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AB SCIENCE : Conférence article complet

19 janv. 2026 11:47

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Le secteur de la santé retrouve les faveurs des investisseurs
DÉCRYPTAGE - Délaissés ces dernières années, les laboratoires et les sociétés de biotechnologies offrent désormais de belles opportunités en Bourse.
Après trois années de marasme, la santé retrouve des couleurs en Bourse. Les valeurs pharmaceutiques reviennent de loin. « La pente descendante après l’envolée des cours due à la crise du Covid s’est éternisée, explique Sébastien Malafosse, gérant chez Edmond de Rothschild Asset Management (Edram). Le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump et les coupes budgétaires programmées par le président des États-Unis ont aussi lourdement pesé sur les spécialistes de la santé en Bourse. » La nomination de Robert Kennedy Jr., militant anti-vaccination, au ministère de la Santé, a ensuite été un véritable repoussoir pour les investisseurs. Résultat, ces dernières années, les spécialistes de la santé ont été délaissés en Bourse. Le secteur, qui bénéficiait historiquement d’une prime pour ses qualités défensives, accuse une décote d’environ 25 % sur le reste du marché. Et il a accumulé un important retard. Ces cinq dernières années, les spécialistes de la santé cotés à Wall Street ont perdu en moyenne un peu plus du quart de leur valeur. Dans le même temps, l’indice de référence, le Standard & Poor’s 500, a grimpé de plus de 75 %.

Le retour en grâce du secteur remonte au mois d’octobre dernier, avec les premiers accords noués entre l’Administration Trump et les laboratoires pharmaceutiques. Depuis, la plupart des grands labos ont trouvé un terrain d’entente avec le département de la Santé américain. « Ces accords ont amené beaucoup de visibilité dans un secteur qui en manquait cruellement, estime Sébastien Malafosse, chez Edram. En échange de baisses de prix souvent minimes, les laboratoires ont obtenu une exemption des droits de douane jusqu’à la fin du mandat de Trump à la Maison-Blanche. » Ce sont d’ailleurs les grands labos qui ont été les premiers à profiter du retour de la confiance des investisseurs.

L’obésité est une des principales thématiques
Parmi les plus fortes hausses on retrouve ainsi Johnson & Johnson (+ 20 % en trois mois), qui a par ailleurs présenté des avancées cliniques prometteuses sur plusieurs médicaments en développement, ou encore Eli Lilly (+ 30 % sur le dernier trimestre), le champion des traitements contre l’obésité, qui a ainsi dépassé son grand rival, le danois Novo Nordisk. Ce dernier a connu de nombreux déboires, multipliant les profits warning. En un an, son titre a pratiquement perdu la moitié de sa valeur. Mais désormais, il reprend de la hauteur. Depuis son plancher de la fin du mois de novembre dernier, il a regagné un peu plus de 30 %. « La valorisation était devenue attractive et le marché de l’obésité est suffisamment vaste pour plusieurs grands acteurs », explique un analyste.

L’obésité, qui touchera selon une étude de The Lancet six adultes sur dix et un enfant sur trois d’ici à 2050, reste d’ailleurs une des principales thématiques du secteur. Le traitement développé par l’américain Eli Lilly (tirzépatide), avec des revenus annuels estimés à plus de 35 milliards de dollars, devrait devenir prochainement le médicament le plus vendu au monde, dépassant ainsi l’anticancéreux Keytruda de son compatriote MSD (Merck aux États-Unis). « Plus généralement, le domaine de la santé est aujourd’hui l’un des plus innovants et le mouvement tend à s’accélérer. Entre 2020 et 2024, 297 nouveaux traitements ont été approuvés aux États-Unis contre seulement une centaine entre 2005 et 2009 », explique Sean Carroll, gérant de portefeuille chez Janus Henderson Investors. Dans le même temps le nombre de blockbusters, ces médicaments qui réalisent plus de 1 milliard de dollars (ou d’euros) de chiffre d’affaires, est passé de moins d’une dizaine à plus de 130.

Vague de fusions et acquisitions
Les investisseurs, qui cherchent aujourd’hui des alternatives aux champions de la tech, aux valorisations stratosphériques, reviennent en force sur les laboratoires pharmaceutiques. Les britanniques GSK et AstraZeneca, et le suisse Roche affichent des rebonds avoisinant 30 % sur les derniers mois. Sanofi, confronté à l’expiration du brevet de son médicament star, le Dupixent, dès 2031, reste en retrait, en l’absence de réel relais de croissance. La recherche permanente de nouvelles molécules de la part des grands laboratoires alimente une vague de fusions et acquisitions dans le secteur. « L’an dernier, les opérations ciblant des entreprises du secteur de la santé ont totalisé 237 milliards de dollars, trois fois plus qu’en 2024 », précise Sean Carroll. Les cibles privilégiées sont les sociétés de biotechnologies proches d’aboutir dans leurs recherches à de nouveaux traitements, avec souvent à la clé de belles plus-values pour les actionnaires. Merck serait en pourparlers pour racheter le développeur de médicaments contre le cancer Revolution Medicines, pour environ 30 milliards de dollars, et des rumeurs récurrentes font état d’un intérêt marqué d’Eli Lilly pour la biotech française Abivax. En six mois, la valeur de la start-up a été multipliée par plus de dix à environ 8 milliards d’euros.

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