Le siège d'Euronext, dans le quartier d'affaires et financier de La Défense, à Courbevoie, près de Paris
par Diana Mandia
Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse vendredi à l'ouverture dans un contexte très volatile, le conflit aux Moyen-Orient ne montrant guère de signes d'accalmie après bientôt deux semaines d'attaques qui maintiennent les prix du pétrole à un niveau élevé.
Les contrats à terme sur indices suggèrent une ouverture en baisse de 0,63% pour le CAC 40 parisien, de 0,68% pour le Dax à Francfort et de 0,47% pour le FTSE à Londres.
Le Stoxx 600 devrait ouvrir sur un recul de 0,47%.
L'armée israélienne a annoncé vendredi avoir lancé une vague de frappes à grande échelle sur Téhéran, tandis que le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a déclaré jeudi que le détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième du commerce mondial du pétrole, devait rester fermé pour faire pression sur les Etats-Unis et Israël.
Ces propos, ajoutés aux récentes attaques iraniennes contre des pétroliers et à la perturbation de la production dans les pays du Golfe, maintiennent les prix du pétrole brut à un niveau élevé et, pour l'instant, assez insensibles aux mesures visant à les freiner.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé jeudi avoir accordé une dérogation de 30 jours pour l'achat de pétrole et de produits pétroliers russes, actuellement bloqués en mer. L'annonce, qui vise à stabiliser les marchés énergétiques mondiaux, n'a pour l'instant pas eu d'effet significatif sur les prix, tout comme la décision de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), mercredi, de mettre progressivement sur le marché 400 millions de barils de pétrole provenant de ses réserves stratégiques.
Le Brent prend 1,26% à 101,73 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 1,22% à 96,90 dollars.
La flambée des prix de l'énergie a ravivé le spectre de l'inflation et conduit les marchés à réévaluer leurs attentes vis-à-vis des taux d'intérêt pour cette année, à quelques jours des réunions de politique monétaire des principales banques centrales, dont la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale (Fed).
"Pour l'instant, le marché a un nouveau centre d'intérêt. Il ne s'agit pas de diversification, mais d'inflation et de ralentissement de la croissance", souligne Gavin Friend, stratège chez National Australia Bank, dans un podcast. "C'est la combinaison, la combinaison toxique, d'une inflation plus élevée et d'une croissance plus faible qui se produira plus cette crise durera", ajoute-t-il.
Au programme vendredi, une longue série d'indicateurs pourrait animer les échanges, à commencer par les données définitives sur l'inflation en France, la production industrielle dans la zone euro et, surtout, l'inflation PCE aux États-Unis.
LES VALEURS A SUIVRE : [L8N4002BY]
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en nette baisse jeudi, alors que les frappes de l'Iran contre deux pétroliers ont mis en exergue l'intensification du conflit au Moyen-Orient et fait remonter les prix du pétrole.
L'indice Dow Jones a cédé 1,56%, le S&P-500, plus large, a perdu 1,52%, et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 1,78%.
Morgan Stanley a perdu jeudi 4,1% après avoir limité les rachats sur l'un de ses fonds de crédit privés, tandis que JPMorgan Chase a cédé 1,6% après avoir déprécié la valeur de certains prêts accordés à des fonds de crédit privés.
EN ASIE
Au Japon, l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a reculé de 1,16%, affecté par les craintes inflationnistes qui éloignent les investisseurs des actifs les plus risqués.
L'action Honda Motor a perdu près de 6%, le constructeur automobile ayant dit prévoir sa première perte annuelle en près de 70 ans en tant que société cotée en Bourse, affecté par des coûts de restructuration liés à son activité dans le domaine des véhicules électriques.
En Chine, l'indice composite de la Bourse de Shanghai a reculé de 0,82% et le CSI 300 des grandes capitalisations a abandonné 0,39%
La Bourse de Hong Kong perd 1%.
TAUX
Les rendements obligataires américains sont plutôt calmes vendredi après avoir grimpé à nouveau la veille sur fond de craintes inflationnistes.
Le rendement des Treasuries à dix ans évolue en légère hausse à 4,2786%. Le deux ans est presque inchangé à 3,7588%.
Ce dernier, généralement le plus sensible aux prévisions de taux d'intérêt de la Fed, a atteint jeudi son plus haut niveau en six mois.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans prend 4,1 points de base à 2,9841%. Le deux ans gagne également plus de 4 points de base à 2,4528%.
Les marchés ont pleinement anticipé jeudi une hausse des taux d'ici juillet par la BCE et une probabilité de 70% d'une deuxième hausse d'ici décembre.
CHANGES
Sur le marché des changes, le dollar gagne 0,34% face à un panier de devises de référence, bénéficiant une fois de plus de son statut de valeur refuge.
La monnaie américaine s'apprête à enregistrer une deuxième semaine consécutive de gains et a progressé d'environ 2% depuis le début de la guerre fin février.
Le yen oscille autour de 160 pour un dollar, mais les rumeurs d'une éventuelle intervention se sont atténuées, ce que les analystes attribuent au fait que le seuil d'intervention de Tokyo est plus élevé en raison de la crise pétrolière.
"Ce qui était autrefois une 'ligne rouge' à 160 est devenu davantage un objectif mobile", explique Tony Sycamore, analyste de marché chez IG.
L'euro perd 0,36% à 1,1468 dollar, évoluant à son plus bas niveau depuis novembre dernier.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 13 MARS :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
FR 07h45 Inflation IPCH (définitive) février
- sur un mois 0,8% 0,8%*
- sur un an 1,1% 1,1%*
EZ 10h00 Production industrielle janvier
- sur un mois 0,6% -1,4%
- sur un an 1,4% 1,2%
USA 12h30 Inflation PCE janvier
- sur un mois 0,3% 0,4%
- sur un an 2,9% 2,9%
PCE "core" janvier
- sur un mois 0,4% 0,4%
- sur un an 3,1% 3,0%
USA 12h30 Dépenses de consommation des janvier - +0,1%
ménages
USA 14h00 Moral des ménages Université mars 55,0 56,6
du Michigan
USA 14h00 Enquête JOLTS sur les janvier 6,700 mlns 6,542
créations de postes mlns
* première estimation
(Rédigé par Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)

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