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Vélib: Le plus dur est à venir, prévient l'ex-prestataire JCDecaux
information fournie par Reuters 08/03/2018 à 15:42

VÉLIB: LE PLUS DUR EST À VENIR, PRÉVIENT L'EX-PRESTATAIRE JCDECAUX

VÉLIB: LE PLUS DUR EST À VENIR, PRÉVIENT L'EX-PRESTATAIRE JCDECAUX

PARIS (Reuters) - JCDecaux, qui a exploité pendant dix ans le service parisien de vélos en libre service Vélib, a estimé jeudi que son successeur, Smovengo, n'était pas à la hauteur des enjeux face aux retards accumulés pour son lancement.

Le consortium, choisi au printemps dernier par le syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole aux dépens de JCDecaux, avait promis d'installer 1.400 nouvelles stations (soit 20.000 Vélib) d'ici au 31 mars. Selon les derniers chiffres, 345 stations seulement étaient en service, rendant ce calendrier inatteignable.

Face à la polémique et à la colère des usagers du Vélib, la Ville de Paris a annoncé qu'elle allait dépêcher des personnels municipaux pour encadrer le déploiement et le travail du prestataire, une décision rarissime.

"Ce que je vois c’est qu’ils ne sont pas à la hauteur des enjeux", a déclaré Jean-Charles Decaux, codirecteur général de JCDecaux, lors d'une conférence de presse pour la présentation des résultats annuels du groupe.

"Et en plus ils ratent le plus facile", a souligné le dirigeant, ajoutant que le chantier actuel de Smovengo consistait pour l'essentiel à installer de nouvelles bornes d'attache pour les vélos, les connections ayant déjà été réalisées par JCDecaux.

"C’est le reste qui est compliqué. C’est de gérer les vélos, c’est de gérer les abonnés. C’est de répondre aux abonnés qui ne sont pas contents", a-t-il ajouté.

Lorsqu'il avait remporté pour la première fois le contrat en 2007, JCDecaux avait déployé 10.000 vélos en quatre mois et demi alors que toute l'électrification était à faire, a-t-il rappelé, s'étonnant que la PME n'ait conservé lors du transfert aucun des cadres qui travaillaient précédemment pour JCDecaux.

"Alors ou ils sont inconscients ou ils sont arrogants mais dans les deux cas c’est particulier", a estimé le dirigeant.

Le groupe familial, qui a dégagé un nouveau chiffre d'affaires record l'an dernier, a engagé un recours devant le tribunal administratif de Paris qui l'a rejeté. Il a ensuite saisi le Conseil d'Etat qui ne s'est pas encore prononcé.

Smovengo, à l'encontre de laquelle des pénalités d'un million d'euros par mois de retard ont été décidées, prévoit désormais de déployer une cinquantaine de stations par semaine au minimum.

UN MILLIER DE STATIONS AU PRINTEMPS

"Notre objectif, compte tenu des retards initiaux liés à la difficulté de la passation entre les deux opérateurs et des délais très courts de mise en oeuvre, reste d’avoir ouvert un millier de stations au printemps", a déclaré une porte-parole dans une déclaration transmise à Reuters.

Le consortium, qui associe la PME montpelliéraine Smoove aux entreprises Indigo, spécialiste du stationnement, Mobivia (entretien automobile) et Moventia (mobilité), avait créé la surprise en remportant ce qui constitue le plus gros marché mondial de vélos en libre service.

Le syndicat mixte, qui regroupe Paris et des communes partenaires, avait à l'époque mis en avant des vélos plus légers et plus robustes face au vandalisme. L'offre de Smovengo était également moins chère que celle de JCDecaux.

"La commande publique devrait être moins naïve sur les prix qui sont dans les offres et puis faire des analyses beaucoup plus approfondies", a estimé Jean-Charles Decaux, en indiquant que son groupe avait déjà remporté des budgets, jugeant le prix pratiqué par Smovengo intenable dans la durée.

"Je mets la pression. Il y a des pénalités qui sont très très fortes", a pour sa part souligné sur France Inter la maire de Paris Anne Hidalgo en promettant un fonctionnement à 100% pour fin avril, début mai.

Alors que le changement de concessionnaire du Vélib se fait dans la difficulté, les opérateurs de vélos en libre service, notamment asiatiques, ont essaimé dans la capitale avec plus ou moins de succès. La start-up de Hong Kong Gobee.bike a jeté l'éponge fin février.

(Gwénaëlle Barzic, avec Geert De Clercq, édité par Dominique Rodriguez)

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3 commentaires

  • 08 mars 18:13

    la mairie est en dessous de tout. Ce sont des ex CGT et consorts. j'espère qu'ils seront dégagés rapidement


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