Des statistiques boursières défilent à Wall Street le 24 mars 2026. ( AFP / ANGELA WEISS )
Les Bourses mondiales tiennent bon lundi malgré la hausse du prix du pétrole et l'absence de réelles perspectives d'apaisement sur le front de la guerre au Moyen-Orient.
En Europe, les grands indices boursiers ont progressé après les baisses de la semaine dernière (Londres, +1,43%, Francfort, +1,18%, Milan, +1,02% et Paris, +0,92%).
"Je pense qu'une partie des investisseurs trouvent qu'il y a moyen de faire des affaires. Des titres ont perdu près de 20 à 25%. Ils vont à la chasse aux opportunités", selon Eric Bleines,directeur de la Gestion Actions de SwissLife.
La cote est tirée lundi par les valeurs énergétiques, observe-t-il, à l'instar de TotalEnergies (+3,20%), ENI (+2,38%) et BP (+2,23%).
Aux États-Unis, les trois principaux indices suivaient le même mouvement, même le Nasdaq, dédié aux valeurs technologiques, mis à rude épreuve ces derniers jours: il progressait de 0,37%, tout comme le Dow Jones (+0,92%) et le S&P 500 (+0,55%), vers 15H50 GMT.
Les marchés ont semblé vouloir croire aux derniers messages du président américain Donald Trump sur Truth Social avant l'ouverture à Wall Street affirmant que les États-Unis d'Amérique étaient "en discussions sérieuses avec UN RÉGIME NOUVEAU, ET PLUS RAISONNABLE, afin de mettre fin" aux "opérations militaires en Iran".
"Aujourd’hui, les propos du président américain sur les progrès réalisés dans les négociations avec l’Iran ont au moins contribué à éclaircir un peu l’humeur du marché", veut croire Andreas Lipkow pour CMC Markets.
"Les marchés sont toujours fébriles, conséquence de l'incertitude géopolitique", notait plus tôt Christopher Dembik, pour Pictet. "À court terme, seule une bonne nouvelle sur le front de la guerre en Iran pourrait changer la donne", ajoute-t-il.
- Pas d'apaisement sur le pétrole -
Habituelle boussole des marchés financiers en temps de crise au Moyen-Orient, le pétrole se maintenait à des niveaux élevés.
Le West Texas Intermediate (WTI), référence du brut aux Etats-Unis, a franchi le seuil des 100 dollars (101,62 le baril, en hausse de 1,99%). Le baril de Brent, la référence mondiale, reculait très légèrement (111,60 dollars, -0,86%), selon un pointage juste avant 16H00 GMT.
Avant le conflit, ils évoluaient autour des 60 dollars le baril.
Entre autres messages, Donald Trump a aussi menacé l'Iran d'anéantir l'île de Kharg, un site pétrolier iranien essentiel, si le détroit d'Ormuz, un passage stratégique pour les hydrocarbures, n'était pas rouvert et si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas "rapidement".
Le cours de l'aluminium montait aussi, au lendemain d'attaques revendiquées par l'Iran contre deux des plus importantes fonderies mondiales pour ce métal dans le Golfe. Vers 16H00 GMT, le cours de la tonne d'aluminium avançait de 3,72% à 3.418,50 dollars.
Relative détente sur les taux obligataires
La flambée des prix de l'énergie continuent de nourrir des anticipations d'inflation.
"L'inflation devrait, en zone euro comme en France, retrouver des niveaux que l'on n'avait plus observés depuis l'été 2024. Dès le mois de mars, nous prévoyons 2,6% en zone euro (contre 1,9% en février)", d'après une note publiée lundi de BNP-Paribas.
La journée a été marquée par une relative détente sur le marché de la dette des États, les taux d'intérêt des emprunts se maintenant à des hauts niveaux face aux risques d'inflation.
Des statistiques boursières défilent à Wall Street à l'ouverture le 24 mars 2026. ( AFP / ANGELA WEISS )
Le rendement des titres français à dix ans a atteint 3,76%, contre 3,83% vendredi. Son équivalent allemand, référence en Europe, se maintenait au-dessus de la barre des 3% (3,03% contre 3,09% vendredi), à des sommets depuis 2011.
L'inflation réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux plus élevés pour que leur investissement reste rentable.
Les investisseurs tablent en outre sur une politique monétaire des banques centrales plus restrictive, avec une possible révision à la hausse des taux directeurs pour combattre cette inflation, ce qui a un impact direct sur le coût de la dette des États.

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer