L'enseigne de Wall Street à la Bourse de New York
par Claude Chendjou
Wall Street est attendue dans le rouge jeudi à l'ouverture et les Bourses européennes souffrent également à mi-séance, la tendance sur les marchés restant dépendante des déclarations du président américain Donald Trump, qui a de nouveau menacé de frapper "très fort" l'Iran, tandis que Téhéran promet en retour des attaques "plus dévastatrices".
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 1,06% pour le Dow Jones, de 1,23% pour le Standard & Poor's 500 et de 1,62% pour le Nasdaq, après le soulagement observé la veille sur fond d'espoir d'une désescalade au Moyen-Orient.
À Paris, le CAC 40 perd 1,12% à 7.890,63 points vers 11h00 GMT. À Francfort, le Dax recule de 2,06%. A Londres, le FTSE fléchit de seulement 0,27%, l'indice étant riche en hydrocarbures.
L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 régresse de 1,24% et l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 2%. Le Stoxx 600 abandonne 1,15%, tous ses grands compartiments étant dans le rouge ou à l'équilibre, si l'on fait exception de celui de l'énergie.
Dans une allocution télévisée dans la nuit de mercredi à jeudi, Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis continueraient de frapper durement l'Iran pendant encore deux ou trois semaines, ne suggérant ainsi aucune issue à court terme au conflit, entré dans son deuxième mois.
L'Iran a immédiatement répliqué avec une rhétorique guerrière, tandis qu'Israël a dit jeudi avoir identifié des missiles lancés depuis l'Iran vers son territoire.
Le discours de Donald Trump a provoqué une vive hausse des cours du pétrole, un recul des Bourses en Asie et en Europe, ainsi qu'un repli des contrats à terme à Wall Street. Parallèlement, les indices de la volatilité sur les actions aux Etats-Unis et en Europe sont repartis à la hausse, prenant chacun plus de 8%, très proches d'un pic d'un mois.
Dans l'obligataire, les rendements longs et courts en zone euro et aux Etats-Unis se tendent de nouveau, reflet des soubresauts des marchés, ballottés au gré des déclarations de Donald Trump.
"Pendant les deux premières semaines qui ont suivi les frappes (au Moyen-Orient), le marché s'est beaucoup inquiété de l'inflation", note Marija Veitmane, directrice d'études sur les actions chez State Street.
"Maintenant, nous commençons à nous inquiéter de l'impact sur la croissance (...) et cela exerce une pression sur les ratios de valorisation des actions", a-t-elle ajouté.
En Bourse, comme dans les précédentes séances, les secteurs sensibles à la conjoncture et/ou exposés au pétrole affichent les plus fortes réactions: le secteur de l'énergie en Europe prend 1,68%, celui du transport et des loisirs recule logiquement de 1,01%, tandis que les compartiments de la banque (-2,27%) et des nouvelles technologies (-3,04%) sont en baisse.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Les géants pétroliers Exxon Mobil et Chevron gagnent respectivement 3% et 2,6% en avant-Bourse. Occidental Petroleum, Devon Energy, Coterra Energy, Apa et EOG Resources, de leur côté, progressent de 2,8% à 4,6%, en réaction au bond de plus de 7% du pétrole à la suite de l'allocution Donald Trump qui laisse dans le flou les investisseurs.
VALEURS EN EUROPE
Stellantis avance de 1,47% après l'agence Bloomberg a rapporté que le constructeur automobile franco-italo-américain discutait des options pour construire des véhicules électriques au Canada avec son partenaire chinois Zhejiang Leapmotor Technology.
Les chiffres des immatriculations du mois de mars, qui ont par ailleurs révélé un redressement des ventes de Stellantis aux États-Unis et le groupe a surperformé le marché italien.
Airbus abandonne 2,41%, Goldman Sachs ayant retiré le constructeur aéronautique de sa liste de conviction européenne.
Le groupe énergétique finlandais Fortum bondit de près de 4%, Citi ayant relevé sa recommandation de "vendre" à "neutre", évoquant la possibilité de surprises positives au niveau des résultats, stimulées par la hausse des prix de l'électricité.
PÉTROLE
Le marché pétrolier a pris jeudi en séance plus de 7% après que Donald Trump a déclaré que les attaques contre l'Iran se poursuivraient, alimentant les craintes d'une prolongation des perturbations dans l'approvisionnement en brut.
Vers 11h00 GMT, le Brent monte de 7,58% à 108,83 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) grimpe de 7,98% à 108,13 dollars.
Les deux référence du pétrole s'acheminent vers leurs plus fortes hausses quotidiennes, tant en valeur absolue qu'en pourcentage, depuis trois semaines.
"Les marchés réagissent à l'absence de toute mention claire d'un cessez-le-feu ou d'un engagement diplomatique" dans le discours de Donald Trump, explique Priyanka Sachdeva, analyste marchés chez Phillip Nova.
"Si les tensions s'accroissent ou si les risques maritimes augmentent, le pétrole pourrait atteindre de nouveaux sommets, les marchés intégrant les perturbations potentielles de l'approvisionnement", ajoute-elle.
TAUX
Les rendements obligataires souverains américains s'envolent alors que les dernières déclarations de Donald Trump n'apaisent pas les craintes d'une résurgence de l'inflation.
Celui des Treasuries à dix ans bondit de près de cinq points de base, à 4,36%, tout comme le deux ans qui s'affiche à 3,85%, en ayant pris près 50 points de base depuis le début du conflit en Iran.
"La seule chose qui compte vraiment, c'est de savoir si le détroit d'Ormuz rouvrira bientôt", explique Prashant Newnaha, stratégiste taux chez TD Securities, ajoutant que "le discours de Trump ne laisse pas présager une réouverture aussi rapide que les marchés l'espéraient".
Les rendements obligataires souverains en zone euro, qui avaient enregistré trois séances consécutives de repli, suivent le changement de tendance sur les Treasuries.
Le taux du Bund allemand à dix ans monte de 3,4 points de base, à 3,03%, et le deux ans se traite à 2,64%, en hausse de 3,6 points.
Les marchés anticipent désormais trois hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE) cette année, ce qui porterait le taux de dépôt à 2,73%, contre 2% actuellement.
Le gouverneur de la Banque d'Italie et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, Fabio Panetta, a par ailleurs mis en garde jeudi contre les risques de liquidité dans le crédit privé.
CHANGES
Le dollar, actif refuge, progresse de 0,54% face à un panier de devises internationales, effaçant l'essentiel des baisses enregistrées ces deux derniers jours, le discours de Donald Trump ayant fortement atténué l'espoir d'une fin rapide la guerre en Iran.
L'euro recule de 0,66%, à 1,1512 dollar et la livre sterling s'échange à 1,3188 dollar, en baisse de 0,87%).
Le bitcoin, actif risqué, abandonne 2,53%, à 66.452 dollars.
PRINCIPAL INDICATEUR ÉCONOMIQUE À L'AGENDA DU 2 AVRIL
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Inscriptions hebdomadaires au sem. au 28 212.000 210.000
chômage mars
(Rédigé par Claude Chendjou, avec la contribution d'Ishaan Arora, Avinash P et Johann M Cherian à Bangalore, édité par Augustin Turpin)

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