PHOTO DE FICHIER : Walsh, directeur général de l'IATA, pose pour un portrait après une interview avec Reuters à Genève
par Joe Brock
La flambée des prix du kérosène alimentée par le conflit au Moyen-Orient risque de pousser davantage de compagnies aériennes à la faillite et d'accélérer la consolidation du secteur cette année et en 2027, a déclaré samedi Willie Walsh, directeur général de l'Association du transport aérien international (IATA).
Les compagnies aériennes sont confrontées à une hausse des coûts du carburant due à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, qui perturbe l'approvisionnement en kérosène et le passage par des couloirs aériens clés, imposant des détours coûteux.
Les compagnies à bas coûts ont été parmi les plus durement touchées, car elles ne disposent pas de sources de revenus à forte marge telles que les cabines premium, les voyageurs fortunés et les programmes de fidélité par carte de crédit.
Les tensions se font déjà sentir : la compagnie américaine low-cost Spirit Airlines a fait faillite le mois dernier et ce ne sera pas la dernière, selon Willie Walsh.
"Malheureusement, je pense que certaines compagnies aériennes auront beaucoup de mal à faire face à ce prix élevé du carburant", a-t-il dit à Reuters lors du sommet annuel de l'IATA, organisé à Rio de Janeiro.
Certaines compagnies aériennes feront faillite et d'autres seront rachetées par des transporteurs de plus grande taille, a-t-il estimé.
Le contexte actuel, a cependant ajouté Willie Walsh, ne signifie pas pour autant la fin du modèle des compagnies aériennes à bas coût qui continue de prospérer en dehors des États-Unis, où les trois grands transporteurs, United Airlines, Delta Air Lines et American Airlines, évincent leurs concurrents low-cost.
LE MODÈLE LOW-COST VA PERDURER, SELON WALSH
"Je ne pense pas que le modèle low-cost soit défaillant, bien au contraire", a-t-il déclaré, citant en exemple les solides résultats de Ryanair en Europe.
La proposition audacieuse du directeur général de United Airlines, Scott Kirby, de racheter le rival de toujours American Airlines et de créer ainsi un géant du secteur aux Etats-Unis ne devrait en revanche pas se concrétiser, selon le patron de l'IATA.
"Je ne pense pas que cela se produira. Je pense que les obstacles réglementaires seraient très importants. Je ne sais pas s'il s'agissait d'une véritable tentative de consolidation ou si Scott cherchait simplement à faire parler de lui dans les médias."
Le conflit avec l'Iran a bouleversé les flux de trafic via les hubs du Moyen-Orient tels que Dubaï, Doha et Abou Dhabi, créant des défis majeurs pour les transporteurs du Golfe, notamment Emirates, Qatar Airways et Etihad.
Selon Willie Walsh, le conflit ne devrait toutefois pas remettre en cause le rôle de plaque tournante du Golfe compte tenu de son importance géographique stratégique et de la valeur de ses compagnies aériennes, très prisées, qui représentent 14% de la capacité mondiale.
"Cette capacité ne peut pas être remplacée par des compagnies aériennes d'autres régions du monde", a-t-il jugé.
"Une fois que la situation se sera calmée, je m'attends à ce que les transporteurs du Golfe retrouvent leur position importante sur le marché."
(Reportage de Joe Brock, version française Benjamin Mallet)

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