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À quoi peut-on s’attendre avec Kevin Warsh, le futur président de la Fed ?
information fournie par TRIBUNE LIBRE 18/05/2026 à 11:12

Kevin Warsh, candidat du président Donald Trump à la tête de la Réserve fédérale, lors de son audition devant la commission bancaire du Sénat. (Kojiro Sekine / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP).

Kevin Warsh, candidat du président Donald Trump à la tête de la Réserve fédérale, lors de son audition devant la commission bancaire du Sénat. (Kojiro Sekine / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP).

Par Michaela Huber, Senior Cross-Asset Strategist, Multi Asset Boutique, Vontobel


Après huit années à la tête de la Réserve fédérale, le mandat de Jerome Powell a pris fin le 15 mai. Cette transition ouvre une nouvelle ère pour la banque centrale, alors que Kevin Warsh s'apprête à en prendre les commandes.

Warsh a clairement affiché sa volonté de s'éloigner de l'approche traditionnelle fondée sur le consensus pour adopter un modèle davantage axé sur le débat. Lors de son audition de confirmation au Sénat fin avril, il a appelé à une «bonne dispute de famille» autour de la table des décideurs de la Fed, laissant entendre qu'il accorde une grande importance aux échanges vigoureux et à la diversité des points de vue.

Warsh a également indiqué sans ambiguïté qu'il était un fervent critique de la forward guidance, estimant qu'elle enfermait la Fed dans des trajectoires préétablies et réduisait sa capacité à réagir aux données en temps réel. Cette approche pourrait conduire à une Fed plus dynamique — et peut-être plus imprévisible.

Warsh arrive à ce poste avec une vision relativement optimiste de la situation actuelle. Il a récemment déclaré : «Je pense que, dans l'ensemble, l'économie fonctionne proche du plein emploi (…) si les Américains qui souhaitent travailler peuvent trouver un emploi, alors, selon les critères de la Fed, nous sommes au plein emploi.»

Concernant la stabilité des prix, Warsh a soutenu qu'un boom de productivité porté par l'intelligence artificielle pourrait avoir un effet désinflationniste, donnant ainsi à la Fed une marge de manœuvre pour réduire les taux d'intérêt. Il a également exprimé une préférence pour les mesures d'inflation en moyenne tronquée (trimmed mean), qui excluent les variations de prix les plus volatiles afin de mieux refléter les tendances de fond. À noter que l'indicateur trimmed mean de la Fed de Dallas s'élevait à 2,4% en mars, confortant l'idée que l'inflation reste contenue selon cette mesure.

Cela dit, il convient également de noter que Warsh n'a pas réaffirmé son précédent soutien à des baisses de taux immédiates, une position qu'il défendait lorsque le président Trump envisageait encore sa nomination. Toutefois, interrogé par un journaliste sur l'idée d'abaisser les taux à 1% d'ici la fin de l'année — une position fortement défendue par Trump — Warsh ne s'y est pas opposé. Bien qu'un taux aussi bas soit généralement associé à des conditions récessionnistes, cette neutralité pourrait signaler une ouverture à des mesures de politique monétaire non conventionnelles si les circonstances l'exigeaient.

Un domaine dans lequel Warsh diverge de nombreux responsables actuels de la Fed est sa conviction que les discussions sur les taux d'intérêt doivent être étroitement liées à celles sur le bilan de la Fed. Selon lui, «ces outils devraient fonctionner de concert plutôt qu'en opposition».

Cette approche intégrée pourrait conduire à de nouvelles stratégies dans la gestion simultanée des taux d'intérêt et des actifs détenus par la banque centrale.

Une fois en poste, le futur président de la Fed pourrait bien obtenir la «dispute de famille» qu'il appelait de ses vœux. La politique monétaire n'est pas définie par le seul président, mais par les 12 membres votants du FOMC — et Warsh prend les rênes d'un comité déjà fracturé selon des lignes de division bien visibles. L'intention de Jerome Powell de rester au Board après avoir quitté la présidence ne fait que renforcer cette contrainte. Si Warsh veut imposer des changements, il devra maîtriser l'art de construire des consensus au sein d'un comité méfiant à l'égard de tout signe — ou même de toute perception — d'un assouplissement «politisé».

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