Stoxx 50 dans les jours qui suivirent, de plus d’un doublement des taux d’intérêt à 10 ans allemands de 0,25% la veille du symposium à 0,59% deux semaines plus tard, et d’une nette accélération de la hausse du cours de la devise européenne que les développements de l’été n’ont cessé de renforcer par la suite, l’euro flirtant avec 1,19 dollar le 3 août, un plus-haut depuis janvier 2015 avant que la BCE n’initie sa politique de quantitative easing.

Banques centrales : éclipse totale à Jackson Hole

La semaine prochaine se tiendra aux Etats-Unis, le symposium de Jackson Hole. Au menu de cette quarantième édition, le thème central, «Favoriser une économie mondiale dynamique» autour duquel porteront les débats et échanges, passionne moins que ce que les banquiers centraux pourraient délivrer sur l’orientation de leur politique monétaire pour les prochains mois.

Pas sûr, pour autant, que ces derniers se montrent particulièrement prolixes en la matière… Car si la situation économique mondiale semble incontestablement plus encourageante aujourd’hui qu’elle ne l’a été ces trois dernières années, sortir du guêpier dans lequel les politiques de quantitative easing, bien que nécessaires, les ont embourbées, est un exercice des plus périlleux que le seul relevé des baromètres d’activité économique ne peut assurément pas garantir.

La croissance, c’est un fait, s’est partout ressaisie au deuxième trimestre, soutenue tout à la fois par de meilleurs résultats en Asie, aux Etats-Unis, en Europe, y compris Royaume-Uni malgré les tensions inhérentes aux développements autour du Brexit.

Banques centrales : éclipse totale à Jackson Hole

Si les consommateurs ont le plus souvent trainé des pieds, sous le coup d’un ralentissement généralisé des gains de pouvoir d’achat, les entreprises ont, elles, repris le chemin de l’investissement et de l’emploi, ce qui contribue à l’amélioration des perspectives de croissance future et laisse espérer une reprise plus nette des échanges mondiaux. En d’autres termes, l’horizon conjoncturel se dégage, enfin.

Manque toutefois à ce panorama, trois éléments pour donner aux banques centrales la latitude dont elles auraient besoin pour s’engager vers une plus franche réduction de leur soutien monétaire à l’économie :

1- La certitude que l’absence d’inflation n’est qu’un problème temporaire plutôt que le révélateur de dysfonctionnements plus profonds à l’égard desquels les banquiers centraux devraient être particulièrement vigilants ;

2- L’assurance que les risques politiques sont bel et bien derrière nous ;

3- Celle, enfin, que marchés d’actifs dont les valorisations atteignent souvent des records soient capables de faire face à un changement d’envergure des politiques monétaires, en d’autres termes que les prix soient bien le reflet des fondamentaux économiques plutôt que celui d’un environnement monétaire historiquement accommodant…

La tâche est, on le voit, des plus ardues.

S’agissant de l’inflation, le diagnostic s’est plutôt aggravé cet été. En juin, l’inflation mondiale ne dépassait pas 2,7%, un plus bas depuis deux ans dans le sillage d’un repli dorénavant mondial concernant une proportion de plus en plus large d’économies, y compris une grande majorité de pays émergents pour lesquels les standards d’inflation n’ont plus grand-chose à voir avec le passé : 1,4% en Chine, 2,4% en Inde, 2% au Brésil, moins de 4% en Russie et en Indonésie…

Il n'y aura pas que le soleil qui s'éclipse à Jackson Hole, selon Véroniques Riches-Flores, les banquiers centraux pourraient être eux être tentés d'éclipser les sujets importants. Ici, Janet Yellen, présidente de la Fed (crédit : Federal Reserve)

À 1,7% en juillet aux Etats-Unis, la hausse annuelle des prix à la consommation hors énergie et alimentation reflète une situation dans laquelle, hormis les loyers, aucune des composantes cycliques de l’indice national ne parvient à progresser plus rapidement qu’au cours des cinq dernières années ; un constat semblable dans le cas de la zone euro où l’inflation sous-jacente ne dépassait pas 1,1% en juillet.

   A lire aussi : mais où est passée l'inflation ?

Difficile de trouver dans ces données de quoi valider le scénario intuitif selon lequel un approfondissement de la meilleure tenue de la conjoncture internationale, à confirmer dans la durée, aboutirait forcément à une remontée de l’inflation.

S’agissant de l’environnement politique, les semaines récentes ont remis sur le devant de la scène un risque passé au second plan des préoccupations de ces derniers mois : celui de l’imprévisibilité d’un président américain dont les agissements désordonnés et provocateurs à l’égard tant du reste du monde que de ses propres troupes constituent un risque récurrent aux rebondissements de jour en jour plus déstabilisants ces dernières semaines. En d’autres termes, si le risque politique européen semble avoir cédé du terrain après les élections françaises, les menaces que font peser les positions de Donald Trump sur l’environnement géopolitique et financier international l’ont largement remplacé.

S’agissant, enfin, de la capacité des marchés financiers à absorber un changement de cap monétaire d’envergure, avouons qu’il est bien difficile de trouver sur le front économique de quoi justifier les valorisations en place, en dehors du très bas niveau des taux d’intérêt et des injections massives de liquidités par les banques centrales (plus de 10.000 milliards de dollars cumulés depuis 2008 s’agissant de la Fed, la BCE et la BoJ, soit plus du quart du PIB des trois blocs confondus). En donnant le sentiment de préparer un retrait un tant soit peu coordonné de leur soutien, les banques centrales prendraient un risque qu’il vaudrait assurément mieux qu’elles évitent.

Après l’éclipse de soleil prévue sur Jackson Hole le 21 août, les risques/chances que les banquiers centraux concentrent l’essentiel de leur communication au sujet central de ce symposium, à savoir une réflexion sur les moyens de "Favoriser une économie mondiale" dynamique plutôt qu’à des prises de positions fermes sur l’orientation immédiate de leur politique monétaire, semble dès lors assez important. En somme les banquiers centraux joueraient eux aussi l’éclipse…

Véronique Riches-Flores, économiste indépendante RF Research
membre du Cercle des analystes indépendants

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