Les principales Bourses européennes devraient ouvrir en hausse vendredi et renforcer leurs performances positives de la semaine, soutenues par le reflux des prix du pétrole et des rendements obligataires en dépit des inquiétudes de plus en plus vives qui entourent la santé de l'économie sur le Vieux Continent. A en croire l'évolution des contrats à terme, le CAC 40 se dirige vers une progression de 0,7% en début de séance, tout comme le DAX de Francfort et l'Euro STOXX 50.
Sauf changement de tendance majeur, le CAC, le DAX et l'Euro STOXX devraient tous trois enregistrer une performance hebdomadaire positive, avec des gains se montant respectivement à près de 1,7%, 2,7% et 2,3%.
Les investisseurs continuent très clairement de parier sur la possibilité de voir les Etats-Unis et l'Iran s'accorder sur une prochaine fin des hostilités, Téhéran ayant déclaré hier examiner une nouvelle proposition américaine à la suite de la visite sur son territoire d'un médiateur pakistanais.
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a exprimé son espoir que ce déplacement fasse avancer les efforts diplomatiques.
Entre espoirs diplomatiques et réalité économique
Le contexte invite toutefois à la prudence. Après le rebond des derniers jours, les places européennes semblent déjà avoir intégré une large part de l'optimisme entourant un éventuel accord entre Washington et Téhéran.
De l'avis de plusieurs stratèges, les marchés apparaissent davantage enclins à consolider leurs gains plutôt qu'à prolonger franchement le mouvement de reprise, d'autant que les indices PMI publiés hier ont dressé un tableau morose de l'économie européenne, sur fond de remontée des tensions inflationnistes et de chute de la demande.
De fait, l'alternance récurrente de phases d'escalade et d'apaisement dans la guerre contre l'Iran est de nature à inciter les investisseurs à la retenue, ce qui pourrait entretenir l'incertitude et brider l'appétit pour le risque.
"Le conflit au Moyen-Orient a baissé d'intensité mais le cessez-le-feu est fragile", rappelle Bruno Cavalier, le chef économiste d'Oddo BHF.
"S'il n'y pas d'amorce rapide d'un retour à la normale, il s'ensuivra une nouvelle tension du prix du pétrole et un freinage plus net de l'activité", prévient-il.
"Pour l'instant, la faiblesse est contenue car l'économie réelle réagit toujours avec retard, mais il est difficile, pensons-nous, d'éviter un coup de froid sur un ou deux trimestres", avertit l'analyste.
Les futures sur indices new-yorkais signalent pour l'instant une ouverture de Wall Street en hausse d'environ 0,3% pour le Dow Jones, de 0,4% pour le S&P 500 et de 0,5% pour le Nasdaq Composite.
Jeudi, le Dow Jones avait fini sur un gain de 0,5% et inscrit un nouveau record de clôture, profitant de l'envolée de 12,5% d'IBM, qui va bénéficier d'un gigantesque investissement fédéral dans l'informatique quantique, ce qui a plus que compensé l'accueil sans enthousiasme réservé aux résultats pourtant bien meilleurs que prévu de Nvidia (-1,8%).
Timide accalmie bienvenue sur les rendements et le pétrole
Sur le marché des emprunts d'Etat, le rendement à dix ans américain remonte vers 4,59%, alors que les "minutes" de la dernière réunion de la Fed n'ont pas calmé les craintes concernant l'inflation et les taux d'intérêt. Il s'éloigne cependant du pic de près d'un an et demi qui avait été touché mardi à près de 4,6870%.
La sérénité est également loin de régner en Europe, où les OAT ne se détendent pas malgré les très mauvais chiffres des PMI de l'Hexagone dévoilés la veille, pour rester figées vers 3,888%, tout comme les Bunds qui se maintiennent vers 3,10%.
Toujours bloqué entre son support établi à 1,1550 et son niveau de résistance vu à 1,1685, l'euro abandonne 0,1% à 1,1612 face au dollar ce matin.
Le pétrole, dont l'envolée a été l'un des faits dominants de la semaine sur les marchés sur fond de tensions au Moyen-Orient, reste proche de ses plus hauts de près de trois ans: le Brent s'échange à 105,1 dollars le baril, mais affiche une baisse d'environ 4% sur la semaine. Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) progresse lui de 2% à 98,2 dollars, tout en accusant un recul hebdomadaire de 5,8%.
Les investisseurs vont maintenant pouvoir se tourner vers les derniers indicateurs de la semaine.
Qu'il s'agisse de l'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne, attendu dans la matinée, ou de l'indice de confiance des ménages de l'Université du Michigan, prévu cet après-midi aux Etats-Unis, ces statistiques devraient une nouvelle fois refléter l'impact de la récente remontée des pressions inflationnistes et son impact au niveau du sentiment des acteurs économiques.
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