(Actualisé avec précisions)
PARIS/BEYROUTH, 30 avril (Reuters) - Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, se rendra les 5 et 6 mai au Liban où il s'entretiendra de la crise en cours avec de hauts responsables, a-t-on appris vendredi de deux sources informées du projet.
Ce déplacement intervient au lendemain de l'annonce par Jean-Yves Le Drian, lors d'un voyage à Malte, de la mise en oeuvre par la France de premières "mesures restrictives en matière d'accès au territoire français à l'encontre de personnalités impliquées dans le blocage politique en cours, ou impliquées dans la corruption".
Le chef de la diplomatie française arrivera mercredi au Liban et aura des entretiens jeudi, précisent les deux sources. Jean-Yves Le Drian a notamment demandé à s'entretenir avec le président, Michel Aoun, et le président chiite du Parlement, Nabih Berri, allié du Hezbollah, selon une note envoyée par l'ambassade.
Il souhaite également rencontrer le dirigeant chrétien Gebran Bassil, gendre de Michel Aoun, qui est soumis à des sanctions américaines depuis novembre pour corruption présumée et en raison de ses liens avec le Hezbollah.
La France, qui supervise les efforts pour tenter de venir en aide au Liban, plongé depuis des mois dans sa plus grave crise économique et politique depuis la guerre civile de 1975-90, n'est pas parvenue jusqu'ici à persuader la classe politique de s'entendre sur la formation d'un gouvernement chargé de mettre en oeuvre des réformes économiques et de débloquer ainsi une assistance financière internationale.
Paris travaille à la mise en place d'un régime de sanctions spécialement créé au niveau de l'Union européenne, avec interdiction de voyage et gel des actifs dans l'UE.
Ce mécanisme pourrait cependant mettre du temps à voir le jour. Dans le cadre de ses efforts visant à accentuer la pression sur les responsables libanais, la France entend cesser de délivrer des visas à certaines personnalités, selon des diplomates.
De sources diplomatiques, on indique que Gebran Bassil pourrait être l'une des personnalités visées, même s'il n'a pas de lien spécifique avec la France.
Le ministère des Affaires étrangères n'a ni confirmé ni démenti le déplacement de Jean-Yves Le Drian au Liban.
(John Irish à Paris, Maha el-Dahan à Beyrouth, version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Nicolas Delame)

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