Chloé P. (g) et son avocate Isabelle Steyer, lors du procès de son ex-compagnon Marvin J. pour tentative de meurtre aggravé en 2022, devant les assises du Loir-et-Cher, le 15 janvier 2026 à Blois ( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )
L'ex-compagnon de Chloé P., victime d'une violente agression en 2022 dont elle garde de profondes séquelles, a déclaré vendredi avoir "vrillé", devant la cour d'assises du Loir-et-Cher, où il est jugé pour tentative de meurtre sur son ex-compagne.
"J'ai vrillé (...) C'est comme si ma force avait été décuplée", a déclaré Marvin Joli, 30 ans, crâne rasé et en jogging, au deuxième jour de son procès.
Durant plus d'une heure, il a décrit de manière confuse et détachée la relation qu'il a partagée pendant quatre mois avec Chloé P., rencontrée sur internet en août 2022, minimisant les violences et menaces décrites par les proches de la jeune femme.
Il est aussi revenu sur la journée du 13 décembre 2022, au cours de laquelle la victime s'est présentée au commissariat de Blois pour porter plainte contre lui, avant d'être invitée à revenir le lendemain.
Deux heures plus tard, elle est retrouvée laissée pour morte dans les parties communes de son immeuble.
Le jour des faits, alors que Chloé P. avait rompu avec lui, l'accusé a expliqué être revenu à Blois pour récupérer la jeune femme, qui était tombée enceinte au cours de leur relation et qui avait avorté avant l'agression.
"Elle m'a dit avoir décidé d'interrompre la grossesse. J'ai été pris pour un con, j'étais triste et en colère", a-t-il dit, agité, depuis le box.
Marvin Joli a alors raconté ces "dix secondes top chrono", où tout a basculé, alors qu'elle s'apprêtait à sortir pour appeler à l'aide.
"Je l'ai attrapée par les épaules, tirée vers l'intérieur de l'immeuble, puis j'ai porté deux à trois coups de pied dans la tête", a décrit l'accusé, qui risque la perpétuité, indiquant ne pas avoir imaginé "que c'était aussi grave".
Il a nié avoir voulu la tuer.
Chloé P. (c), entourée de ses parents, attend le début du procès de son ex-compagnon Marvin J. pour tentative de meurtre aggravé en 2022, devant les assises du Loir-et-Cher, le 15 janvier 2026 à Blois ( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )
Sur le banc, Chloé P., entourée de ses parents, n'a pas montré de réaction. La veille, elle avait momentanément quitté la salle en découvrant les images de son visage tuméfié par les violences.
Les séquelles de le jeune femme, qui a notamment passé deux mois dans le coma, sont nombreuses. Outre la perte de son oeil droit, les séquelles neurologiques sont irréversibles. Jeudi à la barre, la mère de la victime a détaillé la perte des "souvenirs", du "goût", de "l'odorat" dont souffre désormais sa fille.
Chaque jour en France, plus de trois femmes sont victimes de féminicide ou tentative de féminicide conjugal, un chiffre en hausse sur un an selon les données 2024 de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).
Le verdict est attendu vendredi soir.

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