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L'IA générative pourrait apporter $7.300 mds de valeur par
an à
l'économie
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Les entreprises doivent adapter leur modèle
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Les entreprises jugées menacées par l'IA souffrent en
Bourse
par Danilo Masoni et Lucy Raitano
MILAN, 26 juin (Reuters) - L'adoption rapide de
l'intelligence artificielle (IA) générative a soutenu les
marchés d'actions cette année, mais après l'euphorie initiale,
les investisseurs commencent à prendre conscience de
l’importance d’être sélectif.
Les gérants dissèquent désormais des entreprises allant des
services informatiques aux médias, en passant par le conseil ou
l’éducation, pour comprendre quel impact l’IA pourrait avoir sur
les modèles économiques.
A grande échelle, la rentabilité devrait profiter de
l’adoption de la technologie, mais les analystes insistent
qu’au-delà des gagnants évidents, comme Nvidia NVDA.O ou
d’autres fabricants de puces, des entreprises pourraient aussi y
perdre.
Selon McKinsey, l'IA générative pourrait ajouter 7.300
milliards de dollars (6.701,44 milliards d’euros) de valeur à
l'économie mondiale chaque année, tandis que la moitié des
tâches professionnelles pourraient être automatisées entre 2030
et 2060.
Cela implique pour autant que les entreprises devront faire
face à des licenciements importants et pourraient revoir en
profondeur leurs modèles économiques, si elles veulent réaliser
pleinement le potentiel de l'IA.
"Il n'est pas acquis que l'IA n'aura qu'un impact positif :
elle pourrait avoir un effet déflationniste", explique Gilles
Guibout, responsable des actions européennes chez AXA IM.
Dans certains cas, les clients pourraient négocier des
baisses de prix, tandis que les nouveaux arrivants, aux équipes
moins nombreuses, pourraient éroder la part de marché des
acteurs existants occupés à redéfinir leurs processus, précise
le responsable.
Cela pourrait réduire la croissance des ventes et peser sur
les cours de Bourse, en particulier pour les entreprises
confrontées à une forte concurrence ou dont la croissance dépend
des effectifs.
"Ainsi, les services informatiques : s’il ne faut plus cent
personnes, mais la moitié ou le tiers pour rédiger du code, les
clients demanderont des prix plus bas", détaille Gilles Guibout.
La dernière enquête de Bank of America, réalisée en juin,
montre que 29% des investisseurs mondiaux ne s'attendent pas à
ce que l'IA profite aux bénéfices ou aux emplois, tandis que 40%
des investisseurs pensent l’inverse.
L'IA N'EST PAS TOUJOURS "BONNE"
Les inquiétudes concernant l'IA sont déjà manifestes sur les
marchés.
L’entreprise française Teleperformance TEPRF.PA et la
société américaine Taskus TASK.O , qui gèrent des centres
d'appels et d'autres services considérés comme susceptibles
d'être remplacés par des robots, ont par exemple toutes deux
perdu environ 30% cette année.
Dans le secteur de l'éducation, l'entreprise britannique
Pearson PSON.L a chuté de 15% sur une journée en mai après que
son homologue américain Chegg CHGG.N , qui a plongé de 62%
cette année, a déclaré que l'intérêt des étudiants pour le robot
conversationnel ChatGPT freinait la croissance de sa clientèle.
Quelques jours plus tard, Pearson a organisé une conférence
téléphonique pour expliquer sa stratégie en matière d'IA, signe
de l'intérêt croissant des investisseurs pour une analyse plus
approfondie de la manière dont les entreprises gèrent cette
transition.
Teleperformance, qui emploie 410.000 personnes dans 170
pays, a centré sa journée investisseurs de mercredi sur l'IA.
Certains analystes estiment que la chute des cours a été
excessive dans certains cas, exagérant les inquiétudes
concernant la croissance des bénéfices.
"Il y a eu beaucoup d’attention accordée aux risques de l’IA
générative, mais ils semblent en fin de compte un peu exagérés",
juge Thomas McGarrity, responsable des actions chez RBC Wealth
Management.
Le responsable semble confiant quant à la capacité de
certains fournisseurs de données, qui disposent de données
exclusives, à intégrer l'IA générative dans leurs produits.
D'autres analystes, en revanche, restent prudents, affirmant
que l'adoption rapide d'offres moins chères alimentées par l'IA
pourrait ralentir la croissance dès que les carnets de commandes
plus traditionnels auront été épuisés.
Andrea Scauri, gestionnaire de portefeuille chez Lemanik,
explique que l'incertitude concernant l'IA l'a dissuadé
d'investir dans certains groupes de services informatiques,
malgré des valorisations attrayantes.
En revanche, Andrea Scauri estime que de grands groupes,
comme Accenture ACN , sont mieux équipés pour gérer la
transition et déployer les dépenses d'investissement
nécessaires.
Accenture a dévoilé un plan d'investissement de 3 milliards
de dollars dédiés à l’IA ce mois-ci, trois mois après avoir
annoncé 19.000 licenciements, soit environ 2,5% de ses
effectifs.
Son cours de Bourse a augmenté de 19% cette année tandis que
celui de son homologue français Capgemini CAPP.PA a progressé
de 13%.
Les entreprises comme Relx REL.L , qui traitent des
informations réglementées, sont également considérées comme
moins exposées aux vents contraires potentiels de l'IA.
Cristina Matti, gestionnaire de portefeuille de petites et
moyennes capitalisations chez Amundi, estime qu’investir sans
discernement n’est pas une option pour les investisseurs
cherchant à s'exposer à l'IA.
"Il ne faut pas acheter juste pour le plaisir d'être exposé
: il faut faire son travail d’investisseur", conclut-elle.
(Reportage Danilo Masoni, Lucy Raitano, version française
Corentin Chappron, édité par Blandine Hénault)
Après l'euphorie, les investisseurs commencent à être sélectifs sur l'IA
information fournie par Reuters 26/06/2023 à 08:00
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