(Répétition d'une dépêche publiée lundi, ajoute détails)
BEYROUTH, 18 mai (Reuters) - Le président libanais Michel Aoun a déclaré mardi que les commentaires critiques effectués par son ministre des Affaires étrangères à propos des nations du Golfe ne reflétaient pas la politique officielle de Beyrouth, cherchant à éviter des tensions supplémentaires avec des pays alliés et donateurs.
Empêtré dans sa pire crise économique depuis la guerre civile de 1975-1990, le Liban a perdu le précieux soutien financier que lui apportaient jadis les pays sunnites du Golfe, lesquels sont de plus en plus agacés par l'influence grandissante au Liban du Hezbollah chiite soutenu par l'Iran - leur grand rival régional.
Les tensions ont été ravivées lundi par le ministre libanais des Affaires étrangères, Charbel Wehbe, qui a semblé blâmer les pays du Golfe pour la montée en puissance du groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. "Ces pays d'amour, d'amitié et de fraternité nous ont apporté l'Etat islamique", a-t-il dit dans un entretien télévisé, sans nommer les pays.
Alors que Charbel Wehbe a assuré mardi que ses propos avaient été mal interprétés, Michel Aoun, allié lui aussi du Hezbollah, a déclaré que les déclarations du chef de la diplomatie libanaise relevaient de son "opinion personnelle". Il a salué les liens "fraternels" du Liban avec le Golfe.
L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn ont convoqué les émissaires du Liban dans leurs pays respectifs après ces remarques.
Riyad a remis un mémorandum sur ce qui a été décrit comme les "infractions" de Charbel Wehbe et le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a qualifié ses commentaires de "désobligeants et racistes."
Le Koweït a dénoncé les remarques de Charbel Wehbe en les qualifiant de "gravement abusives", tandis que Bahreïn les a qualifiées d'"offensantes", tous deux ajoutant que ces remarques contredisent les relations fraternelles qui lient les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) au Liban.
Le CCG a demandé à Charbel Wehbe de présenter des excuses officielles aux États du Golfe.
De multiples sources au fait du dossier ont déclaré que des discussions étaient en cours au sujet d'une possible démission, tard dans la journée de mardi, mais que rien n'avait encore été confirmé.
(Laila Bassam et Maha El Dahan; version française Camille Raynaud)

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