(AOF) - Hier, lors d'un événement organisé par JP Morgan, le PDG de L'Oréal Nicolas Hieronimus a reconnu que le marché de la beauté était un peu moins porteur que prévu en raison de la dynamique décevante de la Chine. L'Oréal anticipe désormais une croissance du marché mondial comprise entre 4,5% et 5% pour 2024 contre plus de 5% auparavant, le rebond en Chine ne se matérialisant pas comme prévu. Par conséquent, l'action du géant des cosmétiques enregistre la plus forte baisse du CAC 40, perdant 3,04% à 410,15 euros.
Dans une note rédigée après cet évènement, JP Morgan a confirmé sa recommandation Neutre sur L'Oréal, avec un objectif de cours inchangé à 410 euros. Il note que globalement, le marché chinois des produits de beauté a légèrement reculé au deuxième trimestre en raison d'une base de comparaison défavorable et de la baisse de la confiance des consommateurs. L'Oréal a toutefois continué de surperformer.
"Nous nous attendons à ce que la croissance du chiffre d'affaires reste résistante en 2024, bien qu'inférieure au consensus, car nous sommes prudents quant à la reprise des achats de produits lors de voyages en Chine (et au déstockage), tandis que la croissance aux États-Unis et en Europe se normalise également progressivement", précise JP Morgan.
"Nous pensons que L'Oréal reste le mieux positionné sur le marché mondial de la beauté pour surperformer, en s'appuyant sur son leadership numérique, ses investissements dans l'innovation et son mix diversifié de catégories et de canaux", ajoute la banque américaine.
Les marchés émergents restent dynamiques, tout comme l'Europe (qui devrait voir ses prix se normaliser tout au long de l'année). Aux États-Unis, certains canaux ralentissent (par exemple, le maquillage grand public), tandis que le luxe s'accélère, selon la direction de L'Oréal. Par catégories et canaux, elle a également confirmé que les parfums étaient "spectaculaires", les soins capillaires dynamiques, les soins de la peau résistants, tandis que le maquillage se normalisait.
En outre, L'Oréal s'attend à un fort rebond à Hainan (province chinoise) au cours du second semestre, suite à un déstockage important l'année dernière, ce qui devrait soutenir la croissance en Asie du Nord au second semestre, en parallèle à une activité dynamique au Japon, à Hong Kong et en Corée du Sud.
AOF - EN SAVOIR PLUS
En savoir plus sur le secteur luxe et cosmétiques
Des performances contrastées dans la beauté
Pénalisé par le marché chinois, Estée Lauder a subi une chute de ses ventes de 10% à 15,9 milliards de dollars sur son exercice annuel 2022-2023, clos fin juin. Le bénéfice net du groupe américain a même baissé de 58% sur un an à 1,01 milliard de dollars. Sur un marché mondial de la beauté dynamique, le groupe affiche donc une contre-performance, alors que son rival, Coty, a publié de très bons résultats. Pour l'année 2022-2023, clôturée fin juin, ses ventes ont bondi de 12%, à 5,55 milliards d'euros, dépassant les prévisions des analystes. Son bénéfice d'exploitation a plus que doublé et son bénéfice ajusté a augmenté de 20%. Le groupe entend poursuivre sa montée en gamme pour dépasser les 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2026. Quant à L'Oréal, le groupe a enregistré un chiffre d'affaires de 20,6 milliards d'euros au premier semestre, en hausse de 12% sur un an. Son bénéfice net a progressé de 4% à 3,35 milliards d'euros. Toutefois au troisième trimestre la croissance d'activité du géant mondial des cosmétiques a ralenti (+4,5% sur un an), pénalisée par ses ventes en Chine. Ces acteurs bénéficient d'un marché de la beauté qui devrait croître annuellement de 6% en moyenne d'ici 2028 selon McKinsey,
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer