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2023, une année à oublier pour les professionnels des fusions et acquisitions
information fournie par Boursorama avec AFP 15/12/2023 à 09:17

L'année 2023 a été particulièrement difficile pour les banques d'affaires actives sur le marché des fusions et acquisitions, faute d'opérations à se mettre sous la dent.

( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / MICHAEL M. SANTIAGO )

( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / MICHAEL M. SANTIAGO )

Le patron de la banque américaine JP Morgan à Paris, Kyril Courboin, évoque une année "calme"; un de ses concurrents directs parle lui d'un millésime 2023 "très mauvais".

"C'est une année très dure (...) avec un volume très faible de transactions", abonde auprès de l'AFP Franck Portais, qui dirige le bureau français de la banque Alantra, dont le siège est à Madrid.

Le spécialiste des données financières Refinitiv traduit en chiffres le sentiment largement partagé: le montant cumulé des opérations a chuté de 21% dans le monde cette année par rapport à 2022 - avec les dernières données arrêtées à fin novembre -, pour atteindre un point bas depuis dix ans.

La France n'est pas épargnée et le coup d'arrêt est net sur le "large cap", les opérations à plus d'un milliard d'euros.

Les spécialistes de ce segment, comme Lazard, souffrent particulièrement: la banque d'affaires franco-américaine a enregistré une perte nette de 139 millions de dollars entre janvier et septembre, et se déleste de 10% de ses effectifs.

- "Très créatifs" -

Pourquoi un tel blocage? D'un côté, les acheteurs, se finançant plus cher depuis les hausses de taux amorcées par les banques centrales, se font moins nombreux.

De l'autre, les vendeurs ont parfois du mal à accepter une baisse de prix de leurs actifs, dont la perspective de croissance à moyen et long terme s'est assombrie dans un contexte économique morose.

"Il y a une chose que le +M&A+ (le marché des fusions-acquisitions, ndlr) déteste c'est l'incertitude", souligne un banquier d'affaires. Or, cette année "on a eu droit des histoires d'inflation, de taux d'intérêt, de géopolitique, avec un impact direct et évident sur le marché", dit-il.

Sous pression, le secteur est en voie de consolidation, à l'avantage des plus gros: le japonais Mizuho s'est ainsi emparé de l'américain Greenhill, et l'italien Mediobanca est en train de s'offrir la boutique tech londonienne Arma Partners.

Le contexte contraint aussi les banques d'affaires à être plus inventives. "On a été très créatifs cette année pour essayer de faire des opérations qui contournaient toutes les difficultés structurelles et la frilosité des investisseurs", témoigne un banquier parisien.

Plutôt que de vendre à prix cassé, certaines sociétés de capital-investissement préfèrent par exemple conserver plus longtemps leurs participations en les transférant dans un fonds successeur, appelé fonds de continuation.

- La taille compte -

Les grands groupes se font eux aussi rares à l'achat, hormis quelques exceptions, comme des annonces d'acquisitions tactiques à l'étranger dans la défense (Thales, Safran) ou le luxe (Kering), ou encore le rachat des activités de logistique internationale de Bolloré par CMA-CGM, qui devrait être finalisée au premier trimestre 2024.

Les prix sont déjà à un point bas depuis 2018 sur le segment de marché juste en-dessous, les entreprises de taille moyenne (ETI) valorisées entre 15 et 500 millions d'euros, d'après l'indice calculé tous les trimestres par la société de gestion Argos Wityu.

Les investisseurs institutionnels (assureurs, fonds de pensions....) ont par ailleurs tendance à moins diversifier leurs investissements, préférant un petit nombre de sociétés de gestion au grand nombre de produits (capital, dette, infrastructure) plutôt que l'inverse.

"Quand ces grands donateurs resserrent leur allocation, seuls les meilleurs et les plus gros conservent l'accès au capital", explique un banquier d'affaires.

La taille critique est d'autant plus importante pour les sociétés de gestion que les contraintes en termes de réglementation vont croissant, souligne M. Portais, demandant toujours plus de capital dans le suivi juridique et financier.

La période pousse donc les acteurs du capital-investissement, acheteurs et vendeurs compulsifs d'entreprises, à eux aussi entrer dans une phase de consolidation, surtout si leurs métiers s'avèrent complémentaires.

La société d'investissement Wendel a ainsi annoncé mi-octobre un accord en vue de reprendre IK Partners. Quelques semaines plus tard, Omnes Capital entrait en négociations exclusives avec l'Idi, Naxicap ayant de son côté des vues sur Entrepreneurs Invest.

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