Le paquet de mesures annoncé par la Commission européenne ne convainc pas Emanuele Cappellano, qui juge que les aménagements ne règlent pas les problèmes de court terme.
( AFP / MARCO BERTORELLO )
La décision de la Commission européenne d'assouplir l'interdiction des ventes de voitures thermiques "n'aura aucun impact" sur les obligations des constructeurs "ni sur le court terme ni pour 2035", a affirmé Emanuele Cappellano, PDG de Stellantis Europe, au quotidien Libération mardi. "Il y a eu une énorme convergence" dans la position de "l'industrie automobile, y compris les équipementiers. Et nous demandions, par rapport à 2035, de la flexibilité pour aborder les problèmes à court terme, notamment pour les véhicules utilitaires légers, mais aussi en termes de technologie pour décarboner. Or tout ce qui a été annoncé en décembre n'aura aucun impact, ni sur le court terme ni pour 2035", a déclaré le responsable, de passage au salon de l'automobile de Bruxelles.
En revanche, Stellantis (marques Peugeot, Opel, Fiat...) espère beaucoup des prochaines annonces de Bruxelles sur un minimum de contenu européen requis pour les aides aux voitures électriques, attendues fin janvier.
"La filière batteries a par exemple besoin de temps pour être développée. Donc nous devrions essayer d'établir des règles qui disent: dans trois ans, à partir de maintenant, vous devez assembler en Europe; dans cinq ans, y ajouter une partie de la production. Et dans dix ans, vous devrez être totalement autonomes en termes de batteries produites en Europe. Même chose pour les semi-conducteurs", a détaillé M. Cappellano. "Sinon, de combien les prix des voitures vont augmenter? Et 'local' doit être 'européen' car il n'y a pas d'échelle nationale pour supporter ça", a-t-il conclu.
Quel "traitement préférentiel" pour la production européenne?
Lors de ses annonces du 16 décembre, la Commission a introduit un principe de traitement préférentiel pour les véhicules ayant un contenu local européen, encore à préciser. Un principe défendu surtout par la France. La Commission européenne veut ainsi favoriser les équipementiers, fournisseurs et sous-traitants européens en instaurant une "préférence européenne" dans l'automobile, c'est-à-dire des obligations de contenus locaux dans les chaînes de production des industriels bénéficiant de financements publics. Un texte baptisé "accélérateur industriel", attendu pour fin janvier, devrait inclure des mesures en ce sens.
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