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Au Vatican, une banque atypique entre Foi et finance
information fournie par Zonebourse 21/04/2026 à 15:31

Officiellement appelée Institut pour les oeuvres de religion (IOR), l'établissement se distingue par un fonctionnement atypique, loin des standards bancaires traditionnels. Fondée en 1942 par le pape Pie XII, elle n'accueille pas de clients particuliers et ne poursuit pas de logique commerciale. Sa mission est avant tout de gérer les fonds de l'Église catholique - diocèses, ordres religieux et institutions du Saint-Siège - afin de financer des activités religieuses et caritatives.

Installée au coeur de la Cité du Vatican, Etat souverain, l'institution bénéficie d'un statut singulier qui la place en partie en dehors des cadres réglementaires classiques. Cette spécificité a longtemps nourri les critiques sur son manque de transparence, d'autant que son histoire est jalonnée de scandales. Dans les années 1970 et 1980, l'affaire de la Banco Ambrosiano marque un tournant : la faillite de la banque italienne en 1982, suivie de la mort inexpliquée de son dirigeant Roberto Calvi, met en lumière des liens troubles avec l'IOR et entache durablement sa réputation.

Après des décennies d'opacité, un virage s'amorce à partir de 2010. Le Vatican engage un vaste chantier de réformes destiné à renforcer la lutte contre le blanchiment et à améliorer la supervision financière. La création d'une autorité de régulation interne et le développement de la coopération avec les instances internationales marquent cette inflexion. L'arrivée du pape François en 2013 accélère le mouvement : audits externes, fermeture de comptes non conformes et volonté de moralisation traduisent une rupture avec les pratiques passées.

Entre 2014 et 2020, l'IOR poursuit son assainissement, réduit le nombre de comptes et améliore progressivement la transparence de ses activités. Cette transformation s'accompagne de résultats financiers solides.

Le rapport annuel 2024 de l'IOR fait état d'un bénéfice net de 32,8 MEUR, en hausse de 7% par rapport à 2023, ainsi que du versement de 13,8 MEUR de dividendes destinés à des oeuvres caritatives.

Dans ce contexte de normalisation, l'institution investit désormais un terrain résolument contemporain avec le lancement de deux ETF thématiques, l'un exposé aux actions américaines, l'autre à la zone euro. L'ambition affichée est de concilier les mécanismes de la finance de marché avec les principes de la doctrine catholique.

Dans la cour des ETF

Baptisés Morningstar IOR US Catholic Principles et Morningstar IOR Eurozone Catholic Principles, ces indices regroupent chacun 50 entreprises de moyenne et grande capitalisation, sélectionnées selon des critères éthiques inspirés de la doctrine sociale de l'Église. Présentés comme conformes aux standards du marché tout en respectant des exigences morales spécifiques, ils visent à s'imposer comme des références pour l'investissement catholique à l'échelle mondiale. Concrètement, il s'agit de constituer des portefeuilles actions dits "vertueux", en excluant les secteurs jugés incompatibles avec cet enseignement, tels que l'avortement, l'armement ou certaines énergies fossiles.

Dans l'ETF dédié à la zone euro, les principales pondérations incluent notamment ASML dans les semi-conducteurs, Deutsche Telekom, SAP, Banco Santander ou encore LVMH.

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