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L'Europe ne se tire pas sans dommages d'une semaine éprouvante
information fournie par Zonebourse 06/03/2026 à 18:47

Les Bourses européennes ont fini dans le rouge vendredi, poursuivant leur chute des derniers jours à l'issue d'une semaine de grande volatilité sur les marchés, déclenchée par les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran qui ont fait brusquement remonter les tensions au Moyen-Orient et fait flamber les prix du pétrole.

A Paris, l'indice CAC 40 accusait un repli de plus de 0,6% à 7 993,5 points au terme des échanges, tandis que le DAX de Francfort lâchait 1,1% à 23 547,5 points. Le FTSE 100 londonien perdait 1,2% à 10,284.7 points.

L'indice Euro STOXX 50 de la zone euro reculait de 1,3% et le STOXX 600 d'un peu plus de 1%.

La séance a évolué en dents de scie, reflétant l'évolution de la semaine suite au lancement de l'opération "Epic Fury" lancée conjointement par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui est aujourd'hui entrée dans son septième jour, ce qui semble éloigner l'hypothèse d'une intervention brève et ciblée qui était jusqu'ici privilégiée par les investisseurs.

Sur la semaine, le CAC perd un peu plus de 6,8%, son plus mauvais exercice hebdomadaire depuis le début du mois d'avril 2025 et le "Liberation Day" de Donald Trump.

Il s'agit de sa première semaine de baisse depuis la fin janvier

Depuis son record historique du 26 février, atteint au-delà de 8 642,2 points, l'indice parisien a perdu 7,5%, un score qui le rapproche des 10% de pertes considérés techniquement comme étant une correction.

Les marchés d'actions américains, qui avaient jusqu'ici plutôt bien résisté aux récentes turbulences des marchés, ne vont pas se tirer non plus de cette semaine éprouvante sans dommages.

A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones cédait 1,3%, le S&P 500 1,1% et le Nasdaq moins de 0,9%.

Une pression additionnelle sur les actions est venue aujourd'hui des mauvais chiffres de l'emploi pour le mois de février, avec 92 000 destructions d'emplois non-agricoles, qui sont venus relancer les inquiétudes entourant la santé de l'économie américaine.

L'évolution de l'indice VIX - connu sous le nom d'indice de la peur - qui remonte de 10,8% à 26,3 points montre que les investisseurs restent nerveux et que la volatilité devrait rester élevée pendant quelques jours, voire quelques semaines.

La hausse des prix du pétrole, sujet d'inquiétude majeur

Les marchés d'actions avaient jusqu'ici peu réagi à la flambée des prix du pétrole, mais la situation semble avoir changé depuis quelques jours.

A plus de 91,1 dollars le baril, le Brent de la mer du Nord évolue sur des plus hauts depuis octobre 2023, date du conflit entre Israël et le Hamas après les attentats qui avaient touché l'Etat hébreu.

Les prix du pétrole occupent également les esprits des investisseurs américains à Wall Street, où le brut léger américain (West Texas Intermediate) flambe de 11,6% à 88,6 dollars, portant à plus de 55% sa hausse depuis le début de l'année.

Un temps ignorée, l'envolée des cours de l'or noir est désormais bien réelle et elle intéresse les marchés en raison de ses implications sur l'inflation et donc, indirectement, sur les politiques monétaires, aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis.

Si la tendance à la hausse se confirmait, la donne actuelle en matière de politique monétaire, avec une réduction graduelle par la Réserve fédérale de sa stratégie d'assouplissement et un renforcement prudent par la Banque centrale européenne de son arsenal de stimulation, pourrait s'en trouver modifiée.

"Si l'on regarde l'Histoire, seuls des pics de prix du brut marqués et durables déclenchent de vrais cycles inflationnistes", tempèrent les stratèges de Bank of America.

"Tant que le statu quo perdure - avec un baril à environ 15 dollars au-dessus de ses niveaux d'avant la guerre - on peut écarter les craintes d'une inflation tirée par le pétrole. Par contre, si une escalade maintenait durablement les cours au-dessus des 100 dollars, on changerait clairement de tonalité", prévient BofA.

Conséquence, le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, gagne plus de deux points de base à 2,86%, tandis que son équivalent américain recule légèrement, autour de 4,12%.

La tempête sur les places financières a poussé les investisseurs à quitter les marchés d'actions et d'obligations pour trouver refuge, entre autres, sur le marché des changes.

Le dollar poursuit ainsi son ascension face à l'euro, qui s'enfonce sous la barre de 1,16, un plancher depuis la fin novembre 2025.

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