Les États-Unis capteront l'attention des marchés la semaine prochaine, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, s'exprimera devant le Congrès américain mardi, avant la publication d'un chiffre d'inflation crucial et des résultats des banques américaines.
Les élections législatives françaises pourront aussi faire réagir les marchés, tandis que le positionnement des banques centrales coréenne et néo-zélandaise continuent d'interroger et que le nouveau gouvernement britannique sera confronté à sa première décision économique d'ampleur.
Tour d'horizon des perspectives des marchés des jours à venir:
1/ INFLATION AMÉRICAINE
L'inflation CPI pour juin aux États-Unis sera publiée jeudi, et aidera les investisseurs à affiner leurs anticipations de taux pour le reste de l'année.
Le consensus parie sur une hausse de 0,1% sur un mois en juin, l'inflation ayant été stable en mai.
Le dernier chiffre d'inflation PCE, l'indicateur favori de la Fed, a progressé de 2,6% sur un an en mai, indiquant que la dynamique des prix continue de ralentir mais qu'elle demeure supérieure à l'objectif d'inflation de la Fed, de 2%.
Jerome Powell s'exprimera mardi devant le Congrès américain, et pourrait réitérer ses constats formulés ces derniers jours au forum de Sintra. Le président de la Fed y avait estimé que les États-Unis avaient retrouvé "le chemin de la désinflation" mais que les responsables de politique monétaire avaient besoin de davantage de données avant de baisser les taux d'intérêt.
2/ LES BANQUES EN LIGNE DE MIRE
Les taux élevés et l'environnement économique incertain font craindre que les résultats des banques américaines au second trimestre, attendus à partir de vendredi, ne soient moins bons que prévu.
JPMorgan Chase JPM.N , Citigroup C.N et Wells Fargo
WFC.N publieront leurs chiffres le 12 juillet, tandis que Bank of America BAC.N publiera les siens le 16 juillet.
Le consensus LSEG parie sur un bénéfice par action de 4,69 dollars pour JPMorgan, la plus grande de ces banques, contre 4,75 dollars il y a un an. Le BPA de BofA devrait chuter de 0,88 dollar à 0,79 dollar, tandis que le BPA de Citigroup et Wells Fargo devrait progresser.
Les commentaires que feront les dirigeants de ces banques seront suivis de près, d'autant que ces derniers ont annoncé une amélioration de l'environnement pour les activités de banque d'investissement, selon les analystes.
3/ SECOND TOUR
Les résultats du second tour des législatives françaises seront annoncés dimanche, les investisseurs espérant une Assemblée sans majorité absolue.
En juin, les craintes d'une majorité absolue du Rassemblement national ou d'un front de gauche, qui aurait pu mener à des politiques plus dispendieuses, ont déclenché de fortes turbulences sur les marchés.
Les investisseurs sont néanmoins plus optimistes, alors que les perspectives d'une majorité absolue du RN s'éloignent.
L'écart de taux entre les souverains à 10 ans français et allemand a reculé à 70 pb, après avoir touché un plus haut depuis 2012 à 85 pb.
Une Assemblée sans majorité claire n'est pour autant pas si rassurante pour les investisseurs, car le risque de paralysie politique pourrait compliquer l'assainissement nécessaire de la situation budgétaire française.
4/ AUX ANTIPODES
Les investisseurs cherchent à déterminer si les banques centrales de Nouvelle-Zélande (RBNZ) et de Corée du Sud (BoK) baisseront leurs taux cette année. Les deux institutions se sont montrées prudentes, portant leurs taux à des plus hauts en 15 ans pour juguler une inflation qui demeure obstinément élevée. Les deux banques centrales devraient maintenir leurs taux à leurs niveaux actuels au cours de leur prochaines réunions, mercredi pour la RBNZ et jeudi pour la BoK.
En Nouvelle-Zélande, les responsables de politique monétaire ont même prévenu qu'une nouvelle hausse de taux était possible cette année, une baisse n'étant pas attendue avant fin 2025. Les marchés parient sur une baisse de taux cette année, possiblement en octobre, car l'inflation ralentit, le sentiment économique se détériore et la demande domestique s'érode.
L'inflation sud-coréenne semble revenir sous contrôle, mais le consensus n'attend pas de baisse avant le quatrième trimestre. La pression politique augmente pourtant sur la BoK, le président Yoon Suk Yeol estimant que des baisses de taux en rythme avec celles de la Fed seront "inévitables".
5/ EAUX USÉES
Le gouvernement travailliste britannique fraîchement élu sera confronté à son premier problème économique d'ampleur jeudi.
Le régulateur de l'eau, l'OFWAT, annoncera ce jour de combien pourront progresser les tarifs les distributeurs d'eau.
Le plus grand distributeur d'eau britannique, Thames Water, a demandé à pouvoir relever ses tarifs de 59%, une requête à laquelle l'OFWAT risque de ne pas accéder. Pour autant, une hausse trop faible des prix pourrait inquiéter les investisseurs, alors que la situation financière de Thames Water est critique.
Le groupe compte 16 millions de clients à Londres et sa banlieue, 15 milliards de livres de dette (17,7 milliards d'euros), et pourrait devoir être nationalisé s'il n'est pas capable de lever de l'argent frais pour résoudre ses problèmes financiers.
(Graphiques de Kripa Jayaram, Vineet Sachdev, Sumanta Sen, Pasit Kongkunakornul et Prinz Magtulis, Compilé par Karin Stroheckerk, édité par Kate Entringer)

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