Il ne faut pas oublier que la Guyane française (la Guyane) est un territoire très densément représenté par la forêt vierge et avec une multitude de "coupures humides".
Il existe très peu de piste carrossables (même en quad) et encore moins de routes dignes de ce nom (gourdon ou non) la traversant ; de plus il faut les entretenir quasi en permanence.
La surface de la Guyane représente environ 85 à 90 000 km carrés ce qui, il me semble, est comparable à la surface du Portugal.
C'est l'un des espaces les plus faiblement prospectés comparé à des zones plus accessibles ou historiquement ciblées par l’industrie des ressources.
Comme je l'ai dit, en très grande partie (à presque 95 %) le territoire est couvert par la forêt amazonienne, dense et très peu fragmentée.
De ce fait, il faut souvent plusieurs heures (de 3 à 6) pour ne parcourir qu'un km (ou moins) en forêt si l'on est pas sur une piste ou un layon et s'arrêter tous les 30 ou 40 pas pour se réorienter.
La seule "véritable" option pour s'y déplacer est l'hélico, accessoirement l'avion (quasi absence de pistes); souvent la pirogue… sinon c'est le quad ou à pied.
Dans cet environnement contraignant, les délais d'acheminement en pirogue sont assez conséquents, conditionnés aux passages de "sauts" (rapides, affleurements,...) obligeant parfois à décharger tout le fret, pousser la pirogue (parfois la traîner hors-d'eau sur plusieurs centaines de mètres), recharger et repartir... même avec un excellent piroguier.
Pour info, les pirogues sont en bois, font en moyenne de 12 à 15 mètres de long (environ une tonne) sont équipées de moteur de 90CV (mini) à 115-150 CV (200kg) et pour les piroques en alu on est sur les mêmes poids à 200 kg près mais bien moins solides...
Un exemple parlant : Kourou et Maripasoula sont distants d'environ 230 km à vol d'oiseau...
Pour s'y rendre en avion (pas de Kourou-Maripa...) il faut passer par St Laurent du Maroni ou par Cayenne : Kourou-Cayenne délai de route 1h30 environ et Cayenne-Maripa = 1h30 environ de vol soit 3h.
En hélico, pas de service commercial mais en Puma, depuis Kourou et de DZ à DZ on mettait environ 1h15 à 1h30 (suivant conditions météo) à 300/400 m d'altitude.
En pirogue, il faut partir de St Laurent (Kourou-St Laurent en 4x4 = 5 à 6h) et compter encore 7h30 à 8h de pirogue selon météo et conditions d'eau.
En quad, c'est quasiment mission impossible ne serait-ce que depuis St Laurent et à pied… on est soit le repas d'un jaguar, soit mordu par un fer-de-lance, un grage ou autre "bestiole" si on ne se perd pas... mais en tout état de cause, bon pour l'asile psychiatrique !
Vous l'aurez compris, l'environnement n'aide en rien les déplacements alors pour des forages ... il faudra déjà des engins de chantier pour tracer des layon pour les véhicules…
À ma connaissance, et bien que des efforts récents (BRGM en 2025) visent à mettre à jour l’inventaire des ressources minérales et géologiques pour mieux identifier les zones intéressantes, il n’existe pas de chiffre précis (officiel ou non mais crédible) sur le % de territoire “exploré” (géologiquement ou pour des hydrocarbures).
La prospection pétrolière a été très limitée, elle se résume à quelques levés sismiques et (de mémoire) un seul forage d’exploration notable réalisé dans les années 2010.
On peut donc estimer que moins de quelques % du sous-sol (au sens d’exploration pétrolière approfondie) a été investigué.
Concernant les possibilités de rechercher des gisements de pétrole, la côte N-E de l’Amérique du Sud, (et donc la Guyane française, le Guyana, le Suriname et le Brésil) se situe sur une "marge équatoriale" géologique qui, dans les pays voisins, est l’une des zones d’exploration les plus productives au monde...
On peut donc penser que, théoriquement un potentiel similaire existerait en Guyane, même si rien n’est confirmé.
Total et Shell avaient réalisé des campagnes d’exploration en mer (découverte d’hydrocarbures en 2011 je crois) mais sans confirmation de gisement exploitable.
Il me semble que vers 2019/2020 Total a arrêté ses forages (résultats négatifs)...
Le permis a depuis expiré sans découverte commerciale.
Les contraintes d'exploration géologiques (climat, faune, forêt,...) rendent les forages extrêmement coûteux et techniquement exigeants.
Le sol guyanais est plutôt connu pour sa richesse en minéraux (or, cuivre, lithium, etc...) et serait, d'après les études, moins favorable à des réservoirs ou nappes conventionnels d’hydrocarbures.
La loi Hulot a donc interdit la délivrance de nouveaux permis d’exploration et exploitation d’hydrocarbures sur le territoire métropolitain et ultramarin ; elle empêche donc l’ouverture de nouvelles recherches ou forages, même si un gisement était confirmé.
Il y a bien des propositions législatives récentes cherchant à lever cette interdiction pour les DOM-TOM (dont la Guyane), mais le gouvernement s’y oppose pour l’instant comme on l'a dit plus haut dans la file.
Par ailleurs, on l'a vu également, le territoire est largement forestier ; de plus il est écologiquement sensible et les populations locales, associations et autres groupes luttant pour l'environnement s’opposent souvent à des projets "énergie fossiles" à cause des risques (pollution, déforestation, marées noires, impacts sur biodiversité et les populations autochtones).
Côté forages profonds en mer ce n'est pas mieux, il sont très coûteux et surtout sans certitude géologique forte actuellement.
Pour "conclure", je pense que, même si des hydrocarbures étaient présents, que tous les voyants étaient au vert (ce qui est impossible) il faudrait des dizaines d’années pour développer ne serait-ce qu'un soupçon de production rentable...
"Transition énergétique" oblige, le pétrole a mauvaise presse et "on" préfère mettre l'argent sur le renouvelable, mettre des barrières quelles qu'elles soient à cette industrie alors si on additionne le tout, je crois que la Guyane n'est pas prète à voir le premier euro issu du pétrole...