Port Jerome Site and Cryocap Air liquide (crédit photo : crédit photo Air liquide )
Le 3 juillet 2026
Après avoir tremblé pour le Moyen Orient, le prix du pétrole, le détroit d'Ormuz et l'inflation, retour aux fondamentaux. Les derniers mois nous ont appris que les grands raisonnements macroéconomiques et les longs discours sur le thème de la géopolitique ne mènent à rien dès lors qu'il est question de savoir dans quel panier il convient de placer ses économies. C'était justement lorsque les bombes tombaient de toutes parts et que les experts se relayaient sur les plateaux de télévision pour nous annoncer la fin du monde que les marchés financiers ont explosé tous les compteurs à la hausse. Il nous suffit aujourd'hui de savoir que le pétrole poursuit sa décrue et que l'inflation commence à refluer pour reprendre notre activité préférée consistant à rechercher les valeurs les mieux placées assurer la meilleure valorisation de nos portefeuilles.
Cette semaine, pas de valeurs « de derrière les fagots », mais un retour vers les piliers de la cote française que nous avions vendus dès l'arrivée de l'armada américaine au large des côtes iraniennes. La première concerne l'achat, ce mercredi, de 250 actions Air Liquide qui retrouvent leur place de première valeur de notre portefeuille Défensif. Le champion français des gaz industriels, gros consommateur d'énergie et de matières premières (notamment de pétrole), a souffert du conflit récent en raison du renchérissement de ses coûts d'approvisionnement qui risquaient de peser sur ses marges. La baisse du dollar a également un impact défavorable, qu'on a pu mesurer avec l'annonce d'un recul de 3,5% des revenus du premier trimestre. Cet accident de parcours ne remet nullement en cause la dynamique de croissance du groupe et sa capacité à enrichir ses actionnaires sur le long terme. Lors de la publication de ses résultats trimestriels, la direction du groupe a indiqué qu'elle était confiante dans sa capacité à faire progresser sa marge opérationnelle de 100 points de base en 2026 et 2027, avec un profit net récurrent en progression. La baisse récente du prix du baril renforce ces objectifs, verdict le 28 juillet jour de la publication des résultats semestriels.
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Airbus, une autre valeur ayant été très attaquée pendant toute la période du conflit au Moyen-Orient, fait également son retour dans le portefeuille Offensif avec 100 actions acquises cette semaine. Les craintes des voir les ventes s'effondrer en lien avec la hausse du prix du kérozène ont été balayées par un afflux de commandes en mai et juin, avec en ligne de mire 860 appareils livrés en 2026, contre 840 l'année précédente. Le géant européen de l'aéronautique est porté par un marché en forte croissance qui pourrait doubler dans les 20 années à venir. Les compagnies aériennes qui avaient levé le pied sur les commandes pendant la pandémie du Covid cherchent aujourd'hui à rattraper le temps perdu pour moderniser leur flotte, avec des aéronefs moins gourmands en carburant. Le carnet de commandes est plein jusqu'en 2035 et la trésorerie du groupe positive nette de dettes est en constante progression. L'action
Airbus
surperforme le CAC 40, avec un multiple de 3 fois la performance, sur cinq et dix ans, ce qui la place dans le peloton de tête des valeurs les plus performantes de la Bourse de Paris. Les principaux sujets de préoccupation concernent la chaîne d'approvisionnement qui a révélé des faiblesses avec des sous-traitants ayant rencontré des difficultés à suivre les rythmes des commandes. Aujourd'hui, les principaux goulets d'étranglement, notamment dans le domaine des moteurs, sont résorbés.
Le manque de visibilité dont nous disposons sur l'évolution des données économiques globales, couplé à une instabilité géopolitique qui tend à se généraliser, incite les investisseurs concentrer leur attention sur les sociétés les plus résilientes, portées par une forte dynamique de croissance. Des entreprises, comme Air Liquide et Airbus, répondent parfaitement bien à ce profil. Le recul graduel de l'inflation, qui éloigne la menace de la mise en place d'un nouveau train de hausse des taux directeurs de part et d'autre de l'Atlantique, milite pour un retour en force du placement en actions dans les allocations d'actifs. Surtout si les prévisions de progression des bénéfices des sociétés cotées restent aux niveaux actuels. Les profits des sociétés du S&P 500 sont attendus en hausse de 24% cette année et ceux des sociétés de l'Eurostoxx 600 devraient progresser de 15%. Dans la zone euro, les anticipations de profits sont moins élevées, mais elles sont suffisantes pour rassurer les investisseurs sur la solidité du cycle de croissance des bénéfices.
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Les performances de nos différents portefeuilles sur le semestre écoulé sont globalement satisfaisantes. Même si le portefeuille Offensif a un peu perdu de sa superbe ces dernières semaines, il conserve une belle avance, avec un gain de 27% depuis le début de l'année, comparé à une progression de 4% du CAC 40. La correction intervenue cette semaine sur les valeurs technologiques américaines, en raison du niveau jugé trop élevé de leurs valorisations et de la montée en puissance de concurrents asiatiques (chinois notamment) dans le secteur des semi-conducteurs, a pesé sur la performance de notre portefeuille Offensif. L'impact de cette baisse a cependant été limité par les prises de bénéfices auxquelles nous avons procédé début juin. Une partie importante de nos positions prises sur Soitec, STMicroelectronics, ASML Holding aux Pays-Bas et même sur Aixtron en Allemagne a en effet été vendue le 5 juin. Sur le moment, ces désengagements ont pu paraître trop précipités. En réalité, comme nous l'avons indiqué dans notre dernier point mensuel sur notre portefeuille de Valeurs US, le « money management » constitue un élément essentiel de la gestion d'un portefeuille boursier. Toutes ces positions affichaient alors des plus-values potentielles à trois chiffres, il fallait en réaliser une bonne partie sous peine de les voir s'envoler à la moindre correction. C'est exactement ce que nous avons fait. Cet acte de bonne gestion aurait été tout aussi justifié, même si les cours avaient continué de progresser. Notre portefeuille Offensif se trouve aujourd'hui plus équilibré et plus diversifié qu'auparavant.
Le Défensif, plus tourné vers des valeurs traditionnelles sélectionnées pour la visibilité dont nous disposons sur leur modèle de développement, n'égale pas les performances du précédent, mais il continue lui aussi de surperformer le CAC 40 avec un gain de 6,8% depuis le 1er janvier. Notre sélection d'ETF Monde suit à peu près le même parcours, avec une performance équivalente. Ce portefeuille, essentiellement composé de trackers Amundi donnant accès aux détenteurs de PEA à presque toutes les places financières mondiales, se révèle parfaitement bien diversifié entre l'Europe, les Etats-Unis et l'Asie. Sur cette dernière région, nous nous félicitons du renforcement de nos positions sur la Bourse japonaise, mais la Chine peine à repartir de l'avant. Nous suivons de près l'évolution des valeurs technologiques cotées sur le Nasdaq. La semaine prochaine sera déterminante. Elle permettra de savoir s'il s'agit d'une consolidation passagère, comme Wall Street en a connu plusieurs ces derniers temps, ou si le regain de volatilité observé sur les valeurs de la tech américaine nécessite de prendre quelques distances à titre conservateur. En ajoutant l'ensemble des positions prises sur les ETF Amundi Nasdaq 100 et S&P 500, ainsi que l'iShares MSCI World, représenté aux deux tiers par des valeurs américaines, Wall Street constitue de loin la part la plus importante du portefeuille.
Bonne lecture et bon week-end à tous,
Roland Laskine
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